Burkina Faso: La justice française valide l'extradition de François Compaoré

Photo: RFI
Blaise Compaoré, chef de l'Etat burkinabè.

La décision a été prise, le 4 juin, par la Cour de cassation, la plus haute juridiction judiciaire française, qui a rejeté le pourvoi du frère cadet de Blaise Compaoré, ex-président chassé par une insurrection populaire en 2014, après 27 ans de pouvoir.

En attendant l'extradition de l'intéressé, le gouvernement français doit prendre un décret pour la rendre effective. François Compaoré, âgé de 64 ans, est soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat de Norbert Zongo, un journaliste d'investigation indépendant très critique vis-à-vis du pouvoir de l'époque, dont la mort avait provoqué une crise politique. Il avait été arrêté à l'aéroport parisien Charles-de-Gaulle, en octobre 2017, en exécution d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

Après l'annonce de la décision, le ministre burkinabè de la Justice, René Bagoro, a salué une « victoire d'étape », estimant que « la présence de François Compaoré au Burkina est un élément important pour l'avancée du dossier Norbert Zongo ». Le ministre a ajouté:« Nous sommes sereins, nous restons optimistes en espérant que les autorités françaises vont certainement prendre rapidement ce décret afin que François Compaore soit remis à la justice burkinabè ».

Plusieurs personnes, dont le frère cadet du journaliste assassiné se sont également, félicitées de l'arrêt de la Cour de cassation française. « Cette décision de la justice française est salutaire. François Compaoré aura tout son temps pour faire tous les recours qu'il voudra (...). J'ai la conviction qu'il rentrera au Burkina Faso. Le peuple burkinabè aura toujours soif de justice dans l'affaire Norbert Zongo », a déclaré Robert Zongo.

Abdoulaye Diallo, directeur du centre de presse Norbert-Zongo, de son côté, a estimé que la décision rendue était « une étape importante dans le processus de justice pour Norbert Zongo parce que Francois Compaoré est le principal suspect en tant que commanditaire de l'assassinat ».

Norbert Zongo, journaliste d'investigation reconnu et directeur de l'hebdomadaire "L'Indépendant", avait été assassiné à l'âge de 49 ans, le 13 décembre 1998, avec trois de ses compagnons alors qu'il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Les quatre dépouilles avaient été découvertes calcinées dans une voiture. Il est l'auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré.

Le meurtre de Norbert Zongo, comme celui de l'ex-président burkinabè, Thomas Sankara, en 1987, garde une forte charge symbolique au Burkina Faso, où chaque année, le 13 décembre, des milliers de Burkinabè se rassemblent pour demander justice pour l'assassinat du journaliste.

Rappelons que le 5 décembre 2018, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris avait autorisé l'extradition de François Compaoré vers Ouagadougou, où le dossier Norbert Zongo, classé en 2003 après un non-lieu en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de Blaise Compaoré.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.