Sénégal: Journée mondiale de la fistule obstétricale - Plus de 200 cas déclarés

Sunge a subi des complications lors de son accouchement. Elle a pu accéder à des soins vitaux de qualité dans l’un des établissement de santé récemment rénovés et équipés de la région de Simiyu.

Plus de 200 cas de fistules obstétricales sont signalés par an au Sénégal et 890 femmes ont bénéficié d'une intervention chirurgicale de 2012 à 2018. Une maladie jugée par la société comme «honteuse» et qui touche particulièrement les femmes.

Pour cette journée mondiale du 23 mai, réservée à la maladie, les acteurs de la lutte ont mis l'accent sur son éradication à travers le thème «la fistule est une violation des droits humains-Eliminons la maintenant ! ».

A cet effet, une visite à l'hôpital général de Grand Yoff et au centre d'accueil Guindi ont marqué l'événement à Dakar.

La fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d'un accouchement. Il s'agit d'une brèche de la filière pelvi-génitale, c'est-à-dire l'ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l'accouchement.

L'apparition d'une fistule obstétricale est directement liée à l'une des principales causes de mortalité maternelle: un travail difficile lors de l'accouchement ou l'absence de soins obstétricaux adéquats.

Au Sénégal, elles sont plus de deux cent femmes à souffrir de cette pathologie. Une situation qui a amené le Sénégal à mettre en place un programme de prise en charge gratuite de ces femmes qui, très souvent, sont abandonnées par leurs proches et laissées à elles-mêmes.

Le chirurgien, urologue Issa Labou de l'hôpital général de Grand-Yoff, le programme existe depuis 2008. « Il n'y a pas une estimation exacte de cas de fistules au Sénégal, mais d'après les chiffres, elles sont à plus de 200 femmes qui vivent avec cette maladie par an».

A Dakar, au niveau de l'hôpital Général de Grand Yoff choisi pour l'abriter, plus de 37 cas ont été réparés l'année dernière.

Cependant, pour cette année en cours, les médecins sont à 17 cas. «Il y a aussi des campagnes qui se font dans les régions, les gynécologues ont été formés pour prendre en charge les cas de fistules et même le personnel de santé pour la détection», a fait savoir docteur Labou.

Pour cette journée du 23 mai consacrée à la lutte contre les fistules obstétricales, l'Unfpa a tenu à s'y mettre. Avec un bloc pour les femmes implanté au centre Guindi, l'Unfpa travaille pour leur réinsertion.

Pour la représentante résidente, Cecile Compaoré Zoungrana, le Sénégal s'est doté d'une stratégie nationale d'élimination de la fistule obstétricale qui privilégie une approche multisectorielle impliquant l'ensemble des parties prenantes.

A cet effet, elle a confié que : «de 2012 à 2018, 890 femmes ont bénéficié d'une opération chirurgicale qui leur a permis de retrouver leur dignité et une nouvelle vie». Pour cette dame victime d'une fistule et rétablit dans sa dignité, «vivre avec cette maladie n'est pas une chose facile».

«Nous sommes victimes de discrimination. Au sein de nos ménages, nous sommes abandonnées par nos époux et la société, une fois, au courant de notre pathologie, nous indexe où qu'on puisse se trouver.

Ce n'est pas facile de retrouver notre vie d'avant même si on n'est guéri de la maladie, toutefois, il nous faut avancer», a-t-elle soutenu sous le coup de l'émotion.

Un témoignage qui fera réagir la représentante de l'Unfpa qui soutient : «comme elle, des centaines de milliers de femmes et de filles dans le monde ont contracté la fistule suite à un accouchement difficile ou prolongé avec souvent pour conséquence une incontinence chronique.

Ces femmes sont confrontées à la honte, l'isolement et la ségrégation et font face à une stigmatisation sociale dévastatrice ».

Aujourd'hui, même si la fistule obstétricale est prise en charge au Sénégal, les acteurs de la lutte misent sur la prévention.

«Pour prévenir, nous devons éliminer les besoins non satisfait de planification familiale, éliminer les décès maternels évitables et éliminer les pratiques néfastes dont le mariage précoce», a indiqué Mme Zoungrana.

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