Centrafrique: Massacre de civils - 3R comme dans terreur

Des combattants du groupe rebelle « Retour, Réclamation et Réhabilitation » (3R) à De Gaulle, dans la sous-préfecture de Koui dans la province d’Ouham Pendé, République centrafricaine, le 25 novembre 2016.

Ils sont arrivés en prétextant vouloir tenir une réunion avec les habitants de Koundjili Djoumjoum dans le nord- ouest de la Centrafrique à quelques encablures de la frontière tchadienne ; et une fois les villageois réunis, ils leur ont tiré dessus à l'aveuglette, faisant ici 12 morts et là 14 sans compter les nombreux blessés.

Un massacre de sang-froid donc, une véritable boucherie perpétrée le mardi 22 mai par le groupe armé dit des 3R (retour - réclamation - réconciliation).

L'accord de paix signé le 6 février à Khartoum entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés n'aura donc tenu que trois mois ; il faut dire qu'ils étaient nombreux les sceptiques après l'accord paraphé dans la capitales soudanaise avant d'être signé à Bangui.

Une méfiance nourrie par le fait qu'avant le 6 février 2019, sept autres compromis ont jalonné l'histoire récente du pays. Et invariablement ils ont connu le même sort.

Alors par quel prodige le dernier en date aurait-il pu constituer l'exception dans ce vaste pays tourmenté dont les 80% du territoire sont contrôlés par des miliciens qui, au demeurant, ne semblaient pas tenus par les engagements pris par leurs chefs ?

C'est peut-être d'ailleurs ce qui explique les exécutions sommaires de mardi dernier, puisque le chef des 3R, Bi Sidi Souleymane, alias Sidiki, a été nommé le 25 mars conseiller spécial militaire auprès du chef du gouvernement chargé de la mise en place des unités mixtes, composées d'éléments des forces armées centrafricaines et d'ex-miliciens.

Il faut croire qu'ayant été propulsé au sommet de l'Etat, l'ex-chef rebelle ne contrôle plus vraiment ses hommes, à moins qu'il ne s'adonne à un double jeu aux conséquences catastrophique.

En tout cas les autorités centrafricaines ne sont pas passées par quatre chemins pour exiger justice.

« Le gouvernement s'associe à la Minusca pour exiger de monsieur Sidiki l'arrestation et la remise des auteurs de ces massacres aux autorités dans les 72 heures sous peine d'en être tenu personnellement responsable et de répondre de ces actes.

Le même délai est donné au mouvement 3R pour démanteler ses bases et barrières illégales faute de quoi la Minusca et le gouvernement prendront les mesures qui s'imposent », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui.

Reste à savoir ce que Faustin Archange Touadéra compte bien faire à l'issue de cet ultimatum, lui qui règne sur une portion congrue de son pays.

En tout cas avec ce coup de canif ou plutôt cette décharge de chevrotine dans le contrat de Khartoum et la lame de fond communautaire qui pourrait l'expliquer, puisque les 3R prétendent défendre les Peuls, on s'achemine vers une affreuse déchirure programmée du précieux parchemin péniblement acquis après deux ans d'interminables tractations.

Mais la vérité est que certains des protagonistes de ce drame sont tellement habitués à cette guerre de rapine qu'il leur est difficile de se reconvertir en remisant leurs armes au placard pour entamer une nouvelle vie d'honnêtes hommes.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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