Burkina Faso: Arrêté municipal circulation poids-lourds - Les mastodontes veulent dicter leur loi

Depuis le début de la semaine, les chauffeurs routiers manifestent contre un arrêté communal réglementant la circulation de poids lourds en ville. Depuis lors, des tractations ont été engagées entre les différents protagonistes. Constat le 23 mai 2019 sur la route de Ouagarinter.

Les conducteurs de gros porteurs étaient en grève les 20, 21 et 22 mai 2019 pour protester contre un arrêté municipal qui leur interdisait la circulation en ville à partir d'une certaine heure. Les chauffeurs routiers, sur les différentes routes nationales, notamment aux entrées de la ville, ont protesté contre la mesure prise le 7 mai dernier. On pouvait les voir stationner en file indienne anarchiquement pour exprimer leur mécontentement.

Cette situation a conduit les autorités municipales à passer à la table des négociations. En effet, le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé a rencontré, le 21 mai à l'hôtel de Ville, les différents acteurs de la sécurité et de la mobilité urbaine : ministère des Transports, Douane, Polices nationale et municipale, Gendarmerie, syndicats des transporteurs, etc. afin que des pistes de solution soient dégagées.

Selon un post Facebook du conseil municipal, il est ressorti que l'Organisation des transporteurs routiers (OTRAF) n'est pour rien dans ce mouvement d'humeur.

Pour faciliter la fluidité du trafic, les forces de sécurité ont même proposé leurs services au niveau des corridors pour désengorger la traversée des mastodontes en tenant compte des contraintes de la ville.

L'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB), en son temps, avait opposé un refus à toutes ces propositions et les différentes parties se sont séparées sur de mauvais termes.

Le président national de l'URCB, Brahima Rabo, nous avait téléphoné le soir de la rencontre d'échanges nous signifiant que le bourgmestre avait dit que la mesure est irrévocable. Les chauffeurs souhaitaient un assouplissement des restrictions du côté de la circulaire pour faciliter l'accès à Ouagarinter.

La situation semble avoir évolué après une énième rencontre (à huis clos) qui a réuni les protagonistes et le ministre des Transports.

En effet, chacun a proposé sa solution pour la sortie de crise. A en croire une source bien introduite, les différentes parties ont formulé des recommandations qui vont être prises en compte dans un nouvel arrêté.

Hier matin encore, sur le boulevard des Tansoba, des camions alignés vers l'échangeur avançaient à pas de tortue pour les formalités à remplir à Ouagarinter.

Pour certains conducteurs, le gouvernement doit travailler à délocaliser les services de Douane, du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), de transit hors de la ville pour inviter que les gros engins n'y entrent.

« Nous avons tous des enfants et on est traumatisé quand on s'imagine qu'on a fait des victimes. Nous souhaitons que les autorités nous aide à ne plus traîner après de longues heures de voyage. Pour ce qui est de la crise, les responsabilités sont partagés », a dit un chauffeur.

Compte tenu de l'affluence dans la cour de Ouagarinter, nous avons essayé de prendre le pool des agents de la douane, du CBC, des transitaires mais aucun d'eux n'a voulu piper mot prétextant qu'on devait se référer à la hiérarchie. A l'heure où nous quittions l'avenue, la file de camions s'estompait et la circulation se fluidifiait progressivement.

Joint au téléphone, le président de l'UCRB, Brahima Rabo, a expliqué que depuis la nuit du 22 mai ils ont commencé à libérer les axes obstrués. « Les autorités communales vont revoir l'arrêté en vue de prendre en compte les préoccupations des uns et des autres », a-t-il confié.

Suite à la décision de la mairie de réglementer la circulation dans la ville, toute la journée du 22 mai 2019, les citernes qui ravitaillent la capitale à partir de Bingo (dépôt de la SONABHY) n'ont pas travaillé provoquant un non ravitaillement de certaines stations d'essence.

Cela a provoqué par la suite une panique dans la ville et une affluence dans certaines stations de la ville.

« Depuis le 23 mai 2019, les choses sont en train de s'arranger et le travail reprendra progressivement. Aujourd'hui, tout va rentrer dans l'ordre », a relaté le DG du dépôt de Bingo, Hyppolite Bassolé.

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