22 Mai 2019

Congo-Kinshasa: Pile ou face ?

Même si c'est du choc des idées ou de divergences que jaillit la lumière ou la bonne démarche, il va sans dire que les contradictions, en ce qui concerne la coalition Lamuka, constituent une malformation congénitale. Et donc, une anomalie qui collerait ce regroupement à la peau, telle est une sangsue, et bloquerait, par ricochet, la communion et la bonne traçabilité d'une vision politique en son sein.

Point n'est besoin de rappeler la genèse, au mois de novembre 2018 à Genève, de cette coalition qui a offert à l'histoire du pays l'une de plus promptes dislocations politiques, à la suite du départ du tandem Tshisekedi-Kamerhe qui s'est opposé au choix de Martin Fayulu comme Candidat commun et ce, jusqu'à vociférer contre un complot de mauvaise augure. Bien que des mois soient passés, laissant derrière eux les fossiles d'une défaite de Fayulu Madidi battu par Félix Tshisekedi à la présidentielle, Lamuka, devenu à ce jour plateforme politique après la signature d'une nouvelle Convention le 27 avril dernier, ne cesse cependant de baigner dans la piscine de divergences.

Là où certains dont Fayulu ou encore Muzito cramponnent à la démarche pro-vérité des urnes, en réclamant la démission de l'actuel Chef de l'Etat, d'autres, en l'occurrence Moïse Katumbi, un peu pressé par les membres de son regroupement « Ensemble pour le Changement », s'évertuent dans l'optique d'une Opposition républicaine, en prônant par-dessus tout la paix et ainsi la sureté de l'Etat. Devant les professionnels des médias le mercredi 22 mai à Lubumbashi, Katumbi Chapwe, présentement coordonnateur de Lamuka pendant les trois prochains mois, a laissé transparaître la possibilité de s'entretenir, de manière fraternelle et officielle, avec Félix Tshisekedi, tout en précisant, mutatis mutandis, la non-participation de Lamuka au Gouvernement. D'où, cette coalition composée de six caciques, longtemps opposants au régime de Kabila, se trouve ceinturée entre l'optique extrémiste et radicaliste de la vérité des urnes ou du déni de l'actuel Président de la République d'avec la vision républicaine consistant à contrôler le régime Tshisekedi, en attendant les élections prévues pour 2023.

Dans tous les cas, il s'avère que les dernières discussions de cette plateforme à Waterloo, en Belgique, n'ont pas produit des résultats probants. Un nouveau consensus serait véritablement urgent entre cette part jusqu'auboutiste incarnée principalement par Fayulu et cette voie de l'opposition démocratique cantonnée par Katumbi. Et ce, surtout que, de l'autre côté, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, représentant respectivement CACH et FCC, se gargarisent dans leur coalition au pouvoir. D'ailleurs, après plusieurs tractations, ils sont arrivés à s'entendre sur le choix du Premier ministre, à savoir : Sylvestre Ilunga Ilunkamba qui a été nommé par ordonnance le lundi 21 mai dernier. C'est donc l'heure de la révisitation ou encore de l'ultime choix auquel dépend la santé de Lamuka.

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