Burkina Faso: Irmine Fleury Ayihounton, jeune féministe - «J'ai cessé d'être une observatrice toujours choquée... »

Bloggeuse à l'obin-rin.com, présidente de l'association des jeunes volontaires pour la santé, et membre du réseau des jeunes féministes de l'Afrique de l'Ouest, Irmine Fleury Ayihounton est une béninoise. Pour elle, la femme « mérite mieux que des coups, des insultes et de l'humiliation ». Parcours d'une jeune défenseure des droits des femmes et des filles, rencontrée à Woman Deliver 2019 à Vancouver au Canada.

Irmine Fleury Ayihounton ne cache pas son féminisme. A son entendement, un féministe est sensible à la souffrance des femmes et s'engage à défendre au quotidien, les droits de celles-ci. A l'âge de 17 ans, elle était activiste pour les droits en santé de la reproduction. Car, arrivée à l'université, elle se sentait hors de son monde habituel et il faut s'intégrer dans les associations de jeunes. Et, c'est le début de son féminisme. Jeune, elle arpentait les plages de Cotonou pour sensibiliser ses pairs sur la sexualité et la nécessité d'adopter des comportements responsables.

Chemin faisant, elle intègre le groupe des jeunes influenceurs du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Benin. Dans ce groupe, elle travaille avec les leadeurs religieux et communautaires et les parents pour davantage améliorer la situation de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes.

Présidente des jeunes volontaires pour la santé du Bénin, secrétaire générale du réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders, membre du réseau des jeunes féministes de l'Afrique de l'Ouest, Irmine se consacre entièrement à la défense des droits des filles et des femmes. Son association des jeunes volontaires pour la santé a été créée en 2016 pour l'autonomisation des filles à travers des activités génératrices de revenus. Elle apporte aussi un appui psychologique et juridique aux femmes victimes de violences de tout genre.

En plus de militer dans les associations, elle crée en 2008 son propre blog. Elle multiplie les chances de pouvoir parvenir à ses objectifs. « J'avais envie de changer les choses, de cesser d'être une observatrice toujours choquée à une actrice de changement. Je veux contribuer effectivement à l'amélioration des conditions de vie des femmes au Benin et dans le monde. Quand je regarde autour de moi, je vois toutes ces femmes qui souffrent et au Benin 6/10 subissent des violences conjugales et je veux que ça change », assène-t-elle.

Elle se sert des réseaux sociaux, des outils numériques pour relayer les informations, interpeller le gouvernement et suivre les engagements en matière des droits des femmes. Les réseaux sociaux lui permet de porter haut et fort, la voix des sans voix afin d'interpeler les décideurs. Ainsi, elle raconte les histoires des victimes dans le but de montrer la souffrance des femmes à la face du monde et interpeller les consciences.

Présente à Vancouver dans le cadre du réseau des femmes féministes en Afrique de l'Ouest, une initiative de l'ONG Equilibres et Populations, elle travaille avec une trentaine de jeunes engagés membre dudit réseau. Elle participe activement à la conférence Women Deliver à travers sa présence dans des panels de discussions, des ateliers d'échanges, des activités de création et de partages d'expériences.

Les sujets phares qui fondent l'engagement des jeunes féministes soutenus de l'Afrique de l'Ouest par l'ONG Equilibre et Populations sont l'égalité entre les sexes, la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles. Irmine souhaite que cette conférence de Women Deliver déclenche la révolution féministe pour la concrétisation d'un monde ou l'égalité des sexes sera une réalité.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Sidwaya

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.