23 Mai 2019

Congo-Brazzaville: Pointe-Noire - Les commerçants prennent place sur le quai de la gare ferroviaire du Fonds Tié-Tié

Dans la zone de stationnement et de manœuvre des trains, à quelques centimètres des rails, les étalages des vendeurs s'étendent à perte de vue. Le risque d'être percuté par une locomotive ne leur dit rien alors qu'un tel drame est survenu en janvier dernier.

Les emprises du quai de la gare ferroviaire délabrée du Fonds Tié-Tié constituent aujourd'hui un des grands centres commerciaux les plus anarchiques de Pointe-Noire, capitale économique du pays. Le mythique marché d'à côté ne suffit plus à contenir le nombre de commerçants qui s'accroit jour après jour jusqu'à gagner du terrain pour s'installer, depuis des années déjà, dans un périmètre dédié au passage et à la manœuvre des trains. A l'ombre des parasols parsemés dans cette zone du Chemin de fer Congo Océan, ils étalent les denrées alimentaires et bien d'autres produits. Les hangars de friperies, les dépôts de marchandises, les restaurants un peu plus loin y sont sortis de terre. D'autres vendeurs étalent leurs marchandises carrément au pied des wagons stationnés.

Il y a même des passants épuisés par la marche qui n'hésitent pas à se reposer sur des wagons, prendre paisiblement de l'air les yeux fermés comme pour ne pas voir le danger qu'il y a en permanence.

Danger

« Ici nous sommes très prudents », a fait savoir une commerçante de friperie. Les bénéfices réalisés dans le commerce semblent les aveugler au point de ne pas voir le danger. Pourtant, le 4 janvier dernier, une commerçante enceinte a été écrasée par un train. Celle-ci voulait sauver son fils qui se dirigeait vers le train qui passait. Le drame a plongé les commerçants dans l'émoi mais n'a réellement rien changé. Ils ont repris position le lendemain au bord des rails, se disant n'avoir pas le choix.

Déguerpissement

Ces vendeurs disent attendre impatiemment la fin des travaux du marché en construction pour libérer les emprises du quai de la gare ferroviaire. L'accélération desdits travaux serait donc la meilleure manière de les faire partir de là sans user de la force pour éviter les remous. Mais la crise que traverse le pays ralentit le processus et rend le danger de plus en plus permanent.

Par ailleurs, au Grand marché de Pointe-Noire, la réalité semble être la même. Les commerçants qui vendaient sur le site en construction sont aujourd'hui sur les trottoirs exposés aux accidents de voie publique auxquels une partie du taux de mortalité est amputée. Certains d'entre eux ont été affectés au marché du « Oui » dont le nom marque l'approbation au référendum constitutionnel de 2015. Les travaux au Grand marché ont été lancés il y a plus de deux ans. Le chantier est abandonné. Quelques agents des entreprises privées de sécurité y montent la garde pour éviter que les lieux deviennent un sanctuaire du banditisme. L'Etat, garant de la sécurité des personnes et des biens, devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour remettre les choses dans l'ordre et éviter le pire.

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