Maroc: Les cas de démence vont tripler d'ici à 2050 selon l'OMS

La prévention passe par la consolidation de la réserve cognitive, une bonne hygiène de vie et les nouveaux apprentissages

Si l'on en croit l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lors des trente prochaines années, le syndrome de démence s'accentuera dans le monde. Les nombres de personnes atteintes devraient ainsi tripler et passer de 50 à 152 millions selon un rapport publié le 14 mai courant. En l'absence de chiffres officiels au Maroc, cette tendance statistique est difficile à établir avec certitude. Néanmoins, plusieurs indicateurs tendent à la soutenir. Le docteur Layoussifi Elkhansa, psychiatre-addictologue au Centre d'addictologie du CHU Ibn Rochd et secrétaire générale adjointe de la Ligue pour la santé mentale, nous éclaire sur le sujet et plus important encore, nous révèle la marche à suivre pour s'en prémunir.

La démence Alzheimer est la plus connue

«C'est une pathologie neurodégénérative liée au vieillissement du cerveau et caractérisée par des troubles cognitifs en particulier (surtout touchant la mémoire), associés à une perte des apraxies avec plus ou moins de troubles psycho-comportementaux», explique le docteur Layoussifi Elkhansa. Puis de préciser «La démence Alzheimer est la plus connue, mais d'autres types existent comme les démences vasculaires, la démence à corps de Lewy et la démence frontale».

Pour notre interlocutrice, et malgré l'absence de chiffres officiels, elle n'est pas surprise par le constat avancé par l'OMS, en raison notamment de l'augmentation de l'espérance de vie au Maroc qui a d'ailleurs atteint 76 ans en 2016, contre 66 ans, une décennie plus tôt. Mais pas seulement. Outre une plus grande espérance de vie, Layoussifi Elkhansa évoque également une prise de conscience des citoyens «Avant, les gens vieillissaient chez eux, assis dans un coin de la maison. Personne ne pensait qu'il était important de les emmener chez un médecin pour de simples oublis», nous indique-t-elle «De nos jours, la population commence à consulter. Ces dernières années, on en voit plus en consultation de gérontopsychiatrie et de neurologie», précise-t-elle.

Du coup, si l'on ajoute à cela des médecins mieux outillés afin de diagnostiquer cette pathologie, les prévisions avancées par l'OMS prennent tout leur sens au Maroc. Justement, en parlant de diagnostic, Layoussifi Elkhansa liste les symptômes de la démence :«Des éléments dépressifs chez un sujet âgé de plus de 65 ans et des troubles mnésiques (troubles de la mémoire ancienne ou récente) même minimes, sont les symptômes les plus fréquemment retrouvés quelques mois voire quelques années avant l'installation d'un syndrome démentiel».

Favoriser la réserve cognitive

Au jour d'aujourd'hui, il n'existe aucun traitement qui permettrait de se prémunir contre la démence. Heureusement, certaines pistes permettraient de mieux se protéger de son apparition «Ça passe par tout ce qui favorise la réserve cognitive et prévient ou retarde le vieillissement du tissu cérébral. Quand on parle de prévention, cela veut dire tout d'abord commencer à consolider sa réserve cognitive, vers la quarantaine. Ensuite encourager les gens à poursuivre cela au-delà de la soixantaine», souligne-t-elle, tout en insistant sur l'importance d'une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée, riche en oméga 3 et 6, huile de coco et romarin. Sans oublier un bon sommeil et la pratique d'une activité physique régulière. Mais pas que. Le docteur a également mis l'accent sur les bienfaits des nouveaux apprentissages sur les neurones «Apprendre une nouvelle langue, participer à des ateliers de cuisine, de broderie, de jardinage... Tout cela parait banal, mais renforce considérablement le capital neuronal en relançant la neuroplasticité. Les neurones tissent de nouvelles connections entre elles, et de nouvelles synapses sont ainsi créées», conseille-t-elle. Des conseils à ne surtout pas oublier, d'autant plus que l'OMS estime qu'entre 5 et 8% des personnes âgées de plus de 60 ans seront atteintes de démence dans leur vie et que les traitements qui existent aujourd'hui sur le marché sont loin de donner des résultats satisfaisants.

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