28 Mai 2019

Cote d'Ivoire: Hamed Bakayoko - "Ne nous dispersons pas. le président Ouattara n'a chassé personne"

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Initié depuis quelques années, le Mega Qadr du Woroba était à sa quatrième édition les 25 et 26 mai 2019. C'est la ville de Kani qui a accueilli la cérémonie placée sous le haut patronage d'Amadou Soumahoro, président de l'Assemblée nationale et le parrainage d'Hamed Bakayoko, ministre d'Etat, ministre de la Défense.

Au domicile du doyen des cadres du Woroba, Meïté Yaya, par ailleurs maire de la commune, le ministre d'Etat n'a pas usé de la langue de bois pour dire ses vérités aux cadres et populations des trois régions du Woroba (Bafing, Béré et Worodougou) et au-delà à toute la Côte d'Ivoire.

Ci-dessous, le discours d'Hamed Bakayoko.

"Cette année, nous sommes à Kani et l'année prochaine nous allons nous retrouver dans le Bafing à Koro. Cela me donne l'opportunité de remercier tous les cadres qui ont permis cela. Ils ont mis de leur temps et de leur énergie, particulièrement notre frère Bakayoko Ibrahim, qui a donné beaucoup pour qu'on se retrouve ici.

Je suis très heureux de voir qu'on est accompagné par nos chefs de terre, de cantons, de village et de communautés, nos sages, nos parents et du soutien spirituel de nos chefs imams.

L'esprit de cette rencontre, au-delà de nous retrouver pour prier pendant ce mois de ramadan pour nous-mêmes, notre région, nos parents, c'est la fraternité, les retrouvailles, l'amitié, l'amour afin que chacun de nous prenne l'énergie pour progresser.

C'est un moment de resourcement. Je pense qu'au fur et à mesure, les organisateurs doivent ajouter au côté spirituel, le ressourcement traditionnel en y associant nos familles pour que ces rendez-vous soient de grands rassemblements de notre grande région. Je suis très fier de ce que nous avons commencé à construire.

Surtout que cela jette les bases d'un avenir encore plus prometteur pour le bonheur des cadres qui portent l'avenir de la région, pour le bonheur des imams, des chefs et de toutes les populations.

J'ai entendu tous vos messages et je veux, avant d'aller plus loin, qu'ensemble nous puissions rendre un grand hommage au président de la République, Son excellence, Alassane Ouattara. Que nous puissions lui exprimer notre reconnaissance et notre gratitude.

Chacun de nous sait que depuis son avènement au pouvoir des choses importantes et inimaginables ont été faites dans notre région. Dieu lui-même nous enseigne la reconnaissance. Nous devons être reconnaissants.

La dernière chose en date pour laquelle je voudrais que nous lui traduisions notre profonde gratitude est la désignation et l'élection d'un fils de notre région à la présidence du deuxième pouvoir de l'Etat, le pouvoir législatif, le président Amadou Soumahoro. Nous devons nous mobiliser singulièrement pour lui dire merci pour cela.

Ce que je veux que chacun retienne, c'est qu'une telle fierté doit rejaillir sur nous. Chacun de nous doit transcender toutes les petites querelles pour voir l'intérêt de la région. Nous devons apporter au président Amadou Soumahoro tout le soutien nécessaire afin qu'il réussisse sa mission.

Parce que c'est l'honneur de la région qui sera mis en exergue s'il réussit sa mission. Je sais que ça n'a pas été facile. Il y a eu beaucoup de dissensions autour des élections dans la région. Mais nous devons dépasser ces dissensions. Je peux vous dire qu'étant assis à l'Assemblée nationale quand on le portait au perchoir, j'étais fier et je pensais à la région et à nos parents.

Dans sa position aujourd'hui, il va travailler pour le pays et cette position va lui permettre d'aider les enfants de la région, de contribuer à faire accélérer tous les projets de notre région. C'est une position importante. Je sais que certains n'ont pas toujours eu de bonnes relations.

