29 Mai 2019

Afrique: L'UA appelle les acteurs externes à ne pas intervenir au Soudan

Addis — ABEBA, 29 mai (TAP) - L'Union africaine (UA) a appelé mercredi à une solution interne rapide à la crise actuelle au Soudan sur la base du respect de la volonté et des aspirations du peuple soudanais.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, dans un communiqué suivant une récente rencontre, a appelé mercredi tous les acteurs externes à ne pas s'ingérer dans le pays afin de ne pas compliquer la situation politique incertaine au Soudan.

Il a également rappelé "les aspirations légitimes du peuple soudanais à l'ouverture de l'espace politique en vue de pouvoir désigner et choisir démocratiquement les institutions qui sont représentatives et respectueuses des libertés et des droits de l'Homme" rapporte l'agence de presse APS.

Le CPS a aussi exhorté les parties prenantes "à privilégier l'intérêt suprême de leur pays avant toute autre considération", appelant notamment l'armée soudanaise et les parties prenantes civiles "à continuer de travailler ensemble vers une solution de consensus à la crise actuelle".

Rappelant la condamnation et le rejet total de l'UA de toutes formes de modifications inconstitutionnelles du gouvernement, le CPS a également loué les progrès accomplis jusqu'ici dans la recherche d'une solution à la crise constitutionnelle au Soudan.

Le conseil a notamment salué l'accord conclu sur la durée du processus de transition, ses institutions et ses priorités, tout en réaffirmant que "l'objectif ultime du processus est de mettre en place une transition inclusive menée par les civils, comme exigé par le conseil de l'UA".

L'UA a précédemment souligné que la solution aux défis du Soudan "devrait être forgée au sein d'un processus mené par les Africains et basée sur les décisions des organes politiques concernés de l'UA en collaboration avec la région".

Mercredi, les Soudanais ont entamé leur deuxième jour de grève générale à l'appel des meneurs de la contestation après l'impasse dans les négociations avec le Conseil militaire de transition au pouvoir depuis la destitution du président Omar al-Bachir.

Mercredi matin, l'aéroport de la capitale Khartoum a commencé à reprendre ses activités malgré le maintien de la suspension des vols des compagnies soudanaises Badr, Tarco et Nova. La veille, de nombreux employés avaient marqué un arrêt de travail.

Au principal terminal de bus de la ville, nombre de voyageurs coincés tentent mercredi de trouver un moyen de transport privé pour rejoindre leur destination, les employés des compagnies de bus ayant décidé de maintenir leur grève.

"C'est la deuxième fois en deux jours que je viens au terminal avec ma famille", se désespère Mohamed al-Amin, qui souhaite se rendre dans l'Etat du Kassala (est). "J'essaye de louer une voiture avec d'autres passagers", a-t-il dit.

Plusieurs journaux n'ont pas pu imprimer leur édition. "Mon journal ne fait pas grève mais nous ne pouvons pas l'imprimer car les techniciens" la font, a écrit sur son compte Twitter Al-Hindi Ezzeddine, propriétaire du journal Al-Mjhar.

Face à l'impasse des négociations avec les militaires qui ont pris le pouvoir après la destitution du président al-Bachir le 11 avril, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a appelé à une "grève générale" de deux jours à partir de mardi.

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