Burkina Faso: Grève du SYNTSHA à Koudougou - Services déserts, piquet de grève bondé

Photo: Sidwaya
Grève du SYNTSHA

Quelle situation prévaut dans les différentes formations sanitaires de Koudougou en ce premier jour de grève décrétée par le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) ? Le constat : les services ont été désertés au profit du piquet de grève, bondé de monde.

Il est 10h quand nous arrivons aux urgences du Centre hospitalier régional (CHR) ou hôpital de l'Amitié de Koudougou.

"Nous sommes là pour assurer le service minimum", nous confie un agent qui refuse de nous décliner son identité. Il précise néanmoins qu'ils sont au total cinq infirmiers d'Etat en fin de formation. "Nous nous occupons juste des patients internés", ajoute-t-il.

Aux urgences chirurgicales, trois agents vacataires et un médecin chinois sont aux soins d'un accidenté. L'un d'eux, Karim Yaméogo, nous apprend qu'ils ont été recrutés pour assurer le fonctionnement à minima du service. Cela, en administrant essentiellement les soins aux hospitalisés.

"A part cet accidenté, nous n'avons pas reçu de nouveau cas", affirme Karim Yaméogo, ancien stagiaire en fin de formation tout comme ses deux autres collègues. "Nous sommes des stagiaires. Mais il y a trois titulaires avec nous. Ce qui nous permet d'être dans la salle d'accouchements".

Ces propos sont d'une stagiaire accostée dans le couloir du service de gynécologie. Devant le flot de nos questions, elle s'empresse de nous appeler une titulaire, Mariam Wanda.

Cette dernière nous apprend que depuis sa prise de service le matin à 7h, elle a déjà fait accoucher une femme, et cinq autres sont en "travail". "J'espère que pour elles aussi tout va bien se passer", soupire cette sortante de l'ENSP.

En Médecine générale, deux patients sont hospitalisés. Quatre volontaires assurent le service minimum dans cette section. Même nombre de vacataires en pédiatrie. Mais là, ils ont la charge d'assurer la continuité des soins de 32 enfants toujours hospitalisés à en croire Bachir Ouaro.

Nous terminons notre ronde par la Direction générale du CHR. Le maître des lieux, le Docteur Souleymane Oubian, reconnaît que la grève est très bien suivie. "Mais tous les services fonctionnent grâce à la trentaine de vacataires que nous avons recrutés pour assurer le service minimum", assure-t-il.

Il a précisé que ces vacataires sont des inscrits sur titre qui ont fini leur formation. Certains exercent dans le privé ou même au CHR comme volontaires.

Sur l'incidence de la grève, M. Oubian a indiqué que la plupart des hospitalisés dont la santé s'est améliorée avaient été libérés comme cela se fait à chaque grève.

Il a tenu à saluer la démarche des responsables du SYNTSHA qui lui a promis d'intervenir en tout temps en cas d'extrême urgence. Deuxième étape, le Centre médical.

Le médecin-chef du district, Hamado Sawadogo, confie que son service a recruté 15 vacataires pour parer à toute éventualité.

Lui aussi reconnaît que la grève est suivie à 100%. Si au CHR et au Centre médical un service minimum est assuré, tel n'est pas le cas dans les CSPS, où nous avons trouvé des locaux fermés.

Où sont donc passés les agents ? Eh bien, ils sont au piquet de grève, installé au siège du MBDHP.

A notre arrivée, les agents suivaient une communication livrée par l'Union régionale de la CGT-B. Le secrétaire général du SYNTSHA Boulkiemdé, Amoro Sanou, échangeant avec nous et faisant remarquer que le mouvement est largement suivi, a tenu à rappeler que c'est avec regret que les travailleurs de la santé humaine et animale ont été contraints de faire ce débrayage, la grève n'ayant jamais été, pour eux, la première option dans leurs luttes.

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