Mais, au nom de la région, on doit être capable d'un niveau d'élévation et de dépassement. Malheureusement, beaucoup de choses nous ont mis en retard. Dès que quelqu'un avance, au lieu de le soutenir, on le jalouse et on le déteste. Nous sommes des enfants d'hommes pieux.

En tant que tels, nos cœurs doivent être remplis de joie quand un de nos frères est promu. Parce que c'est la région. Ici on est entre nous. A Abidjan nous nous battons chacun pour voir sa région avancer. Quand on va au niveau mondial, chacun se bat pour que son pays avance.

C'est un réflexe humain. J'invite donc tous les cadres à lui apporter leur soutien, tous les imams à lui apporter leurs bénédictions.

Je pense qu'on saura trouver avec l'aide des présidents des régions une occasion pour rendre hommage au président de la République et apporter le soutien de tout le grand district du Woroba à Amadou Soumahoro.

Chacun a son destin et nous devons croire à notre destin. C'est très important dans l'histoire qu'à un moment donné un fils de votre terroir ait brillamment réussi dans ses charges.

La deuxième chose que je voulais dire, c'est que nous allons continuer à travailler pour que nous ayons notre part dans le pouvoir du RHDP, le pouvoir du président Alassane Ouattara, car notre contribution est importante et a été importante.

En même temps, nous devons lui dire merci pour les nominations de nos fils à des grands postes de responsabilités. Je demande à tous les cadres d'aider les jeunes, nos parents.

Quand vous faites ça, vous avez les bénédictions de vos ancêtres qui vous accompagnent. J'étais hier au ministère de l'Intérieur, on a fait ce qu'on pouvait faire.

Aujourd'hui, je suis à la Défense pour la stabilité du pays. Je veux que vous sachiez qu'il est important d'être unis pour booster le développement de notre région. La route Kani-Boundiali, c'est fait.

Mais, il faut la réhabilitation de l'axe Séguéla-Daloa. La route Séguéla-Makono va commencer bientôt. Le contrat est déjà signé. Les études sont en cours pour le bitumage des routes Séguéla-Touba, Séguéla-Man... C'est important.

L'aéroport de Séguéla est en chantier, dans quatre mois maximum cinq mois, l'aéroport moderne sera livré. Dès que l'aéroport est livré, nous sommes en discussion avec Air Côte d' Ivoire pour qu'il y ait une desserte sur Séguéla.

Donc les cadres pourront, vendredi, prendre l'avion venir voir les parents et retourner dimanche. Donc ces projets sont importants, mais je suis d'accord qu'il faut aller plus loin parce que la demande est forte.

Nous les cadres nous devons être solidaires, chacun a son niveau doit faire quelque chose. Que ce ne soit pas seulement l'affaire du ministre Hamed Bakayoko et du président Amadou Soumahoro.

Chacun doit contribuer au développement de Séguéla. Je vois autour de vous des jeunes cadres de la région aidés pour leur promotion. On ne vous demande pas de prendre la totalité des charges de vos parents, mais s'il y a des jeunes compétents vous devez les aider. Parce que les parents le disent : " les jeunes ont des diplômes et ils n'ont pas de travail".

Vous les cadres, chacun à son niveau, vous devez, dans la mesure du possible, aider vos jeunes frères diplômés. Ainsi donc j'exhorte les cadres à mettre en place une petite faitière de financement des projets. Nous avons des cadres compétents pour organiser cela. Nous allons faire appel à des cadres qui sont spécialistes des finances.

Parce que avant la banque, il y a la micro-finance et entre la banque et la micro finance, il y a la méso-finance, c'est une petite banque intermédiaire pour accompagner les porteurs de projet de deux façons, par un financement efficient, et aussi par un savoir-faire.

