Cote d'Ivoire: Embellissement - A Koumassi, le relookage a déjà commencé

« Je veux que ce soit Cocody qui cherche à devenir comme Koumassi. Je veux qu'on se compare à nous. Je vous le dis, tout est possible. Maintenant, s'il y a des gens ici qui doutent, c'est leur affaire (... )», dixit Cissé Bacongo. C'était le 25 mars 2019, lors du lancement des travaux d'assainissement et de bitumage de la voirie à Koumassi.

Koumassi, mieux que Cocody ! Quelle gageure ! « Les gens s'étonnent parce qu'ils regardent les immeubles de Cocody. Or, le maire parle ainsi au regard du cadre de vie qu'il compte donner à sa commune », explique son directeur de cabinet, Guy Charles Wayoro.

Ce cadre de vie qui « sera envié par Cocody » sortira du Programme d'assainissement et d'aménagement qui est déjà dans sa phase active. Des chantiers de construction ont cours à maints endroits de la commune. Il s'agit, à terme, de faire de Koumassi, une cité organisée.

Les commerçants et les artisans, qui hantent les villes de Côte d'Ivoire, ont été tous déguerpis des abords des rues et tout autre domaine public. La mairie est en train de réaliser, pour eux, de nouveaux sites d'accueil, tous dédiés. « Désormais à Koumassi, ce sont des sites à thème que vous aurez », fait remarquer le directeur de cabinet appuyé par le directeur de la Communication, Dembélé Aboubacar.

Au boulevard Camp Commando-Zone Industrielle, des magasins en bande sont en construction sur la droite. Dans le dos du dépôt Sotra, à droite, il y a un grand marché dont les hangars sont déjà au stade de la toiture. Sur l'ancien site de la station-service Texaco, non loin du marché Djê Konan, des box destinés aux vendeurs de téléphones sont en construction. Ces derniers encombraient, depuis très longtemps, une bretelle du boulevard Giscard d'Estaing.

A l'instar des vendeurs de téléphones, tous les commerçants et artisans déguerpis seront réinstallés sur les sites en construction et ceux à venir. « Le maire y tient », insiste le directeur de cabinet.

Les vendeurs de bois, les quincailleries, les mécaniciens, les ferrailleurs, la gare des taxis et même les grands transports vont sortir des quartiers pour être relogés dans des cadres bien aménagés et biens sécurisés.

Parallèlement aux travaux de construction des sites dédiés, ceux de l'embellissement de la commune sont en cours. Sur les boulevards Camp Commando-Zone industrielle et Camp Commando-Hôpital général, la pose de pavés a déjà commencé. S'en suivra un planting d'arbres digne de ce qui se fait en ce moment à Cocody.

« Les grandes artères de Koumassi seront un vrai régal », assure Charles Wayoro. A ce sujet, il est prévu un jet d'eau de plus de 17 mètres de haut au carrefour Kaïra. Ce sera une vraie attraction, se vante-on à la mairie.

Mais la plus grande attraction de la commune est, sans conteste, le futur aménagement du grand espace N'Challah. « Ce sera la vitrine de Koumassi », se réjouit le directeur de cabinet. Un mall, des restaurants, des airs de jeux et de loisir y prendront place.

Au commencement de l'action d'assainissement et d'aménagement du cadre de vie du maire, était l'opération de libération des alentours des structures publiques, notamment les établissements scolaires. Désormais, tout sera propre et beau autour des écoles publiques. L'exemple type qui fait office de projet pilote est l'école primaire Sogefiha située sur le boulevard de la ligne 11 Sotra.

Tous les vendeurs ont été dégagés, la clôture est désormais une belle grille en acier. La peinture des bâtiments est en réfection. Le plancher a été pavé. L'établissement est tout simplement beau.

En tout cas, partout à Koumassi, il semble qu'on tient à conjuguer le beau et l'utile.

Du bluff ?

Compte tenu de l'incivisme et de la grande tendance à l'anarchie qui prévalent en Côte d'Ivoire, encore que Koumassi est loin d'être un bel exemple en la matière, on est tenté de se demander si le défi de Cissé Bacongo n'est pas voué à l'échec.

Mais, en voyant comment les opérations sont conduites, on se dit « quelque chose se prépare à Abidjan ». Une petite révolution va peut-être venir de cette commune populaire située dans le sud de la capitale économique. On casse. On ramasse. Et on bâtit... immédiatement. C'est un bon signe.

Ça se voit, ce maire était prêt avant même de prendre les manettes du conseil municipal. A l'allure où vont les choses, il est aisé de comprendre que des contacts avaient été déjà pris avec les opérateurs économiques pour les contrats de Bot (construire, gérer et transférer à la mairie).

Tous les calculs, ou plutôt, toutes les études étaient prêtes. « Nous ne tenons pas compte de ce que nous perdons maintenant (taxes municipales), mais ce que nous gagnerons dans le futur », déclare le directeur de cabinet, Guy Charles Wayoro.

Caractéristiques importantes des travaux qui se déroulent à Koumassi, c'est le fait qu'en aucun cas les services techniques de la mairie ne se font accompagner par la police ou la gendarmerie.

Les déguerpissements et les démolitions se font sans résistance parce qu'il y a de la sensibilisation en amont, note Guy Charles Wayoro. « Tout le monde est informé de ce que nous voulons faire. C'est important, parce qu'il faut que la population comprenne et adhère au projet », dit-il.

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