Burkina Faso: «Remise en cause» du Pacte sur le renouveau de la justice - Les magistrats confient leurs inquiétudes à Bala Sakandé

Les syndicats des magistrats ont fait cas des tentatives de remise en cause du Pacte sur le renouveau de la justice au président Alassane Bala Sakandé (droite).

Le président de l'Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a reçu en audience, le mercredi 22 mai 2019 à l'hémicycle, les syndicats des magistrats du Burkina Faso.

Une délégation composée du Syndicat des magistrats burkinabè (SMB), du Syndicat autonome des magistrats burkinabè (SAMAB), du syndicat burkinabè des magistrats (SBM) s'est rendu hier, 22 mai, au siège du Parlement pour une audience avec le président Alassane Bala Sakandé.

A l'issue des échanges de plus d'une heure, le chef de délégation, Christophe Compaoré, Secrétaire général (SG) de la SMB a situé l'objet de la visite.

«A notre demande, nous avons été reçus par le président de l'Assemblée nationale en vue d'échanger sur les préoccupations actuelles du monde judicaire», a-t-il déclaré.

Selon le porte-voix des syndicats, des velléités de remise en cause des conclusions du Pacte national sur le renouveau de la justice adopté en 2015 sous la Transition sont constatées de la part des autorités gouvernementales.

La délégation a cité une correspondance adressée par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale comme l'une des preuves de la tentative de violation des conclusions du Pacte. «Nous nous apprêtons à affronter toutes les tentatives qui se profilent à l'horizon.

Les actions que nous comptons mener s'appuient sur des principes universels. Nous avons nos "armes" mais nous n'allons pas les dévoiler maintenant», a prévenu M. Compaoré.

Pour les syndicats, le Pacte national sur le renouveau de la justice est un référentiel pour le pouvoir judiciaire tout comme le Plan national de développement économique et social (PNDES) l'est pour l'exécutif.

«Toutes les réformes concernant la justice doivent tirer leurs sources de ce pacte, de même que les acquis à consolider», a fait savoir Christophe Compaoré.

De son avis, le pouvoir judicaire tire son fondement de la Constitution. «Dans un Etat de droit, le pouvoir politique est limité par la loi. Il ne peut la remettre en cause quels que soient les intérêts en jeu.

Il doit plutôt l'appliquer contre lui-même en vue de garantir une sécurité juridique aux citoyens», a-t-il martelé. Aux dires des magistrats, le président de l'Assemblée nationale a prêté une oreille attentive à leurs préoccupations.

«Il a fait la promesse de nous accompagner dans notre combat pour la mise en place d'un pouvoir judiciaire impartial et indépendant au service du peuple burkinabè.

Il a également émis le souhait que nous tenions des rencontres périodiques pour discuter des questions touchant à la vie de la nation», a confié le SG du SMB.

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Plus de: Sidwaya

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