23 Mai 2019

Sénégal: Meurtres, viols et actes barbares - Touba brandit la charia

Alors que le retour de la loi sur la peine de mort, abolie le 10 décembre 2004, fait débat au Sénégal, suite aux meurtres de Binta Camara à Tambacounda et Coumba Yade à Thiès, le Khalifa Général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, sort de sa réserve et brandit la charia.

C'était lors d'une conférence de presse animée hier, mercredi 22 mai, par son porte-parole, Sérigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké.

Les meurtres de Binta Camara à Tamba et de Coumba Yade à Thiès continuent d'alimenter les débats au Sénégal.

Ce, non seulement à cause de leur atrocité, mais aussi et surtout de la recrudescence de la violence notée ces derniers temps dans notre pays où l'insécurité gagne de plus en plus en ampleur.

A la suite de la Société civile, des hommes politiques et de l'Etat, c'est la ville religieuse de Touba qui sort de sa réserve. Non pas pour réclamer officiellement le retour de la peine de mort qui a été abolie le 10 décembre 2004, après avoir fait deux victimes (voir par ailleurs).

Mais Touba s'est contenté plutôt de rappeler ce que dit la charia (loi islamique) en soulignant que «les intellectuels religieux se sont accordés à dire que nul ne tuera s'il est certain qu'il sera tué juste après son forfait». Ce qui renvoie à la loi du talion ou le fameux «œil pour œil (... )»

«Formuler des prières et de solliciter le pardon révérenciel»

«Ces derniers temps, il dit avoir remarqué que les meurtres sont devenus monnaie courante. Serigne Mountakha tient alors à rappeler que nous avons tous l'obligation de nous rappeler un certain nombre de choses.

D'abord, usons de notre première arme en tant que musulman qui est de formuler des prières et de solliciter le pardon révérenciel », a d'emblée déclaré Sérigne Bass Abdou Khadre face aux journalistes.

Et d'ajouter : «l'autre rappel à faire c'est que la vie humaine n'est guère une mince affaire. Quiconque ôte la vie à une personne de manière accidentelle, est obligé, s'il est de sexe masculin, d'acheter 100 chameaux en guise d'indemnités pour ses héritiers et 50 si l'auteur est une femme».

Et de poursuivre en s'appuyant sur la loi islamique : «Celui qui tué une personne avec préméditation est immédiatement soumise à la peine capitale et l'enfer sera sa dernière et éternelle demeure.

Dieu dit que celui qui tue une personne semble avoir tué toute l'humanité et subira une sanction égale à la gravité de l'acte vu sous cet angle. C'est la raison pour laquelle nul n'a le droit de disposer de la vie des êtres humains à sa guise».

Selon le porte-parole du Khalifa Général de Mourides : «les intellectuels religieux se sont accordés à dire que nul ne tuera s'il est certain qu'il sera tué juste après son forfait».

«Malédiction divine»

Serigne Bass Abdou Khadre a aussi rappelé aux Sénégalais que «la vie humaine est sacrée». Mieux, il a recommandé des prières car, estime-t-il, «certaines choses malsaines ne peuvent être des actes volontaires. Elles sont souvent une malédiction divine».

D'après Serigne Bass Abdou Khadre, le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, recommande un «retour à Dieu pour échapper à toute tentation maléfique».

«Oter la vie humaine, est une action très grave au point que la recommandation divine est de sanctionner lourdement son auteur», a dit le porte-parole du Khalife général des mourides.

«Aucun citoyen ne peut se faire sa propre justice»

Serigne Bassirou Abdou Khadre a aussi appelé les autorités à «faire de la sécurité une priorité». «La justice ne doit pas aussi être une affaire personnelle. Aucun citoyen ne peut se faire sa propre justice», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le porte-parole du khalife général des mourides a mis en garde les détracteurs de la communauté mouride.

De telles attaques ne visent qu'à installer des troubles dans la société. Serigne Bass Abdou Khadre promet toutefois que les personnes habilitées à faire face séviront au moment opportun. Il a aussi, appelé les médias à la responsabilité à ne diffusant pas de propos outrageux.

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