Angola: Le sommet de N'Sele aborde l'inefficacité de la CIRGL

Kinshasa — Le mini-sommet tripartite de vendredi à N'Sele (Kinshasa), réunissant les Chefs d'État d'Angola, de la République Démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda, a examiné la nécessité de rendre efficace la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), en vue de la résolution des problèmes régionaux.

Selon le ministre angolais des Relations Extérieures, Manuel Augusto, qui s'adressait à la presse angolaise au terme de la réunion, cette organisation sous-régionale n'a pas la dynamique attendue, en particulier après l'évolution des processus politiques dans certains pays de la région.

Raison pour laquelle, a expliqué le diplomate angolais, le mini-sommet tripartite entre les Présidents João Lourenço, Paul Kagamé et Felix Tshisekedi a donc décidé de réorganiser l'organisation en une plate-forme idéale pour résoudre les problèmes et les conflits affectant la région des Grands Lacs.

Il a rappelé que par le passé, la CIRGL avait déjà montré une dynamique qui en faisait un "partenaire incontournable, même vis-à-vis des autres acteurs internationaux".

La notion de revitalisation de la CIRGL découle du fait qu'"il n'y a pas d'élan nécessaire, d'autant plus que certains processus politiques de la région ont évolué (...) et que la présence et la dynamique de la CIRGL ne sont pas vraiment ressenties", a-t-il déclaré. Selon le responsable de la diplomatie angolaise, l'intention n'est pas de remplacer qui que ce soit mais d'aider l'organisation et sa présidence à être plus présentes ", afin que les situations déjà gagnées ne soient pas perdues et que nous ne soyons pas obligés de tout recommencer".

Il a évoqué le cas de la RDC, qui a maintenant un nouveau Président de la République élu et espère avoir un nouveau gouvernement prochainement, à la suite des élections générales du 30 décembre.

Manuel Augusto a dit qu'après avoir examiné la situation en matière de sécurité dans la région, la réunion de N'Sele a constaté qu'il subsistait des situations préoccupantes dans certains pays, principalement en RDC.

"La grande préoccupation aujourd'hui concerne le rôle de certaines forces rebelles, caractéristiques des forces étrangères agissant depuis le territoire de la RDC, contre la RDC elle-même, ainsi que contre le Rwanda", a-t-il expliqué.

En ce sens, a-t-il dit, l'ADF (Alliance des forces démocratiques) a été identifiée comme l'un des groupes les plus dangereux actuellement, car elle a formé une alliance avec l'État islamique et s'est radicalisée, créant ainsi un nouvel élément dans la situation de la RDC.

L'Alliance des forces démocratiques (ADF) est un mouvement rebelle ougandais qui opère dans la zone frontalière entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo.

Au sujet des tensions politiques actuelles entre le Rwanda et l'Ouganda, le diplomate angolais a indiqué que les trois présidents réunis à N'Sele s'étaient engagés à tout faire pour aider à changer cet environnement et que certaines initiatives sont déjà en cours pour atteindre cet objectif.

Créée en 2000 pour promouvoir la paix et le développement économique dans la région, la CIRGL regroupe 12 pays, notamment l'Angola, le Burundi, le Congo-Brazzaville, le Kenya, la République centrafricaine, la RDC, le Rwanda, le Soudan et le Sud-Soudan, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.

Elle est actuellement présidée par le Congo-Brazzaville depuis 2017, après la présidence angolaise pour deux mandats consécutifs à compter de 2014.

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