21 Mai 2019

Sénégal: Le malaise, un dysfonctionnement inattendu aux conséquences plus ou moins graves

Dakar — Les cas de malaise, dont 108 ont été enregistrés au Sénégal de janvier à avril par les services compétents pour 17 décès suite à un arrêt cardiaque, peuvent être le symptôme de problèmes sanitaires plus ou moins graves dont la prise en charge nécessite des interventions adaptées et un personnel spécialisé, les urgentistes en l’occurrence.

Le malaise, survenant avec ou sans perte de connaissance, peut cacher "beaucoup d'autres choses graves comme simples", fait observer le directeur du Samu national, le professeur Mamadou Diarrah Bèye.

"Un malaise, c'est quand une personne va bien et brutalement ne va pas bien et tombe. Mais ce n'est pas seulement la crise cardiaque. Il y a malaise avec perte de connaissance et malaise sans perte de connaissance", explique Mamadou Diarrah Bèye.

A l'en croire, habituellement, les malaises avec perte de connaissance peuvent "cacher quelque chose de grave", les malaises sans perte de connaissance étant "beaucoup moins graves", puisqu'il "faut juste assister la personne en attendant l'arrivée des secours",

Dans le cas où il y a perte de connaissance, ajoute-t-il, "il n y a pas d'arrêt cardiaque. On vérifie toujours si la personne est consciente. Si elle est consciente, cela peut être une baisse de tension, un coup de fatigue ou une baisse du taux de sucre".

Les malaises avec perte de connaissance, des urgences vitales

Il souligne que les cas de malaise avec perte de connaissance relèvent des urgences vitales, les victimes pouvant être secourues par des témoins dans un tels cas de figure, selon M. Bèye.

"Dès que le témoin appelle le centre d'appel du Samu (15-15), la première question est de lui demander si cette personne a perdu connaissance, respire ou ne respire pas. Si elle ne respire pas, nous sommes sûrs d'être devant un malaise avec arrêt cardiaque", indique-t-il.

"Si elle respire, il n y a pas d'arrêt cardiaque", ce qui veut dire que le témoin de l'accident, s'il a appris le secourisme, peut administrer les premiers gestes de secours.

"Si le massage cardiaque est débuté très rapidement, la défibrillation est faite avant la troisième minute, le taux de survie est proche de 80%.

Si la défibrillation est faite au-delà de la 6ème minute, le taux de survie n'est même pas à 10%. Le défibrillateur est hyper important", insiste le professeur Mamadou Diarrah Bèye.

Même dans le cas où le Samu se trouverait "à 5 minutes du lieu d'appel, si c'est un arrêt cardiaque, c'est le premier témoin et la formation en premiers gestes de secours qui est l'idéal", poursuit cet enseignant à la Faculté de médecine de l'université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

Les maladies cardiovasculaires, première cause des malaises

Revenant sur les causes de malaise, le directeur du Samu énumère "les maladies cardiovasculaires avec des facteurs de risque comme l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, le diabète, le stress", lesquels en sont principalement la cause.

"Il y a des antécédents mais de temps à temps, il n'y a aucun antécédent, aucun signe. Des fois, on en voit sur la Corniche Ouest, des sportifs qui tombent et c'est un arrêt cardiaque", note-t-il.

Aussi préconise-t-il des examens avant de commencer à pratiquer le sport, insistant sur l'importance de voir un cardiologue et même de faire un électrocardiogramme d'effort.

"On n'est pas malade mais on peut faire des troubles du rythme, le cœur peut s'emballer au bout d'un certain effort. Il peut y avoir aussi des malformations congénitales qui peuvent être à l'origine d'un malaise", note le médecin.

Au total, 108 cas de malaise ont été enregistrés de janvier à avril pour 17 décès suite à un arrêt cardiaque, révèle-t-il.

"Parmi les 108 cas de malaise que nous avons enregistrés de janvier à avril, 19 étaient dus à un arrêt cardiaque, seuls 2 cas ont été sauvés et les 17 cas sont malheureusement décédés", a fait savoir le directeur du Samu national.

Selon le médecin urgentiste, ces 108 cas de malaise correspondent à "presque 30 cas par mois".

Il fait noter que "15 autres cas de malaise d'origine cardiovasculaire ont été enregistrés. Il s'agissait de baisse de tension, de hausse de tension importante, c'est très dangereux, on en meurt facilement".

Durant cette même période de janvier à avril, "8 cas de malaise ont été (enregistrés, en lien avec) un infarctus du myocarde (crise cardiaque) qui ont tous été sauvés", précise-t-il.

Mais, a-t-il fait remarquer, "parmi les 108 malaise, 62 cas de malaise n'étaient pas grave du tout. C'était souvent des cas d'hystérie".

Les cas de mort subite sauvables à 100%

Parlant de ce qui est communément appelé "la mort subite", le professeur Bèye a expliqué qu'il s'agit d'un malaise se trouvant être "un arrêt cardiaque et souvent les arrêts cardiaques par troubles du rythme".

Dans le cas par exemple de "sportifs qui meurent sur le terrain, (ces décès sont dus à) des arrêts cardiaques avec un trouble du rythme majeur face à l'effort. Ce sont des personnes qu'on peut sauver à 100%".

Mais malgré tous les examens poussés, poursuit-il, "il y a des cas qui échappent comme les personnes qui ont eu des malformations congénitales".

Selon lui, la seule prévention qui vaille, en matière de malaise, est la prévention des maladies cardiovasculaires et des facteurs de risque. "C'est une prévention primaire, faire de l'exercice trois fois par semaine et manger de façon équilibrée, se faire dépister", précise l'urgentiste.

Le secourisme, un travail qui s'apprend

Il préconise par ailleurs la formation en secourisme. "Près de 1000 personnes ont été touchées à ce jour. C'est à la demande. Il y a une réglementation à faire", dit-il.

"Dans beaucoup de pays, s'il y a beaucoup de secouristes dans la population, c'est parce que de temps en temps l'Etat exige des entreprises ayant un certain nombre de personnel de former dans leur personnel des secouristes et de mettre en place un défibrillateur", signale professeur Bèye.

Il conclut : "Un médecin peut ne peut être un secouriste s'il ne l'apprend pas. On a commencé à apprendre le secourisme il y a pas longtemps.

En deuxième année de médecine, il y a un cours de secourisme obligatoire avant de passer en troisième année. Ce n'est pas parce que tu es médecin, chirurgien ou même réanimateur que tu es un secouriste".

Sénégal

Ouverture de la CAN à 24 équipes, aujourd'hui - L'heure de vérité !

L'Egypte va lancer officiellement la 32ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations 2019 face au Zimbabwe… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2019 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.