Congo-Kinshasa: Prise en charge des enfants malnutris - Le gouvernement invité à doter le Pronanut des moyens conséquents

L'appel a été lancé par deux expertes en nutrition au cours d'une émission organisée, le 21 mai, par l'Unicef à son siège à Kinshasa, en partenariat avec le Réseau des journalistes amis de l'enfant.

Patricia Kiye et Viviane Malemba, respectivement responsable des urgences nutritionnelles à l'Unicef/RDC et cheffe de service de réhabilitation nutritionnelle au Programme national de nutrition (Pronanut) ont été les invitées de l'émission coanimée, mardi, par Bibiche Mwika de Digital TV, Christian Elongo de B-One TV et Peguy Wabeno de la Radio Top. L'objectif était de sensibiliser la communauté aux conséquences de la malnutrition. Il s'est agi, en fait, d'un plaidoyer auprès des décideurs pour faire de la malnurtition une priorité gouvernementale en vue de sauver la vie des milliers d'enfants congolais exposés à cette maladie.

En réponse aux préoccupations des journalistes, les intervenantes ont passé en revue toutes les questions liées à ce fléau, à savoir la situation actuelle de la malnutrition en République démocratique du Congo (RDC), les éléments déterminants de la malnutrition, ses conséquences et l'apport des partenaires pour lutter contre ce fléau. Un accent particulier a été mis sur la prise en charge des malades par l'administration des produits thérapeutiques, à savoir le Plumpy nut (aliment thérapeutique prêt à l'emploi) et F75 et F100 ( laits thérapeutiques), pour la réhabilitation nutritionnelle de l'enfant malnutri .

La cheffe de service de réhabilitation nutritionnelle au Pronanut a relevé l'existence de deux formes de la malnutrition, notamment la malnutrition chronique sévère et la malnutrition aigüe, tout en précisant que c'est la première forme qui a une forte prévalence estimée à 48% en moyenne sur l'ensemble du territoire national.

Les causes de cette malnutrition, a expliqué Viviane Malemba, sont multisectorielles. " Nous avons des causes spécifiques liées à la nutrition, parce que l'apport alimentaire est insuffisant, c'est-à-dire l'enfant ou l'adulte mange mais ce qu'il mange ne suffit pas pour couvrir son besoin alimentaire ", a-t-elle déclaré, poursuivant que certaines causes sont liées aussi aux infections ou aux maladies. Pour sa part, Patricia Kiye, après avoir peint un tableau sombre sur la situation nutritionnelle en RDC, a indiqué que celle-ci constitue une urgence. Raison pour laquelle son organisme appuie le gouvernement et les partenaires dans la mise en place des activités de prise en charge, de dépistage et de surveillance.

La responsable des urgences nutritionnelles à l'Unicef/RDC a demandé, à cet effet, aux dirigeants congolais de prendre conscience que la malnutrition est une arme insidieuse, silencieuse et qui décime des milliers d'enfants. " Si aucune action n'est prise, on ne saura pas renverser la tendance ", a-t-elle prévenu.

Appui de l'Unicef

Parlant de l'appui de l'Unicef en termes d'intrants, Patricia Kiye a renseigné que son institution fournit le Plumpy Nut et les laits thérapeutiques au Pronanut en fonction des enfants malnutris dépistés. Elle a indiqué que l'Unicef a un défi par rapport au nombre des malnutris dans le pays. Le traitement contre la malnutrition, a-t-elle souligné, se fait à trois niveaux: le premier se passe à l'hôpital pour de cas de malnutrition aigüe sévère avec complication qui nécessitent le lait thérapeutique en commençant par F75 pour stabiliser l'état du malade et le F100 qui agit comme Plumpy Nut (aliment thérapeutique prêt à l'emploi) après stabilisation. Le deuxième niveau est le traitement ambulatoire et la structure sanitaire enseigne à la maman comment administrer Plumpy Net à un enfant qui souffre de malnutrition chronique sans complication. Le dernier traitement se fait au niveau de la communauté où les relais communautaires font le suivi pour s'assurer que l'enfant a consomméd'une manière régulière son produit alimentaire.

Patricia Kiye a fustigé, par ailleurs, le comportement de certains ménages qui utilisent abusivement ces produits. " Cet aliment comme Plumpy Nut qui est médical et dont on a enrichi en protéines, en vitamines, en sels minéraux ne peut pas être administré à un enfant normal. Dans le cas contraire, il entraîne des maladies telles que l'hypertension, le diabète, l'insuffisance rénale", a-t-elle insisté. Elle a souligné que cette administration tient compte de certains critères, précisément les signes de la malnutrition, le mesure- périmètre des bras, le poids et la taille.

Au regard de cette problématique qui a fait l'objet de cet entretien avec la presse, ces deux expertes en nutrition sont arrivées à la conclusion selon laquelle le pays devrait fournir davantage d'efforts pour atteindre l'objectif 40% de réduction de la malnutrition chronique d'ici à 2025. Des ressources humaines et financières suffisantes devraient être allouées pour y parvenir.

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