Burkina Faso: Difficile d'exercer sa foi au pays

Après des musulmans, ce sont des chrétiens qui ont récemment été exécutés par des groupes armés non identifiés au Burkina. Malgré l'insécurité, les fidèles restent tout de même déterminés à exercer leur foi.

Un dimanche à la paroisse christ Roi de Pissy à Ouagadougou. Ils sont nombreux les fidèles dans cette Eglise à se recueillir et à prier en dépit de la menace terroriste dans le pays.

L'exécution récente des chrétiens par des terroristes n'affecte pas leur foi ; même si le sentiment de peur reste relativement présent dans leur esprit.

"Pour venir à l'église actuellement on hésite. A cause de cela, beaucoup de fidèles ne viennent plus à l'Eglise. Mais moi particulièrement dès que j'y mets les pieds, j'ai confiance et je prie mon Dieu", a estimé la chrétienne catholique.

Pour un autre fidèle : "On prie aussi pour la conversion de ces gens", avant que son voisin n'ajoute : "Dieu est avec nous. Si c'est sa volonté de laisser les ennemis venir tuer ses fidèles, il n'y a pas de problème."

Leaders réligieux ciblés

L'abbé Etienne Kaboré est partisan d'une nouvelle forme de résilience pour la sécurité des fidèles. La peur ne devrait pas justifier une désertion des Eglises selon lui.

"Même dans les maisons ; si on veut attaquer quelqu'un là où il se croit cacher, on peut le trouver et l'attaquer. Il vaut mieux que tout se passe devant le seigneur. On a peur mais avec le christ on avance. On va se rassembler toujours pour prier. Je pense que le coran et la bible, paroles de Dieu, invitent à l'amour, invitent à valoriser la vie qui est un don de Dieu."

Les leaders religieux sont des remparts contre le terrorisme de l'avis de l'imam Ismaël Tiendrebeogo. Il estime que l'Etat leur doit de ce fait, protection.

"Effectivement on a eu une dizaine d'imans qui ont été tués, deux pasteurs, un prête, un pasteur et un catéchiste. Ça veut dire qu'il y a un ciblage précis des leaders religieux. Finalement nous sommes perçus comme un rempart par rapport à ce qui se fait puisque nous communiquons autour de la question. Nous donnons le point de vue des religions. Souvent, ça peut être des éléments qui ne plaisent pas toujours. Je pense que c'est à l'Etat de veiller à ce que les leaders religieux soient en sécurité."

C'est bientôt le ramadan. Musulmans et chefs religieux chrétiens se retrouveront une fois de plus à la place de la nation pour témoigner leur solidarité dans la foi.

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