Centrafrique: Les lourdes conséquences humanitaires du massacre de Paoua

En RCA, le pays est sous le choc après les attaques de mardi dans la région de Paoua, dans l'ouest du pays. Trois villages ont fait l'objet d'attaques simultanées et attribuées par les autorités au groupe armé 3R. Le dernier bilan officiel fait état de 34 morts et 5 blessés. La réponse humanitaire se prépare, mais est encore compliquée à mettre en place sur le terrain.

Une mission officielle d'évaluation est censée se rendre sur le terrain samedi. La situation sécuritaire sur l'axe est encore compliquée. Les mouvements des humanitaires sont suspendus jusqu'au rapport de cette mission. Mais ils assurent se tenir prêts à porter une assistance appropriée.

« Actuellement, c'est la psychose chez les populations », décrit un acteur humanitaire sur le terrain. Des mouvements de population ont eu lieu depuis les villages qui ont été attaqués, mais aussi depuis les villages environnants vers celui de Pougol où une base temporaire de la Minusca ainsi qu'un centre de santé sont présents. Il est encore difficile d'évaluer le nombre de ces personnes déplacées. Les villages de Lemona et de Kundjili représentent environ 1 500 personnes.

Le bilan officiel reste de 34 morts et de 5 blessés. Sur place, les humanitaires s'inquiètent d'un bilan qui pourrait être bien plus lourd. Des rescapés témoignent de nombreux corps dans la brousse. Il est possible que beaucoup se soient cachés ou aient fui sans jamais réussir à rejoindre un centre de santé.

Quel avenir pour l'accord de Khartoum ?

L'accord de Khartoum est une victoire incontestable pour le président Touadéra. Quatorze groupes armés autour de la table, un cessez-le-feu effectif en échange d'un gouvernement remanié et qui a intégré d'anciens chefs rebelles. Mais les massacres de Kundijili et Ndjondjom viennent remettre en question des mois de dialogue, d'efforts et aussi des postes âprement disputés.

« Ce processus est fragile et personne n'a envie de le voir s'effondrer », explique une source sécuritaire. Même son de cloche du côté du gouvernement, qui va se rendre prochainement dans la région de Paoua pour rencontrer le chef du groupe armé 3R soupçonné d'être derrière l'attaque.

Albert Mokpem, porte-parole de la présidence, affirme que l'accord va survivre : « Ça ne remet pas en cause cet accord, les protagonistes et le chef de ce groupe à l'origine de la violence est intimé de livrer à la justice les responsables de ces crimes, et c'est dans ce sens qu'il faut travailler pour que cet accord apporte définitivement la paix. »

Joint par téléphone, le général Siwo, porte-parole du groupe armé 3R, affirme qu'ils ne sont pas responsables des massacres de Kundjili et Ndjondjom. Il reconnaît par contre l'implication de certains de ses hommes dans une troisième attaque, dans la localité de Bohong, où 3 personnes ont été tuées mardi. Quant a l'ultimatum adressé par le gouvernement, le général Siwo répond : « On ne peut pas livrer des coupables quand on ne les connaît pas ».

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