Sénégal: Matam / Comité régional de développement - Academie et acteurs de l'école diagnostiquent le système

Les acteurs de l'éducation de la région de Matam, en comité régional de développement, se sont employés à passer en revue l'ensemble des questions liées au secteur sous l'autorité du gouverneur de région, chargé du développement. Alors que des performances sont enregistrées dans la mise en œuvre du Programme d'amélioration de la qualité, de l'équité et de la transparence (PAQUET) au niveau des programmes, celui du développement intégré de la petite enfance peine à jouir d'un développement harmonieux. En l'absence d'initiatives adéquates, c'est surtout la faiblesse du nombre d'éducateurs et des structures d'accueil, corrélée au manque d'implication des collectivités territoriales qui freine les ambitions.

Pour l'année 2018, ce sont surtout les programmes de l'enseignement moyen général et le secondaire qui ont engrangé des avancées au niveau du bilan des indicateurs d'efficacité interne et celui de l'accès. Selon les statistiques fournies par l'académie, au niveau de l'enseignement moyen général où le taux d'achèvement s'est révélé en dessous des objectifs visés (24%), une progression a été tout de même obtenue par rapport à l'année 2017, passant de 23,30% en 2018 contre 22,28%. Le taux de survie en fin de cycle moyen a connu une avancée significative avec une progression de 11,3 points par rapport à l'objectif qui était planifié à 53 %.

Sur ce registre, l'évolution des indicateurs d'efficacité interne montre que des progrès ont été réalisés au niveau des résultats scolaires avec un taux d'admission au BFEM qui s'est établi à 69,3 % pour une prévision fixée à 69 %. Une performance de taille pour l'académie qui contraste de loin avec le faible taux de 48,44 % obtenu au CFEE 2018 contre 53,63%, engrangé en 2017 ? En plus, selon les informations issues de la présentation, « des baisses ont été observées au niveau des taux de redoublement et d'abandon qui sont passés respectivement de 24,6% à 19,3% et de 13,6% à 8,4% entre 2017 et 2018 ». En ce qui concerne l'accès, « le TBS du moyen a aussi connu une évolution positive par rapport à 2017 où il est passé de 34,69 % à 35 % ». Le taux de transition du CM2 vers la sixième a, quant à lui, augmenté de 5,4% en 2018 alors qu'il était de 55,21 % en 2017.

Au niveau de l'enseignement secondaire général, on rapporte que le taux de survie en fin du cycle secondaire est passé de 69,3% en 2017 à 87,2% en 2018. Durant cette année, les résultats du BAC ont connu aussi un léger accroissement de 0,4 point passant de 41,05 % en 2017 à 42,4% en 2018 dépassant du coup la moyenne nationale qui se situe à 35,16% de 7,24 points. Durant l'année scolaire 2018, d'après les données fournies par l'académie, le taux de transition en seconde (56,2%) supérieur à celui de 2017 (54,81%), a dépassé l'objectif fixé à 55 %, de 1,2 point. Durant la même période, la part des élèves orientés en seconde scientifique a aussi augmenté de 4 points passant de 17,36% à 21,8 %. De l'avis de l'inspecteur d'académie, « ce sont là des acquis qu'il faudrait pourtant consolider à cause des perpétuels changements de séries de la seconde scientifique vers les premières littéraires ».

Le préscolaire ne se développe pas

Durant ce comité régional de développement qui reste un moment de dialogue technique mais aussi politique social et communautaire, les statistiques présentées par l'autorité académique en ce qui concerne le préscolaire, montrent qu'il reste encore du chemin à parcourir pour un réel développement intégré de la petite enfance. Durant l'année scolaire 2018, aucun éducateur n'a reçu de formation dans le cadre du curriculum de l'éducation de base, face à un objectif qui ciblait pourtant quarante-cinq pour cent (45%) de l'effectif enseignant. Pour l'académie, « ce manque de renforcement des capacités des éducateurs a péjoré l'amélioration des performances et la prise en charge adéquate des tout-petits qui disposent toutefois dans le cadre de leur travail de cahiers d'activités qui participent au développement de leur capacité ».

En 2018, le taux brut de préscolarisation (TBPS) s'est établi à 8,1% face à un objectif formulé à 12 %, au moment où le niveau national se situe à 17,8 %. Le taux de préscolarisation qui a accusé une régression de 0,88 points par rapport à 2017 où il était de 8,98 % place ainsi la région de Matam à la queue du peloton. De l'appréciation des autorités de l'éducation, « cette situation s'explique par la fermeture de 2 cases des tout-petits et de 2 classes préscolaires à l'élémentaire du fait de la mutation des maîtres et de la faible participation des communautés et des partenaires ». Un paradoxe ! Car en l'absence de toutes initiatives locales allant dans le sens de la promotion de l'accès avec la construction de nouvelles structures d'accueil, « l'existant s'amenuise avec la fermeture des structures existantes et le personnel est redéployé au niveau de l'élémentaire pour contrer un déficit de plus en plus dramatique ».

Toutefois, au regard du faible taux de préscolarisation, l'académie de Matam qui ambitionne de lutter contre la déperdition du sous-secteur privilégie l'ouverture de structures communautaires avec l'appui des collectivités territoriales et des communautés, conformément à la directive présidentielle issue des assises nationales. Ce qui devrait se traduire « par une diversification de l'offre, la participation des collectivités territoriales, des communautés, des partenaires et une responsabilisation de tous les acteurs qui développent des initiatives dans ce domaine ». Tout un plaidoyer pour une promotion des initiatives communautaires afin de contribuer à une progression notable du taux brut de préscolarisation qui reste de loin tributaire d'une dotation suffisante en maîtres pour une bonne généralisation de la prise en charge de la petite enfance.

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