Guinée: Le ministre de la Justice Cheick Sako démissionne

Photo: Le Pays
Cheick Sako, ministre de la justice

En Guinée Conakry, le ministre d'État et ministre de la Justice Cheick Sako a démissionné. L'information a été révélée, ce lundi 27 mai, par l'hebdomadaire Jeune Afrique. Dans sa lettre adressée au chef de l'État, Maître Cheick Sako évoque son opposition « à toute modification ou changement de la Constitution ». Sa démission intervient après cinq ans et demi passés au sein de trois gouvernements successifs et alors que le débat autour de l'opportunité d'une nouvelle Constitution, dont le texte n'a pas été rendu public, agite le pays.

La lettre, datée du 20 mai, tient en une page (voir ci-dessous) et est adressée au président de la République. Le ministre de la Justice y détaille les motifs de sa décision.

En premier lieu, figure son opposition « à toute modification ou changement de la Constitution en vigueur ».

« Par ailleurs, je n'ai pas été associé à la rédaction de la nouvelle Constitution en ma qualité de Garde des Sceaux » précise Maître Cheick Sako qui dit avoir demandé au chef de l'État de le « remplacer dans ses fonctions, dès le 4 avril », au lendemain, souligne Jeune Afrique, d'une sortie d'Amadou Damaro Camara, chef de la majorité, du groupe parlementaire RPG (au pouvoir), qualifiant la justice guinéenne de « pourrie » sur une radio privée.

Y a-t-il un lien ? « Oui », répond une source au ministère.

Le président de la République aurait envoyé un émissaire auprès de son ministre à Montpellier, dans le sud de la France, sans succès.

Maître Cheick Sako rend donc le tablier, six mois après le ministre de l'Unité nationale et alors que le débat autour d'une possible nouvelle Constitution - dont le texte n'a pas été rendu public - agite le pays.

Opposition et société civile redoutent qu'elle ne permette au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, ce qui est actuellement interdit par la Loi fondamentale.

Dans un communiqué publié peu après la nouvelle, le Front national de défense de la Constitution qui regroupe les principaux partis d'opposition ainsi que la société civile saluent une décision « responsable et salutaire » qui « vient confirmer les soupçons portés contre le président de la République ».

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Plus de: RFI

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