Congo-Brazzaville: Département de la Lékoumou - Les habitants sensibilisés à la gestion forestière

Deux débats communautaires sur les changements climatiques, le processus Redd+ et la lutte contre la corruption dans le secteur forestier ont été rganisés, du 14 au 16 mai dans les localités de Zanaga et Bambama, dans le cadre des activités du projet « Intégrité dans les initiatives climatiques comme Redd+».

Les débats ont été ininitiés par l'organisation non gouvernementale Rencontre pour la paix et les droits de l'homme (RPDH), en partenariat avec Transparency international. Ils ont regroupé une centaine de participants de Zanaga et Bambama, notamment les autorités locales, les comités de village, les chefferies de quartier, les représentants des organisations de la société civile et de l'administration publique, les groupements des femmes et des jeunes ainsi que les représentants des autochtones.

Sur le thème « Améliorer la gouvernance forestière et climatique à travers la promotion de la transparence et la lutte contre la corruption », les débats ont été animés par Sy Abdoulaye, Fabrice Kimpoutou et Bemba Darmel, respectivement membres de la RPDH et du Cajac.

Le projet « Intégrité dans les initiatives climatiques comme Redd+» est financé par l'Agence française de développement. La RPDH, à travers ses activités, voudrait vulgariser le processus Redd+ pour le faire connaître au public afin qu'il se l'approrie et susciter une prise de conscience citoyenne. Il s'agit d'inciter la population à promouvoir la réduction des émissions des gaz à effet de serre, amener les médias locaux à devenir des acteurs à part entière du débat sur la gestion responsable des forêts et la lutte contre la corruption dans le processus Redd+.

L'ONG a également vulgarisé l'outil Cajac au sein des communautés de Zanaga et Bambama pour les impliquer dans le suivi des cas de corruption dans le processus Redd+, amener les victimes et témoins des cas de corruption en matière forestière et Redd+ à déposer des requêtes au Cajac.

A cette occasion, les communautés locales et les autochtones se sont exprimées sur leurs conditions de vie. Elles ont ainsi dénoncé les présumés actes de corruption, de violations des droits de l'homme et droits d'usage auxquels elles sont victimes.

L'implication des communautés locales sollicitée dans l'élaboration des cahiers des charges

Soulignons que ces débats ont suscité des échanges directs et fructueux entre les communautés, les autochtones et les autorités locales. C'est ainsi que les besoins exprimés ont abouti aux actions de plaidoyer retenues par les acteurs publics et privés impliqués dans la gouvernance forestière pour donner suite aux recommandations émises par la population.

Enfin, pour pérenniser le partage d'expériences en matière des changements climatiques, Redd+ et de lutte contre la corruption, la RPDH a mis en place un comité Cajac-Redd+ dans chaque localité. Ces comités regroupent les diverses sensibilités présentes aux débats pour le suivi des activités d'exploitation forestière et minière illégales.

Au terme des échanges, les participants ont formulé des recommandations et propositions à l'endroit du gouvernement. Ils ont, entre autres, demandé à l'Etat de rendre disponibles et accessibles les cahiers des charges aux autorités locales et aux communautés riveraines des zones d'exploitation pour appropriation et utilisation, d'impliquer les autorités locales, les communautés locales et les autochtones dans les processus d'élaboration, de validation, de mise en œuvre des cahiers des charges pour en améliorer le suivi.

Le secteur privé devrait, quant à lui, respecter le consentement libre lors des campagnes ainsi que la mise en œuvre des projets d'investissement en matière forestière et minière, réaliser des études d'impact environnemental et social en amont et en aval sur tout projet dont la zone d'exploitation est riveraine des communautés locales et des autochtones. La société civile a été appelée à former les communautés locales sur l'utilisation et le suivi de l'exécution des cahiers des charges et de mener des actions de plaidoyer à l'endroit du secteur privé sur la responsabilité sociétale des entreprises, le respect des cahiers des charges et des outils de gouvernance forestière et minière.

Enfin, pour s'assurer du bon suivi des mesures prises, la délégation de la RPDH dans la Lékoumou a mis en place des comités de suivi, respectivement à Zanaga et à Bambama. « Je suis motivée à l'idée de travailler pour le Cajac-Redd+. Je serai capable dorénavant d'identifier, recenser et témoigner des cas de corruption et autres violations dans le secteur forestier et Redd+ », a dit Caroline Lekoulediamé, membre du Cajac Zanaga.

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