Congo-Brazzaville: Gestion des ressources halieutiques - Une préoccupation pour les acteurs socio-économiques

Une journée scientifique portant sur l'impact des changements climatiques sur les communautés de pêche de Brazzaville s'est tenue le 23 mai, dans la salle de conférences de l'Irssen (ex-Orstom).

L'organisation de la rencontre visait non seulement à éclairer la société congolaise sur le phénomène de changement climatique ainsi que ses effets, mais aussi à proposer, par le biais des chercheurs, des approches de solutions sur les impacts qui gangrènent les communautés des pêcheurs afin que ces derniers trouvent des solutions résilientes à cette problématique qui menace leur survie.

C'est ainsi que plusieurs thèmes ont été développés, entre autres, " Gestion de la ressource en eau pour une pêcherie durable" ; "Poissons de mer ou poissons d'eau douce"; "Pourquoi la différence de prix ?"; " L'impact psychologique des changements climatiques chez les pêcheurs de la communauté de pêche des cataractes de Brazzaville".

Le directeur général du Centre de recherche et d'études en sciences sociales et humaines, le Dr Guy Moussavou, a fait savoir qu'après une enquête, les chercheurs ont pu identifier deux types de profil. Le premier est celui des pêcheurs mus par des intérêts financiers qui vont donc s'investir dans la pêche pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Ici, l'engagement dans cette activité est pour acquérir une expérience qui permettra à terme de pouvoir générer les revenus.

Le second profil, quant à lui, est celui des pêcheurs qui ne respectent pas l'environnement dans l'exercice de leur activité. Ils s'y investissent sans avoir les outils appropriés. Aussi les chercheurs suggèrent-ils qu'il y ait création d'un de réseau en forme d'une structure qui soit à la fois une ONG ou une structure spécialisée dans les techniques de pêche pour pouvoir accompagner les pêcheurs, les aider à faire que les techniques de pêche soient améliorées, et que cette activité soit génératrice de revenus.

Concernant le changement climatique, Fortuné Salabiakou, président du groupement des pêcheurs du pont du Djoué, a relevé que la pêche continentale est devenue de plus en plus difficile. « Nous avons des pluies qui tombent en abondance. Et lorsqu'elles tombent, elles provoquent des érosions qui entraînent du sable dans les cours d'eau et de facto, la production s'amoindrit. Ainsi, vous n'avez plus suffisamment de poissons dans la zone », a-t-il souligné.

Fortuné Salabiakou a aussi insisté sur le mouvement des eaux. « Lorsque le niveau d'eau baisse, il y a diminution de poissons. Cependant, la montée des eaux entraîne un phénomène contraire. A côté de cela, il y a la préservation de l'écosystème ; dès que les herbes sont coupées, les poissons sont privés de maternité et préfèrent migrer. Les activités humaines sont à l'origine de la pénurie de poissons », a-til laissé entendre. Il a ajouté que l'Etat doit prendre des mesures dissuasives, traquer les utilisateurs de filets à petites mailles, réglementer le secteur pour faire plier les fossoyeurs de l'environnement.

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