6 Juin 2019

Afrique: Immigration - Un rapport parlementaire dévoile le vrai coût des expulsions

En 2018, les expulsions d'étrangers en situation irrégulière ont coûté cinq cents millions d'euros à la France, selon un document de l'Assemblée nationale. Or, l'incitation volontaire coûterait six fois moins cher, par rapport au retour forcé.

Le nombre d'expulsions forcées n'a jamais été aussi élevé depuis dix ans, selon le texte des députés. Leur coût a été d'un demi-milliard d'euros en 2018, pour une enveloppe globale annuelle qui s'élève à 1,7 milliard euros, d'après la mission Asile-Immigration-Intégration.

Dans leur mission d'évaluation, les députés avaient un double objectif : contrôler l'action du gouvernement et identifier des leviers d'économie. Les députés Jean-Noël Barrot (MoDem) et Alexandre Holroyd (LREM) ont sollicité les ministères concernés (Intérieur, Justice, Quai d'Orsay, etc.) pour collecter les informations sur des retours aidés, c'est-à-dire consentis et accompagnés d'une aide financière, ou d'éloignements forcés, quand la personne est reconduite par des policiers ou des gendarmes.

Les expulsions forcées, très majoritaires (entre 70 et 80 % des raccompagnements), coûtent plus de six fois plus cher qu'un retour aidé dans le pays d'origine. En moyenne, treize mille huit cents euros contre deux mille cinq cents euros. Les pays européens sont nombreux à favoriser les retours aidés. Mais qu'en est-il de l'efficacité de ces derniers ?

Selon le rapport de 2016 de la Cour des comptes, avec l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, de nombreux Roms repartis dans ces deux pays avec une aide au retour humanitaire revenaient en France et faisaient parfois des allers-retours pour percevoir plusieurs fois l'allocation. Aujourd'hui, ce scénario n'est plus possible. Car les ressortissants des pays membres de l'Union européenne n'ont plus accès à l'aide au retour. Et cette aide ne peut être perçue qu'une seule fois.

Jean-Noël Barrot est favorable à ce dispositif qui "fonctionne de manière satisfaisante". Est-ce à dire qu'il faudrait multiplier les retours aidés, quitte à augmenter le montant de l'aide ?. Alexandre Holroyd répond avec une certaine prudence : " Notre travail était de fournir une estimation. Désormais, c'est une décision politique". Jean-Noël Barrot et Alexandre Holroyd n'excluent pas de déposer une proposition de résolution invitant le gouvernement à statuer.

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