27 Mai 2019

Congo-Kinshasa: Nouvelles institutions - Les femmes réclament une représentativité significative

En République démocratique du Congo, l'intégration, de manière significative, des femmes et des jeunes dans les instances de prise des décisions demeure faible et inquiétante. Pour preuve, les résultats des élections du 30 décembre 2018 ont démontré un faible pourcentage des femmes et jeunes élus.

Cette observation a été faite, le dimanche 26 mai 2019, par une frange importante des femmes de la société civile, de la politique et actrices pour la défense des droits humains qui n'ont pas bien digéré ces résultants désolants qui bloquent une bonne représentativité des femmes et jeunes au Sénat, dans les assemblées nationale et provinciales. Plus loin, même au niveau des différents gouvernorats, peu de femmes et jeunes ont été élus.

C'est la raison pour laquelle ces femmes, à l'initiative de Mme Anny Modi, militante des droits de la femme et des jeunes, sont montées au créneau pour interpeller les dirigeants de la RDC afin qu'ils respectent l'article 14 de la Constitution de la RDC qui stipule : " les pouvoir publics veillent à l'élimination de toute forme de discrimination à l'égard de la femme et assurent la protection de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation. Ils prennent des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L'Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions".

En scrutant l'actualité, ces femmes se sont mises ensemble pour lancer un vibrant appel aux Présidents de deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) et au Premier ministre de pouvoir respecter l'article 14 de la Constitution et la loi portant modalités de mise en œuvre des droits de la femme et de la parité mais, aussi, considérer les mécanismes de la discrimination positive. C'est dire qu'ils doivent tenir compte du quota de la femme dans toutes ces instances.

" En perspective d'un nouveau gouvernement, le Premier ministre ne doit de descendre en deçà de ce quota. Nous espérons avoir beaucoup de femmes dans les postes nominatifs. Parce que depuis lors, on a du mal à dépasser 20% de femmes dans les différents Gouvernements de la RDC. Et, aujourd'hui, cet appel au respect de la Constitution veut que les autorités tiennent compte de tous les dispositifs juridiques afin que nous ayons beaucoup plus de femmes, au-delà de 30%, pourquoi pas 50% au premier essaie", a martelé Mme Anny Modi.

Pour Mme Chantal Faïda, femme politique, la RDC continue à vivre les inégalités, la pauvreté, par manque de représentativité des femmes et jeunes.

" Il est donc temps, chers décideurs politiques, d'avoir une bonne volonté d'appliquer les textes légaux qui nous régissent (la Constitution et les différents instruments juridiques internationaux qui promeuvent les droits des femmes). C'est l'occasion pour montrer la volonté d'appliquer cela. Quand nous avons les femmes à tous les niveaux décisionnels, nous aurons un progrès social dans la société congolaise. Parce que là où est elle est impliquée, il y a toujours une justice sociale qui redistribuée automatiquement", indique-t-elle.

Pascaline Zamunda, activiste des droits femmes, a saisi cette opportunité pour signaler que l'intégration des jeunes au sein des institutions amènera des idées nouvelles car, la RDC est constituée majoritairement des jeunes. D'où, il faut une politique claire pour valoriser les compétences des jeunes qui, aujourd'hui, remplissent les partis politiques qui sont au front en tant qu'entrepreneurs qui font vivre le pays.

Il sera inacceptable, précise-t-elle, qu'au sein des institutions qu'il ait un nombre insignifiant de jeunes.

Tout en saluant les avancées démocratiques qui ont été faites, Léonie Kandolo, actrice pro-démocratie, a focalisé son intervention sur les efforts conjugués par les acteurs de la société civile pour déboucher à une alternance démocratique. Pour elle, il faut un équilibre au niveau des nominations à venir. C'est dire qu'il faut une représentation régionale et, aussi, l'intégration équilibrée des femmes et jeunes politiques et de la société civile dans les institutions, tout en tenant compte des compétences pour atteindre le développement de la RDC.

Pour Me Pélagie Ebeka, l'heure est venue de déployer tous les efforts pour faire sauter le verrou qui existe à ce jour sur le plan électif. Notamment, l'arrêt des principes de la Cour Suprême de Justice faisant fonction de la Cour Constitutionnelle qui avait décidé en 2014 que recourir au quota était anticonstitutionnel.

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