Ce qui va permettre à celui qui reçoit les fonds d'acquérir la maitrise d'une bonne gestion de ces fonds, donc avec le comité d'organisation, les présidents de conseils, je vais lancer cette méso-finance qui sera dotée d'un fonds de garantie pour nous permettre de lever des fonds. Je veux que ce fonds garanti soit doté d'un montant de 200 millions.

Que chaque cadre prenne des parts. Moi-même pour le démarrage de fonds, je fais un apport de 100 millions. Je souhaite que les autres cadres se partagent le reste, les 100 autres millions. Ensuite je veux que le comité de veille que vous avez suggéré, soit très efficace.

Ce comité de veille devra s'approprier le programme social du gouvernement et nous faire des suggestions après analyse des différents programmes étatiques, pour que nous puissions interpeler nos collègues ministres sur les déséquilibres à combler dans notre district.

Je suis d'accord aussi qu'il est temps que notre amicale, notre association fraternelle ait un cadre formel. Avec tout ce que nous avons décliné, nous allons en appeler à l'union des cadres.

Croyez-moi, c'est cela la base du développement. Si on est unis, nous allons aller de l'avant. On pourra aider les jeunes. Enfin, je voudrais dire quelques mots sur l'actualité politique. Nous devons tout faire pour rester unis ici. Et unis derrière le président Alassane Ouattara. C'est la porte de notre bonheur, il est à notre écoute.

Et nous sommes près de lui. Même si certains estiment que tout n'est pas réglé, vous conviendrez avec moi que tout ne peut pas se régler en quelques jours, en quelques années.

Il faut du temps pour combler le retard, mais les anciens nous disent que dans la vie sociétale il faut avoir des repères. L'un de ces repères, c'est votre père biologique.

Notre région doit marquer sa particularité, on a toujours été un bloc. Ne nous dispersons pas. Le président Ouattara n'a chassé personne. Il a analysé tout ce qui ce passe dans le pays, la guerre, les coups d'Etat, les divisions, l'exclusion de certaines régions, le reflexe tribal et identitaire.

Pour corriger ces problèmes, il faut un grand rassemblement de tous les Ivoiriens, un rassemblement qui dépasse nos ethnies, nos régions et nos religions. A l'intérieur de ce grand rassemblement, la Côte d'Ivorie sera stable. Ce rassemblement sera la colonne vertébrale de la stabilité de la Côte d'Ivoire.

Et dès qu'il y a la stabilité, le progrès suit et les investisseurs arrivent. Tous les experts du monde, de la Banque mondiale, du FMI disent que si le pays reste stable comme il l'est depuis ces dernières années, alors tous les ans, c'est plus d'écoles, plus de routes, plus d'hôpitaux, plus d'emplois... C'est cela son problème. Ce n'est pas une question d'individus.

Quand le chef dit que c'est cela son chemin, parce que c'est quelqu'un qui a l'expérience du développement, il faut le suivre. Avec les problèmes d'ambition personnelle, on se déchire. Si on commence par les problèmes de successions, on se déchire. Tous les problèmes du monde, surtout en Afrique, c'est autour des élections.

Et quand cela n'est pas maitrisé, c'est des gens qui meurent et il y a la souffrance sur de longues périodes. On est obligé de venir rattraper le développement en combattant la pauvreté. Le chef a dit de faire un grand rassemblement autour de quelqu'un qui a été le fédérateur des Ivoiriens, le père fondateur Félix Houphouët-Boigny. Avec ce rassemblement, on est sûr qu'on est stable et en paix.

C'est ce qu'il a demandé à chacun. Il a partagé. Mais il y en a qui refusent et qui ne veulent pas de ce chemin. Est-ce qu'on t'a chassé ? Personne ne t'a chassé. C'est mon cas. Beaucoup de personnes me disent : « Hamed, tu es aimé par tes parents. Les jeunes t'aiment. Il faut faire comme ça ». Mais je l'ai dit. Je suis discipliné. Je regarde mes parents.

Si je m'engage dans une ambition personnelle, aventurière, et que ça ne marche pas, qui va payer le prix ? C'est mes parents.

