Cameroun: Prix Orange du livre en Afrique - Une Camerounaise primée

Djaïli Amadou Amal, auteure de « Munyal, les larmes de la patience » a reçu sa récompense hier à Yaoundé au cours d'une cérémonie faste, organisée sous le très haut patronage du chef de l'Etat.

Hindou, Ramla et Safira, les trois femmes au cœur de l'intrigue de « Munyal, les larmes de la patience » ont ému le jury du tout premier Prix Orange du livre en Afrique, présidé par l'écrivaine Véronique Tadjo. Le roman poignant, engagé, de l'écrivaine camerounaise, Djaïli Amadou Amal sur le mariage précoce et forcé, les discriminations et vio lences faites aux femmes dans la partie septentrionale du Cameroun, remporte donc ce prestigieux prix littéraire. L'auteur a reçu son prix hier au cours d'une cérémonie courue organisée à l'Hôtel Hilton de Yaoundé.

L'événement porté par la Fondation Orange, en partenariat avec le ministère des Arts et de la Culture, sous le très haut patronage du chef de l'Etat, s'est tenu en présence d'une belle brochette de personnalités. Au premier rang de celles-ci, le Minac, Bidoung Mkpatt, représentant personnel du chef de l'Etat, et Françoise Cosson, déléguée générale, directrice mécénat et solidarité Groupe Fondation Orange.

Aux côtés de Mme Cosson, le Directeur général de Orange Cameroun et PCA de la Fondation Orange Cameroun, Frédéric Debord, ainsi que Elizabeth Ehabe, secrétaire générale de la Fondation Orange Cameroun. Djaïli Amadou Amal est ainsi honorée sur sa terre natale le Cameroun, qui a l'insigne privilège d'être l'hôte de cet événement littéraire d'envergure.

« J'accueille cette distinction avec émotion. Je suis fière d'être la toute pre mière lauréate de ce prix qui récompense une femme camerounaise. Je suis fière de porter haut les couleurs de mon pays », a déclaré, émue, la lauréate.

Son roman s'impose devant cinq autres, portés par des auteurs ivoirien, marocain (deux), tunisien et sénégalais. Un succès retentissant pour « Munyal, les larmes de la patience » édité chez Proximité en avril 2018, et qui se distinguait déjà en mars 2019 par le Prix presse panafricaine de la littérature décerné au Salon du livre de Paris.

L'auteure de deux autres livres bien reçus par la critique (« Walaande, l'art de partager un mari » et « Mistiriijo, la man geuse d'âmes ») se verra doter de 10.000 euros (6.500.000 Fcfa) et d'un accompagnement par la Fondation Orange pour la promotion et la diffusion de son livre. A 43 ans, la présidente de l'association « Femmes du Sahel », voit son combat pour la reconnaissance de la femme, de toutes les femmes, salué par l'univers littéraire.

Le ministre Bidoung Mkpatt n'a pas caché la joie immense de tout un peuple de voir une « de ses dignes filles » ainsi mise en lumière. Le prix lancé en octobre 2018 témoigne de la volonté de la Fondation Orange de valoriser des talents littéraires africains et l'édition locale.

La cérémonie de remise du Prix Orange du livre en Afrique s'est déroulée hier à Yaoundé, sous le très haut patronage du chef de l'Etat. Pourquoi le gouvernement, à travers le ministère des Arts et de la Culture, a-t-il choisi d'accompagner la toute première édition de cet événement littéraire organisée au Cameroun ?

Permettez-moi de rappeler que le ministère des Arts et de la Culture a pour missions majeures, l'élaboration et la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de promotion et de développement artistique et culturel. Un grand événement de cette envergure que notre pays accueille est en lui-même d'essence culturelle. Il s'agit en fait d'une cérémonie spéciale qui est la consécration de l'excellence littéraire couvrant les activités culturelles y afférentes pendant la période allant de janvier 2017 au 30 octobre 2018. Ce sont les auteurs africains d'expression française, dont les productions ont été publiées pendant la période que je viens d'évoquer, qui étaient en concurrence. Et hier soir, le jury international qui a statué sur ces productions a tranché et proclamé solennellement le vainqueur de ce prix Orange qui a lieu en Afrique et pour la première fois au Cameroun. La proclamation de ce prestigieux concours a réuni six meilleures œuvres finalistes sur les 72 retenues au départ. Les écrivains de ces œuvres finalistes sont originaires de cinq pays africains à savoir : la Côte d'Ivoire, le Maroc, le Sénégal, la Tunisie et le Cameroun. La Fondation Orange Cameroun a été sélectionnée pour organiser cet événement parmi 15 autres institutions similaires de divers pays africains ayant postulé. Après d'âpres luttes, la Fondation Orange Cameroun a remporté avec brio la place d'organisatrice de cet événement spécial cette année, et a sollicité l'appui de notre département ministériel. Après accord de la hiérarchie, le ministère des Arts et de la Culture accompagne donc ce partenaire avec lequel le travail se fait en complémentarité dans l'efficience, en vue de contribuer à la meilleure promotion du livre et des efforts des écrivains africains exerçant sur le continent dans leur conquête, sans complexe de notoriété dans le concert des nations. Ce partenariat exemplaire, matérialisation de la collaboration efficiente des secteurs public et privé pour le développement des arts et de la culture dans notre pays, est un moment historique de prise en compte de nouvelles stratégies devant promouvoir davantage les activités de l'univers du Livre. Il est à espérer que les autres opérateurs économiques acceptent de s'impliquer dans ce genre de partenariat dans les diverses disciplines du sous-secteur des Arts et de la Culture.

