Cote d'Ivoire: Débat sur la situation sécuritaire - L'Assemblée nationale "déménage" à la maison du Pdci-Rda

Des députés de l'opposition ivoirienne réunis au sein des groupes parlementaires, Pdci-Rda, Vox Populi et Rassemblement ont interpellé, le 21 mai 2019, le gouvernement sur la situation sécuritaire du pays.

« Nous ne voulons pas que les populations pensent que nous sommes dans une position d'indifférence ».

C'est en ces termes que Yasmina Ouegnin, députée, membre du groupe parlementaire Vox populi, a expliqué la tenue de ce débat avec la presse.

Au lieu du palais de l'Assemblée nationale, c'est au siège du Pdci-Rda, à Abidjan-Cocody où ces élus ont choisi d'aborder ces échanges avec la presse. La raison principale.

Ces élus ont décidé de suspendre leur participation aux séances plénières, exigeant que le bureau de l'Assemblée nationale doit refléter comme le stipule le règlement la configuration des forces politiques en présence.

« Un député doit débattre à l'Assemblée nationale. C'est parce que nous ne pouvons assurer le débat là-bas que nous nous sommes retranchés ici. Nous sommes environ 95 députés », a expliqué Yasmina Ouegnin, députée de la circonscription de Cocody.

Le gouvernement ivoirien a annoncé que l'indice de sécurité est exemplaire. Cependant les députés auraient voulu aborder ces questions avec l'exécutif. Pourquoi toutes ces violences, ces conflits intercommunautaires.

Qu'en est-il réellement du désarmement ? « Ce sont des questions que nous aurions pu poser au ministre de l'Intérieur et de la Sécurité », estiment les députés de l'opposition.

Pour le groupe parlementaire Rassemblement, ces conflits posent la question de la réconciliation nationale.

« La réconciliation nationale a été ratée. Il faut la rattraper », dira l'honorable Koné Gnangadjouma, député de la circonscription de Dianra.

Pour eux, des enquêtes parlementaires sont nécessaires. Et pour ce faire, le bureau de l'Assemblée, l'organe de direction devrait être constitué convenablement pour un bon fonctionnement.

Pour parler d'enquête parlementaire, ont fait remarquer les élus, il faut une question orale. Or ces questions sont portées par des députés ou groupe parlementaire devant l'organe de direction. D'ailleurs, le dernier calendrier adopté n'a retenu aucune question orale, ont-ils soutenu.

Selon l'honorable Yasmina Ouegnin, si les deux autres groupes parlementaires se sont joints au Pdci-Rda pour ces échanges, c'est parce qu'ils adhèrent tous à la déclaration de ce parti suite au conflit intercommunautaire survenus à Béoumi, dans le centre du pays.

« Nous interpellons le gouvernement. Sa responsabilité est pleinement engagée dans tout ce que nous voyons à travers le pays.

Il lui revient de prendre les dispositions utiles pour que nous puissions vivre en paix, en harmonie dans ce pays », a affirmé Loukimane Camara, député membre du groupe parlementaire Rassemblement.

Ces députés de l'opposition ont donc interpellé le Chef de l'Etat, Alassane Ouattara sur sa « gouvernance des rapports entre les Ivoiriens et sur sa gestion des conflits internes qui risquent de saper le socle déjà fragilisé de la construction de la nation ivoirienne. »

Aussi ont-ils exigé du gouvernement, entre autres, une prise en main effective de la résolution des conflits intercommunautaires ; une volonté réelle et des actions concrètes pour la réconciliation véritable entre les ivoiriens ; la mise en place d'une véritable politique de désarmement ; un dédommagement juste et équitable de toutes les victimes de ce conflit.

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