Burkina Faso: Nuit du Communicateur - Hugues ramène le Super Galian à L'Obs.

Les Galian sont aux journalistes ce que sont les Kundé pour les artistes musiciens. Autrement dit, ce sont ces trophées qui magnifient l'excellence au sein des hommes et femmes de médias en vue de susciter une saine émulation entre eux, et surtout de renforcer le professionnalisme dans les corps de métiers du journalisme et de la communication.

La 22e nuit de récompense a livré sa cuvée le samedi 11 mai 2019 dans la salle des banquets de Ouaga 2000. Sur 168 candidatures enregistrées, soit 336 œuvres présentées, une quarantaine de journalistes ont été les plus méritants.

Ce qu'on remarque, c'est le razzia du journal L'Observateur paalga dans le palmarès officiel, catégorie presse écrite en français où il a engrangé trois prix en plus du Super Galian qui a atterri dans les mains de Tounwendsida Hugues Richard Sama. Des prix spéciaux et des Galian d'honneur ont été également décernés.

S'il était un turfiste, on allait dire sans ambages que ses chevaux sont entrés ou que sa mise a porté les fruits escomptés.

Mais parce qu'il est journaliste de son état, on se contentera de dire tout simplement qu'il a su, à travers ses productions d'à peine trois années de pratique, identifier deux d'entre elles qui le placeront sans doute parmi les plumes de renom au Burkina Faso : «Ouverture de l'échangeur du Nord : «Pour aller à Larlé, on monte ou on descend ?» ; «Maladie mentale dans la région du Nord : Le sacerdoce fou de "vagabonds de la charité ».

En effet, au bout d'une soirée riche en son, lumière et animation musicale déroulée par une belle brochette d'artistes, c'est un jeune homme de 24 ans qui a été hissé sur la plus haute marche des trophées de reconnaissance du travail des hommes et des femmes de médias. Tounwendsida Hugues Richard Sama, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a été sacré «hyper Super Galian », pour emprunter l'expression d'un des maîtres de cérémonie.

Après avoir émergé des 58 candidates et candidats en reportage, où il avait déjà décroché le trophée, l'attestation et le chèque d'un million de franc CFA, il s'en tire aussi avec le Super Galian qui, lui, est composé d'un trophée, d'une attestation, d'un chèque de 3 millions offert par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

A ces lauriers s'ajoutent une moto (offerte par Mégamonde), un billet d'avion toute destination (Air Burkina) et une villa d'une valeur de plus de 20 millions de francs CFA (PNBF, une société burkinabè filiale de PN-Pablo et Nathalia-Holding Group).

C'était donc tout naturellement un jeunot qui contenait difficilement ses émotions qui a eu le graal en si peu de temps. «C'est avec un sentiment de surprise que j'accueille ce prix. Jusqu'à présent le Super Galian a échu à des journalistes d'expédience.

Que ce soit Mathias Drabo ou Dabadi Zoumbara, ce sont des aînés qui avaient une bonne partie de leur carrière derrière eux. Et le prix était en quelque sorte l'aboutissement d'un parcours bien rempli. Mais moi je n'ai que trois ans d'expérience et j'ai juste 24 ans.

On nous apprend à être patient et à attendre sagement son heure, donc recevoir cette distinction tout de suite et maintenant, c'est quelque chose d'assez déconcertant », a-t-il indiqué d'emblée avant d'avoir une pensée spéciale pour tous ceux qui lui ont appris et qui continuent de lui apprendre ce métier ô combien passionnant.

Ce clin d'œil va notamment à son directeur des rédactions, Ousséni Ilboudo, à son rédacteur en chef, Alain Zongo, dit Saint Robespierre, ainsi qu'à l'ensemble de ses collègues qui constituent des sources d'inspiration selon lui.

Il n'oublie pas non plus le premier responsable du doyen des quotidiens privés d'Afrique de l'Ouest francophone, Edouard Ouédraogo, et tous les autres maillons de la chaîne étant donné qu'un article est «toujours une œuvre collective ». Mention spéciale a été aussi faite à ses parents, ses enseignants, ses camarades d'université et ses aînés à tous les niveaux, tous des soutiens permanents.

Avec le triomphe modeste, Tounwendsida Hugues Richard Sama croit que ce prix vient consacrer cette cure de jouvence qui s'est opérée au sein de la profession depuis quelques années.

C'est en réalité, un truisme de dire que le métier a beaucoup rajeuni ces derniers temps, bon nombre de ces hommes et femmes maniant la plume ou les caméras ne totalisant que la vingtaine ou la trentaine d'années.

«Au-delà donc de ma petite personne, ce sont tous les jeunes journalistes qui voient ainsi leur travail récompensé.

Ce prix doit être à mon avis une invite aux uns et aux autres à avoir plus d'égard envers ces débutants qui n'ont pas l'expérience de leur ainés mais qui ont d'autres atouts à faire valoir. Ils ont uniquement besoin des anciens pour avancer», a conclu le Super Galian.

Des autres prix de L'Obs.