Quel atout le très haut patronage du chef de l'Etat apportet-il à ce concours littéraire organisé à Yaoundé ?

Permettez-moi au nom de tous les artistes et hommes de culture du Cameroun, d'exprimer notre déférente gratitude au chef de l'Etat pour avoir bien voulu donner son très haut accord pour que cette cérémonie de remise des prix soit placée sous son très haut patronage. De fait, cela confère à celle-ci un caractère prestigieux et solennel, car tout ce qui renvoie au chef de l'Etat devrait tendre vers la perfection. Par ailleurs, ce très haut patronage réaffirme l'importance incommensurable que revêt la créativité littéraire et partant la culture dans notre pays et dans l'ensemble du continent africain.

Au niveau de l'impact social de l'événement, le prix Orange du livre en Afrique est en effet une opportunité historique de mettre en vitrine la littérature de notre pays dans un événement à caractère panafricain et de souligner notre intérêt pour le livre et toute l'industrie qui en découle, voire réaffirmer la position du Cameroun comme pays pivot de littérature en Afrique subsaharienne. Au niveau organisationnel, les activités programmées devront être menées avec rigueur, professionnalisme tendre asymptotiquement vers l'excellence. Au plan de la politique culturelle et de l'affirmation de l'identité de notre pays, comme vous le savez son Excellence Monsieur Paul Biya accorde une haute attention particulière à la culture qui catalyse l'intégration et consolide toujours davantage l'unité nationale. Celle-ci promeut le rayonnement international de notre pays et est un adjuvant majeur pour accélérer le développement endogène, global et intégré de notre pays.

Son Excellence Monsieur Paul Biya, président de la République, chef de l'Etat, dans son discours à la Nation le 31 décembre 2015 avait précisé, je le cite « la nécessité de mobiliser notamment de nombreuses ressources culturelles et humaines qui constituent une grande réserve de croissance dans la dynamique de l'évolution du Cameroun vers l'émergence ». Le très haut patronage de cet événement par le chef de l'Etat est sans vouloir justifier ou expliquer quoi que ce soit, nous ne pouvons à ce niveau que subodorer simplement qu'il s'est agi d'un défi complexe à relever lors de l'organisation de cet événement qui devra véhiculer une polyphonie de messages. Je m'appesantirais entre autres sur celui d'être un succès mémorable. Ce succès qui symboliserait concrètement : la place privilégiée que le chef de l'Etat accorde aux artistes et aux écrivains, les rôles importants que les artistes et hommes de culture jouent dans la promotion et le développement artistique et culturel ; l'ouverture du Cameroun aux autres pays du monde pour l'enrichissement mutuellement bénéfique des cultures.

Et que dire de l'impact d'un tel événement sur la promotion de la littérature camerounaise sur le plan international ?

Le ministère des Arts et de la Culture apporte un appui constant aux activités des différents acteurs du secteur des arts littéraires, autant dans le soutien des activités corporatistes à l'instar du nouveau siège de l'Association des poètes et écrivains du Cameroun (APEC) que j'ai récemment inauguré. A travers le compte d'affectation spéciale pour le soutien à la politique culturelle créé par décret du chef de l'État Son Excellence Paul Biya, le ministère des Arts et de la Culture accorde des appuis et subventions à la création, à la production, à la diffusion et à la participation des acteurs du livre locaux, aux évènements littéraires dans le monde. Tout ceci démontre à suffisance tout l'intérêt que le gouvernement camerounais porte au développement de l'industrie du livre. A cet effet, l'on pourrait citer en exemple, les productions issues des différents concours littéraires organisés par le ministère des Arts et de la Culture qui font constamment l'objet de promotion dans les foires et salons du livre, auquel notre pays prend part, ce qui représente une importante opportunité pour ces jeunes écrivains, de se faire connaître hors des frontières.

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