Congo-Kinshasa: Gouvernement - Chaudes empoignades autour du partage

Si la nomination de Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de premier ministre a mis fin à quatre mois de suspense, le chemin à parcourir pour arriver à la formation du gouvernement est encore long. Pour l'instant, le débat se focalise autour du partage des responsabilités entre le FCC de Joseph Kabila et le CACH de Félix Tshisekedi.

Non seulement le FCC ne cache pas sa boulimie, celui-ci va plus loin en réclamant le contrôle de certains ministères régaliens tels que l'Intérieur, les Finances, et la Défense. Ce qui irrite le CACH et suscite entre les deux alliés de chaudes empoignades.

Le professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba est le tout premier Premier ministre de Félix Tshisekedi. Il a fallu attendre près de quatre mois, depuis l'investiture du président Félix Tshisek edi, pour que le FCC et le CACH parviennent enfin à un compromis. Ce long intervalle de temps a démontré la difficulté pour les alliés à la coalition d'harmoniser leurs vues autour d'un même objectif.

En effet, les quatre premiers mois de la présidence de Félix Tshisekedi ont été porteurs de grandes leçons. Pour ceux qui en doutaient, il a donné la preuve de l'omniprésence de Joseph Kabila, autorité morale du FCC, tout au long du mandat de Félix Tshisekedi.

Avec sa majorité écrasante dans les deux chambres du Parlement, Kabila a fait comprendre au chef de l'Etat que rien ne pourrait se faire ou se décider sans lui. Certes, c'est le président de la République qui a le dernier mot. Mais, en amont, c'est Joseph Kabila qui rabat les cartes.

Le plus évident est que la RDC a finalement son Premier ministre. Mais, ce n'est pas pour autant que tout est bouclé. Car, le plus dur est à venir. Il s'agit de la composition effective du gouvernement.

Des indiscrétions rapportent que les délégués du FCC et du Cach se sont retranchés depuis un temps dans le Kongo central pour parvenir à un accord concernant tout ce qui se rapporte au gouvernement.

La nomination du professeur Ilunga Ilunkamba en a d'ailleurs été une des résultantes. Quant à la composition effective du gouvernement, aucun signe de dénouement ne s'est encore dessiné.

On sait néanmoins que le FCC, qui se contente de sa majorité écrasante au Parlement, revendique la part du lion dans l'exécutif national.

Partage au prorata du poids au Parlement

Les premières bribes d'infos recueillies auprès des délégués prenant part aux discussions de Kisantu, dans le Kongo central, indiquent que le FCC réclamerait 80% de postes dans le gouvernement central contre 20% pour le président de la République et ses alliés de CACH.

La proportion de 80 contre 20 ayantservi de base des discussions entre le FCC et le Cach, les dernières nouvelles indiquent les délégués de deux camps sont parvenus à redéfinir cette grille de répartition.

Si on est encore loin vers un partage équitable des responsabilités dans le gouvernement, on sait néanmoins que le FCC aura plus de ministère que le CACH.

A tout point de vue, la pierre d'achoppement ans les discussions entre les eux camps n'est pas forcément le nombre des ministères, c'est plutôt le contrôle de piliers de l'Etat, c'est-à-dire des ministères régaliens.

Sur ce point précis, des sources proches des négociations notent le FCC qui, pendant les 18 ans de règne de Joseph Kabila a toujours réclamé le plein pouvoir des ministères, dit de souveraineté, n'est pas prêt à appliquer la même règle à la présidence de Félix Tshisekedi.

Aussi, la famille politique du chef de l'Etat tient-elle à avoir le contrôle des ministères de souveraineté, tels que la Défense, l'Intérieur, les Affaires étrangères et les Finances. Ce qui, en toute logique, n'est pas de l'avis de Cach. Evidemment, ce n'est pas l'impasse. Pour autant que les deux n'aient pas brisé le dialogue.

Le plus évident est que le chef de l'Etat sera bien amené à concéder certains ministères de souveraineté à son allié, le FCC. On parle de plus en plus des affairesétrangères qui devaient revenir au FCC, la défense et les Finances.

Le Cach pourrait s'adjuger l'Intérieur et le Budget. Quant au ministère de la Justice, il faut l'objet d'intenses tractations dans les deux camps. Le FCC y tient fermement, alors que le camp du chef de l'Etat a aussi des visées sur le ministère de la Justice pour asseoir, se dit- on, les fondamentaux d'un Etat de droit.

C'est dire que la nomination d'un Premier ministre n'a été qu'un pas dans la longue marche vers la formation du gouvernement central. Le chemin à parcours est encore long et périlleux. En attendant, c'est le FCC qui cherche à dicter la marche à suivre.

Sans compter la dextérité de Félix Tshisekedi qui, fort de ses prérogatives constitutionnelles, s'efforce aussi à imposer son rythme. Il a déjà réussi le coup en déjouant tous les calculs du FCC, jusqu'à la nomination surprise de professeur Ilunga Ilunkamba.

Parviendra-t-il à faire fléchir le FCC dans la répartition des postes ministériels ? Difficile à prédire.

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