Sénégal: Thierno Alassane Sall sur la situation économique du Sénégal - «Le FMI et la BM ont obtenu du gouvernement de réaliser un ajustement structurel après les élections»

Le Sénégal va vers un ajustement structurel. C'est la révélation du leader de la République des valeurs, Thierno Alassane Sall, lors de l'émission Objection de la radio Sud Fm, du dimanche 2 juin. Selon l'ancien ministre de Macky Sall, les institutions financières internationales ont obtenu du Sénégal un ajustement structurel, après la présidentielle. Ce qui expliquerait, à son avis, le dialogue initié par le chef de l'Etat.

Les révélations sur la situation économique «catastrophique» du pays se succèdent. Après Ousmane Sonko, leader de Pastef/les Patriotes, qui révèle que le dialogue initié par le chef de l'Etat, Macky Sall chercherait à maquiller un gap budgétaire de «plus de 100 milliards FCFA», qui risque d'être porté à «345 milliards FCFA», s'il n'est résorbé, c'est au tour de leader de la République des valeurs, de tirer la sonnette d'alarme. Invité à l'émission politique Objection de la radio privée Sud Fm du dimanche 2 juin, Thierno Alassane Sall a donné les «vraies raisons» du dialogue national lancé par le régime. A l'en croire, «Macky Sall a mis le pays dans une situation économique désastreuse».

Corsant la note beaucoup plus que son camarade de l'opposition, il dira que «pour les chiffres officiels disponibles, le déficit budgétaire du premier trimestre 2019, à savoir mars 2019, était de 458 milliards par rapport à 144 milliards en mars 2018». Ce qui voudrait dire, selon lui, que «sur les 3 prochains trimestres vers lesquels on va, il va falloir faire un effort de rattrapage pour rester dans les 3 et 3,5% de déficit que l'Etat du Sénégal s'est engagé à respecter avec les institutions internationales, notamment le Fmi et la Banque mondiale». Ne s'en limitant pas là, Thierno Alassane Sall (Tas) indiquera «qu'en 2018, la dette publique a augmenté de près de 1200 milliards de francs CFA pour atteindre 8400 milliards de francs CFA en fin 2018. Aujourd'hui, rien que pour payer la dette, chaque année nous devons consacrer 1000 milliards de F CFA».

Suffisant alors pour se mettre à dos les institutions internationales. De l'avis de l'invité de Baye Omar Guèye, «le Sénégal va vers un ajustement structurel». Se voulant plus clair, Tas révélera que d'après ses sources, «le Fmi et la Banque mondiale ont obtenu du gouvernement de réaliser un ajustement structurel après les élections». D'où, selon lui, cette disponibilité du président Macky Sall de dialoguer.

En réalité, de l'avis de l'ancien ministre, les vraies raisons des concertations initiées par le régime sont à chercher ailleurs. «Macky Sall ne veut pas réaliser cet ajustement structurel sans que le front politique et le front social ne se calment», a-t-il justifié. Ainsi donc, il reste catégorique, qu'à l'image des élections de «1988, 1993 etc., on va vers des ajustements». Par conséquent, il ne faudra pas compter sur la République des valeurs pour prendre part à ce dialogue national. Car, Tas dit clairement qu'il ne participera pas à «un dialogue organisé par Macky Sall pour sortir le pays dans la situation dans laquelle il l'a mis».

Sur les causes de ce déficit, même s'il admet qu'il y a «une contribution assez importante des dépenses en investissement», il pense tout de même que «les charges d'intérêt sur la dette ont augmenté de 54%. Aujourd'hui, on a payé au premier trimestre 2019, 116 milliards à cause de l'échéance de l'Euro bond de 2011». Pis, confie-t-il, «la masse salariale a augmenté aussi de 16%. Pour ce qui est de la Poste, les effectifs ont doublé entre 2012 et 2019».

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