Mais on est ensemble avec le président ADO. Parce qu'on peut te blaguer et tu vas penser que c'est toi le fort. Malgré la puissance d'Alassane Ouattara, il a fallu tous les cadres autour de lui pour qu'on y arrive. Vous devez dire non à tout ce qui peut vous diviser.

Les Imams, les chefs et tout le monde doivent parler un même langage. S'ils viennent vous voir pour les bénédictions, il faut être clair. Dites-leur de retourner dans la maison de la paix, de la stabilité et du développement. Chacun peut avoir des ambitions, mais c'est le destin qui décide.

Est-ce que mon aîné Amadou Soumahoro pensait, en début d'année, qu'il allait être le président de l'Assemblée nationale ? Il y a eu des circonstances et des événements. Et le président Ouattara a dit que c'est lui (Amadou Soumahoro) qui devrait être le président de l'Assemblée nationale, car c'est le chef du parti qui propose. En plus, il a géré le groupe parlementaire.

Mais à cause d'un certain équilibre, le président Ouattara a dit non et a demandé à Soumahoro d'attendre. En réalité, ce n'était pas son tour. Il a attendu. Il a traversé des moments difficiles. Il a quitté le gouvernement pendant 10 ans. Mais est-ce qu'il est venu vous dire qu'il a été chassé ? Aujourd'hui, il a eu la possibilité. Le président Ouattara appelle tous les enfants de la Côte d'Ivoire.

Il n'y a pas un seul qu'il a rejeté. Il a montré un chemin. Mais si tu dis que tu n'empruntes pas ce chemin, qu'est-ce qu'on peut faire ? Comment tu peux penser que toi seul tu vas réussir sans les autres. Si avec le grand ADO, Dga du FMI, qui a fédéré toutes les régions, on a peiné pour y arriver, toi seul au milieu des autres, tu vas faire comment ? Ne laissez pas nos frères se laisser distraire.

Le maraboutisme et le charlatanisme, c'est vrai. Mais en politique, il y a des normes et des pratiques rationnelles. N'encouragez pas cela. On a eu ce problème avec notre frère Issiaka, Dg de la LONACI, qui pouvait aider nos jeunes. Mais, il dit qu'il ne suit pas celui qui l'a mis à ce poste.

Est-ce qu' un autre cadre de Séguéla a eu le poste ? Non, c'est nous qui avons perdu. L'égoïsme et l'intérêt personnel ont pris le pas sur la région. Je vous en supplie, chers chefs de communauté et imams, on est sur le chemin du président Alassane Ouattara. Et ce qu'il veut, c'est que nous soyons au RHDP. Si on est ensemble, on est plus fort. En matière de religion, Dieu envoie à chaque peuple un guide.

Et pour le moment, c'est lui que Dieu a envoyé pour la Côte d'Ivoire. Nous le suivons et nous travaillons pour vous. Vous devez nous suivre. Même si ton ambition personnelle t'envoie au sommet seul, que peux-tu faire ? Il faut être patient. Il faut attendre ton moment. C'est demain qui compte.  Nous sommes tous de passage. Il n'y a personne qui va rester sur cette terre.

Notre vie sera un jour racontée. Cela doit nous donner un peu d'humilité. On n'est pas tous obligé d'être des chefs. Le plus important, c'est d'avoir des repères. Et notre repère aujourd'hui, c'est notre région et nos parents. De notre position, on doit vous aider.

Si on ne le fait pas, vous devez nous interpeller. Si ça ne descend pas, on va demander aux cadres de faire descendre. Le président m'a demandé de partir à Abobo. Mais ce n'est pas Hamed Bakayoko, c'est la solidarité. Amadou Gon qui est de Korhogo a dit qu'il me soutient. Dès qu'il est parti d'Abobo, le chef de la communauté sénoufo m'a promis le soutien de tous les ressortissants de Korhogo. Quand on est ensemble, c'est plus facile. »

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