23 Mai 2019

Sénégal: Certification des jeunes non scolarisés - Du diagnostic aux recommandations de la COSYDEP

178 initiatives destinées aux enfants mises en œuvre par des organisations de la société civile (Osc). Plus de ¾ des jeunes de 17 à 24 ans hors du système éducatif, n'ont reçu aucune formation, ni formelle ni artisanale. Une faible implication des banques dans le financement.

L'étude menée par la Cosydep et l'Unesco sur la Cartographie des principales initiatives et bonnes pratiques en faveur de la qualification les jeunes analphabètes, non scolarisés et déscolarisés du Sénégal, montre ainsi que la qualification des jeunes et leur insertion dans le tissu économique restent difficile.

Cosydep recommande, entre autres, l'alignement de l'apprentissage traditionnel rénové́ sur les besoins prioritaires de l'économie nationale tel que visé par la Lettre de politique sectorielle.

Combien de jeunes déscolarisés et jamais scolarisés avons-nous dans le pays et où sont-ils ? Le contexte économique offre-t-il un marché assez favorable pour les insérer à leur sortie de la formation ?

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (Cosydep) donne une réponse : «sur l'ensemble de la population des jeunes âgés entre 17 et 24 ans recensés dans les ménages au Sénégal, près des deux tiers sont hors du système éducatif».

Avant de poursuivre : «parmi les jeunes de 17 à 24 ans qui sont hors du système éducatif, plus des trois quarts n'ont reçu aucune formation, ni formelle, ni artisanale».

Selon l'étude réalisée par la Cosydep, en partenariat avec l'UNESCO, sur la cartographie et la revue des principales initiatives des OSC en faveur de la qualification/certification des jeunes non scolarisés, déscolarisés et analphabètes, l'exclusion du système éducatif affecte davantage les jeunes de 17 à 24 ans du milieu rural que ceux du milieu urbain.

«Plus de trois jeunes sur quatre du milieu rural (75,9 %) sont hors du système éducatif contre 53,8 % du milieu urbain», lit-on dans le rapport fourni par un groupe de travail.

La Cosydep estime que «les dispositifs de formation ne sont pas à la hauteur des attentes de la population ni des besoins des entreprises.

Cette situation affecte l'insertion socio-professionnelle des jeunes : plus d'un sur trois est au chômage. En regard, les secteurs économiques porteurs manquent de main-d'œuvre qualifiée».

«Une personne sur cinq travaille à plein temps au Sénégal», relève l'étude qui souligne que «cette situation laisse entrevoir un taux élevé de dépendance qui se traduit, entre autres, par une pression constante sur les individus qui travaillent et qui courent ainsi le risque de basculer dans la pauvreté monétaire».

Malgré ce déficit de formation plus important d'ailleurs chez les jeunes filles, l'enquête de terrain a permis de recenser cent soixante-dix-huit (178) initiatives dans les quatorze (14) régions du Sénégal.

Selon l'étude, la région de Kédougou arrive en tête avec 37 initiatives, soit 20,78%. Elle est suivie de celle de Ziguinchor qui compte 31 initiatives, soit 17,41%. La région de Kolda enregistre le nombre d'initiatives le plus faible (05), soit 2,80%, derrière Kaffrine (06 initiatives), soit 3,37% initiatives.

Ces initiatives d'acquisition de qualification professionnelle connaissent un faible soutien des banques. L'une des raisons, lit-on dans le rapport, est qu'elles sont plus dans une logique commerciale. Toutefois, la région de Matam reçoit le plus d'appuis financiers grâce probablement au nombre d'émigrés.

Pour multiplier les offres de formation, d'apprentissage qui donnent la possibilité aux jeunes d'actualiser leurs compétences régulièrement, par le biais de l'apprentissage tout au long de la vie, la Cosydep mise sur une plateforme de tous les intervenants de la société civile pour une meilleure harmonisation de la vision, de la mission, des stratégies en évitant le cloisonnement en vue d'augmenter la pertinence, l'efficacité et l'efficience.

Il s'agit, selon l'Ong, de favoriser l'alignement de l'apprentissage traditionnel rénové́ sur les besoins prioritaires de l'économie national, de combler les insuffisances dans la formation des formateurs, de former les Promoteurs et Maîtres artisans à l'approche par les compétences.

L'étude préconise aussi la création d'un fonds national pour appuyer la société civile qui fait un travail d'utilité publique, même s'il faut procéder par appel d'offres pour y accéder.

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