Sénégal: Education - L'Académie de Sédhiou passe en revue et décline ses priorités

Les acteurs de l'éducation de la région de Sédhiou ont passé en revue, avant-hier mercredi 22 mai, l'ensemble des questions liées au secteur sous l'autorité du gouverneur de région, Habib Léon Ndiaye.

Des pas de géants sont certes notés dans la mise en œuvre du programme d'amélioration de la qualité, de l'équité et de la transparence (PAQUET), mais des contraintes relatives à l'environnement scolaire, à la gestion du personnel et des intrants jusque-là insuffisants s'opposent à la bonne qualité des enseignements/apprentissages. Des recommandations sont faites dans ce sens pour booster les indicateurs.

Dans sa présentation au comité régional de développement l'inspecteur d'académie, Cheick Faye, a fait savoir que «pour ce qui est de la gouvernance des structures, la mobilisation des ressources internes est suffisante. Le quantum horaire est assez satisfaisant avec 79,88% et un taux d'utilisation des professeurs à 74%».

Le taux brut d'accès au CI en 2018 est très satisfaisant (120,3%) même s'il a connu une baisse par rapport à 2017 et reste en deçà des prévisions de 2018 de -3.40%.

Le taux brut d'achèvement (TBA) au CI des filles est meilleur que celui des garçons ; les obstacles socio-culturels et économiques à l'accès des filles à l'éducation sont en train d'être levés progressivement.

Le taux brut de scolarisation au moyen est peu satisfaisant en 2018 : 52.1%. L'objectif visé est de 49.70% ; et la moyenne nationale 49.5% sont dépassée. Cependant, on note une légère baisse de 0.5% par rapport à 2017 (52.6%).

Toutefois, on note une hausse notoire de la transition CM2/6e entre 2017 et 2018 de 41,2% en 2017. Elle passe à 56.7% en 2018, soit un gain de 15.5.

L'académie a indiqué que «le taux d'achèvement au primaire est assez satisfaisant comparativement à la moyenne nationale avec 72,7% contre 59,8% soit une différence de 12,9%. Toutefois, il est inférieur au score de 2017 (76,9%) et à la cible régionale en 2018 (74,10%)».

Pour ce qui est du préscolaire, le gouverneur recommande que les collectivités territoriales, en rapport avec l'UNICEF (principal bailleur) travaille en synergie pour motiver le personnel communautaire dans la conduite des classes préscolaire communautaires (CPC).

«Il serait aussi de bon aloi pour mettre en place une plate-forme de concertation pour prévenir des crises scolaires», a dit Habib Léon N'diaye.

Etat des lieux des performances et fréquentations scolaires

Le taux de réussite au CFEE est peu satisfaisant avec un score de 49.77% en 2018 contre 52,17% en 2017, renseigne l'inspection d'académie de Sédhiou. La prévision de 2018 (53,10%) n'est pas atteinte et le résultat obtenu est en deçà de la moyenne nationale qui est de l'ordre de 55,51%.

Au sujet du taux d'achèvement du cycle moyen en 2018, il est de 31,2%, soit une baisse de -2,4% alors que l'objectif était de 33,6% en 2018.

Celui de réussite au BFEM est passé de 69,1% en 2017 à 72,4% en 2018 soit un gain de 3,3%. Il est largement supérieur à la moyenne nationale qui est de 52.11% et l'objectif régional de 70.3% visé, est dépassé.

Taux de réussite au Baccalauréat scientifique général est peu satisfaisant avec seulement 37,38% en 2018 contre 42,59% en 2017. Il est inférieur à la prévision régionale 2018 qui est de 43,6% soit un déficit de 6,22%.

Selon toujours les autorités académiques de Sédhiou, le taux d'achèvement au niveau du secondaire est en hausse entre 2017 et 2018 avec respectivement 19.9% et 22.6% soit une légère augmentation de 0.80% par rapport à l'objectif visé en 2018 (21.8%).

Les séries scientifiques claudiquent derrière !