En treize ans de métier, il ne pouvait pas rêver mieux ; lui qui a successivement candidaté à au moins huit éditions tout en espérant qu'un jour son nom sera cité parmi les lauréats de la photographie de presse. Et l'année 2019 fut la bonne pour le photojournaliste Lambert Ouédraogo, qui a (enfin) inscrit son nom au palmarès officiel.

C'était également l'effet de surprise lorsqu'il a été invité à monter sur le podium pour se voir gratifier de présents. «ça me va droit au cœur, je suis très content, c'est le premier trophée que j'ai décroché. Cela vient confirmer qu'on a beaucoup travaillé.

Des activités de plantation d'arbres à des rencontres avec les plus hautes autorités en passant par des grèves, des sit-in, des courses-poursuites, j'ai assisté à beaucoup d'événements. Recevoir un prix veut dire que ce travail a été reconnu et salué.

Je vais redoubler d'effort pour continuer à donner le meilleur de moi-même», a expliqué Lambert Ouédraogo, qui a dédié son trophée aux responsables du journal, à tout le personnel, avant d'avoir «une pensée pieuse » pour sa famille et ses amis. En un mot comme en mille, il croit tout simplement que «c'est l'ensemble de la presse qui a gagné».

Etait tout aussi ému le chef de la section des maquettes du journal de Nakibeugo. Contrairement à son collègue photographe, lui il montait sur le podium pour la deuxième fois ; son premier sacre remontant à 2009, dans la même catégorie.

Sa «petite personne» se dit très honorée d'avoir contribué au rayonnement de la boîte où il officie depuis 1993, dans le montage des articles et de la Une, entre autres. Doma Paul Bondaoné, tout comme les autres lauréats, n'avait que le sourire aux lèvres après cette tentative réussie.

Ses remerciements sont allés au directeur de publication du canard et à l'ensemble des travailleurs. Les lauréates et lauréats du palmarès officiel ont reçu chacun un trophée, une attestation, un chèque d'un million de franc CFA et des gadgets de Coris Bank International.

La nuit des Galian, c'est aussi les prix spéciaux offerts par des institutions. Dans la quinzaine qui a été mises en compétition, notre chroniqueuse santé de la rubrique dénommée «Carnet de Santé» a le plus retenu l'attention du ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLAN).

Les articles qui lui ont valu cette distinction : «Hygiène menstruelle : Combat des filles quand les Anglais débarquent à l'école » ; « Accès des jeunes aux services de contraception : Et si on s'achetait un condom à l'école».

Des sujets de santé et d'éducation qui posent la problématique de l'abandon scolaire et de l'accès des jeunes aux services de santé et de la reproduction. Alima Séogo/Koanda, passé le moment d'euphorie, s'est aussi montrée très reconnaissante à sa famille et à tout le personnel de L'Obs. pour le soutien dont elle a toujours bénéficié.

Comme à chaque édition, les membres du jury ont listé des remarques d'ordre général avant de formuler des recommandations. Si le jury a en mémoire des «productions de grande qualité», il n'en demeure pas moins que la majorité des œuvres comportent des manquements préjudiciables à la qualité et à l'excellence tant recherchée (non-respect du règlement intérieur du concours, manque de rigueur dans la constitution des dossiers de candidatures, confusion des genres, maîtrise insuffisante des genres journalistes, entres autres).

C'est donc pour ancrer la démarche prix Galian dans une amélioration continue qu'il a, par la voix de Mafarma Sanogo, fait des suggestions pour une 23e édition beaucoup plus relevée : la formation continue des hommes et des femmes de médias aux genres journalistiques, aux techniques de prises de vue, de son, de montage, aux règles de l'écriture web, pour ne citer que celles-ci.

L'honneur aux anciens

Pour avoir été des pionniers et des devanciers dans le monde des médias, trois seniors ont reçu des trophées d'honneur : ce sont Zakaria Yéyé, ancien directeur des rédactions et directeur commercial des Editions Sidwaya ; Charles Baba Gomina, technicien à télévision nationale, et Justin Daboné, ancien chef du Desk Sport à L'Observateur paalga.

Pour ce dernier, passionné de lecture, c'est toujours une surprise et une marque d'estime d'avoir été retenu pour un Galian d'honneur. «Si les organisateurs ont pensé à moi, c'est que quelque part j'ai apporté quelque chose à la presse.

C'est la preuve que nous, les anciens, nous n'avons pas été oubliés», a indiqué l'auteur de «Il s'appelait Sankara» qui s'est réjoui du travail des «jeunes gens de L'Obs.» en général et de Hugues Richard Sama en particulier qu'il a toujours du plaisir à lire depuis Tenkodogo où il coule une retraite paisible.

«Je dédie ce trophée à mon ami le prince Akim, qui m'a permis de faire le déplacement à Ouaga et à tous ceux qui m'ont soutenu quand j'étais en activité», a confié l'amoureux des belles lettres.

Rendez-vous a été pris pour le 8 mai 2020 à l'occasion de la 23e Nuit des Galian, à écouter le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, dont le département est la cheville ouvrière de cet événement annuel.

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