22 Mai 2019

Burkina Faso: Règlementation de la circulation des poids-lourds à Ouaga - Les chauffeurs routiers farouchement opposés

Dans le cadre de la réglementation de la circulation et du stationnement des véhicules poids-lourds dans la ville de Ouagadougou, des mesures avaient été annoncées par le maire central de la ville de Ouagadougou, Armand Beouindé, afin de fluidifier le trafic, minimiser les embouteillages et réduire les risques d'accidents.

Mais force est de constater que cette décision n'a pas rencontré l'adhésion de l'Union des chauffeurs routiers du Burkina Faso (UCRB) qui a décidé d'observer un arrêt de travail ce mardi 21 mai, pour protester contre cette mesure.

Comme annoncé il y a quelques jours, les chauffeurs de véhicules poids-lourds de transport de marchandises, toutes catégories confondues, ont mis leur menace à exécution. Les opérateurs du secteur des transports ont déclenché leur mouvement de grève qu'ils ont qualifiée « d'illimitée ».

Pour protester contre les textes régissant les heures de circulation des gros engins dans la ville de Ouagadougou (entre 5h du matin et 20h). Hormis les taxis inter-communaux, les mini-cars de transport et les taxis compteurs, les gros camions ont brillé par leur absence sur les différentes artères de la capitale burkinabè ce matin.

Au grand carrefour de Saaba, point de convergence de véhicules de transport poids-lourds, et connu pour la densité de son trafic, c'est une file de camions poids-lourds qui a été immobilisée.

Et pour constater effectivement le respect scrupuleux du mot d'ordre, certains chauffeurs sillonnaient les différentes voies, malgré l'impressionnant dispositif des Forces de défense et de sécurité déployées non loin de là.

Une tactique qui, visiblement, a bien marché au regard de la mine radieuse qu'affichait Rasmané Compaoré, l'un des acteurs majeurs de cette grève.

« Cette mesure doit être impérativement levée car elle n'est pas faite pour nous arranger. D'ailleurs, nos patrons sont contre cette décision, parce qu'ils estiment que la nuit doit être mise à profit pour se reposer afin de mieux aborder dans la sérénité, la journée qui commence.

Le maire Armand Beouindé doit revenir sur sa décision, sinon nous allons paralyser la ville », a-t-il menacé.

Face aux accusations dont ils sont régulièrement l'objet suite aux drames causés par leurs camions, Rasmané Compaoré ne s'est pas embarrassé de fioritures pour dénoncer ce qu'il considère comme une cabale contre les chauffeurs routiers.

« Nous ne nous reconnaissons pas dans ces accusations. Ce sont des manœuvres tendant à faire croire à l'opinion que c'est nous qui sommes responsables de ces accidents, alors que chaque jour que Dieu fait, nous déplorons des accidents sur nos routes.

Ces accidents que nous condamnons à longueur de journée, sont-ils uniquement le fait des véhicules poids lourds ? Je ne crois pas à ces affabulations », s'est-il indigné.

Son collègue Moumouni Sissao, quant à lui, a déploré le manque d'attention de la part du gouvernement, au cri du cœur des transporteurs routiers.

« Le gouvernement du Burkina Faso n'ayant pas été attentif à notre cri du cœur suite à cette mesure que nous jugeons inacceptable, nous avons décidé d'observer un arrêt général de travail à partir d'aujourd'hui et cela, jusqu' à ce que la sagesse habite nos autorités afin qu'elles reviennent sur leur décision », a-t-il martelé.

Burkina Faso

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