Le pourcentage des élèves orientés dans les secondes scientifiques a connu un bond de 4,4% entre 2018 (14.6%) et 2017 (10.2%) même si le résultat attendu en 2018 (18.10%) n'est pas atteint note-t-on du côté de l'académie de Sédhiou.

Diminution du taux de redoublement au secondaire général entre 2017(31.8%) et 2018 (29.1%) et il est également en deçà de la prévision de 2018 (34.4%).

L'indice de parité taux brut de scolarisation (TBS) de la région est de 0,87 en faveur des garçons. Cette inversion de la parité dans le cycle moyen est le résultat de la forte déperdition scolaire chez les filles.

D'autre part, la région est en phase de mise en œuvre de la politique de développement de l'enseignement des sciences avec un paquet d'activités comme le PEOS, construction et équipement du bloc scientifique et technologique (BST) à Sédhiou, support didactiques, ressources numériques, chariots mobiles.

Des stratégies sont élaborées pour booster l'effectif des séries scientifiques parmi lesquelles des fora sur les filières et métiers liés aux sciences, concours et olympiades, les cours de soutien pour les élèves en difficultés dans les disciplines scientifiques en sus d'un plan stratégique d'amélioration des performances des élèves en maths et sciences.

Faible taux de transition de la 3ème vers la FPT

«Une embellie est notée dans l'apprentissage rénové avec l'enrôlement de 227 apprenants sur les 255 programmés», a indiqué l'inspecteur d'académie Cheick Faye.

Et de poursuivre que le nombre d'apprenants de la «FPT» rapporté à 100 000 habitants, extrêmement faible, 0,00443 en 2018. «Il y'a une baisse du taux d'accroissement des effectifs de la FPT (7.9%) en 2018 contre (10.6%) en 2017.

On note un frémissement de la formation continue des travailleurs : 127 travailleurs en 2018 contre 45 en 2017».

Par ailleurs, le taux de couverture en cantines scolaires des écoles et établissements est très insuffisant, 34,8% et 45,9% respectivement pour l'élémentaire et le moyen secondaire.

Contraintes et défis à la mise en œuvre d'un enseignement de qualité !

Des difficultés sont relevées dans la mise en œuvre des engagements. Il s'agit notamment de l'environnement peu favorable des structures scolaires : Abris provisoires, absence de MESI (minimum essentiel de services intégrés), sous-équipement, le déficit chronique d'enseignants, de professeurs de sciences et de maths, de corps de contrôle et d'encadrement.

A cela s'ajoute l'extrême mobilité du personnel enseignant (affectation), la persistance des violences basées sur le genre et la forte déperdition scolaire des élèves au moyen secondaire, notamment celle des filles.

L'inspecteur Faye a aussi fait mention de la faiblesse de la transition de la 3e à la formation professionnelle et technique, la dégradation des manuels scolaires mis à disposition par l'Etat, le dysfonctionnement du dispositif d'encadrement et de formation continuée des enseignants.

En mathématiques et sciences, l'insuffisance des manuels scolaires est soulignée avec force ainsi que la couverture des écoles et établissements en cantines scolaires.

Et c'est pourquoi la diversification de l'offre dans l'enseignement technique et la formation professionnelle par le déploiement massif de l'apprentissage rénové est souhaitée, la vulgarisation de l'approche d'enseignement des sciences basée sur l'investigation.

Pour justement relever ces défis, le gouverneur de région Habib Léon N'diaye recommande «le démarrage des programmes de construction d'infrastructures scolaires notamment le PASEB, le PADESS, le projet RAP, le PAEBCA (2e phase), le projet «zéro abris», le BCI 2018, ONFP, ACEFOP».

«Il est vrai que de 60% nous sommes arrivés à un taux de 26% de présence des abris provisoires mais des efforts restent tout de même à faire».

Le pari, c'est aussi l'achèvement des constructions du BCI 2016, 2017, du programme additionnel, de la phase1 du PAEBCA, du Matching/USAID, du PAQEEB, la réhabilitation/relance du centre de perfectionnement des artisans ruraux (CPAR) et le maintien du dispositif de promotion de l'excellence entre autres.

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