7 Juin 2019

Sénégal: Le SYNPICS d'hier à aujourd'hui - Regards croisés d'acteurs sur les conquêtes, enjeux et défis

interview

Le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication sociale (Synpics) a été créé au début des années 80, sur les cendres de l'Union nationale des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Unpics) dont le noyau était constitué par d'anciens pensionnaires du Centre d'Etudes des Sciences et Techniques de l'Information (Cesti).

Il a été, et demeure encore à la pointe de tous les combats, pour la défense des intérêts moraux et matériels des travailleurs, personnels des médias et des entreprises de presse. Toutefois, même si le Synpics a réussi à doter la corporation d'un nouveau Code de la presse, entre autres avancées notables, projet conçu et finalisé sous le règne de Diatou Cissé mais adopté sous l'ère Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, les défis restent encore énormes. Au-delà des décrets d'application de ce code, la Convention collective et la Commission de la Carte nationale de presse, etc., en attente, des anciens déplorent le fait que l'esprit panafricain, l'ouverture sur la problématique du panafricanisme, n'aient pas été transmis aux jeunes générations.

En attendant, après la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai dernier au Cesti sous le Thème: «Médias pour la démocratie: le journalisme et les élections en temps de désinformations», Sud Quotidien revisite l'histoire du syndicalisme dans les médias, en donnant la parole à des professionnels, acteurs de cette lutte. Le Synpics d'hier à aujourd'hui, les grandes conquêtes, enjeux et défis : regards croisés d'Abdoulaye Ndiaga Sylla, Diatou Cissé, anciens Secrétaires généraux du Synpics, et Ahmadou Bamba Kassé, l'actuel Sg.

ABDOULAYE NDIAGA SYLLA REVISITE LE SYNDICALISME EN MILIEU JOURNALISTIQUE : «Ce qui faisait la force du Synpics, à l'époque, c'est qu'on était soudé»

Membre fondateur du Groupe Sud Communication, éditeur de Sud Quotidien, le premier quotidien privé d'informations générales dont il est un des administrateurs, et diffuseur de Sud Fm, la première radio privée au Sénégal, Abdoulaye Ndiaga Sylla est l'un des pionniers du mouvement syndical dans le secteur des médias au Sénégal. De l'Unpics au Synpics, le journaliste et ancien chef de service au quotidien national Le Soleil, ancien syndicaliste engagé et membre fondateur du Synpics dont la plume a marqué plus d'un, revient, dans cet entretien, sur les grands moments de la lutte syndicale dans le paysage médiatique. Rappelant que la force du Synpics à l'époque résidait dans le fait que les journalistes étaient soudés.

En tant que membre fondateur du Synpics, pouvez-vous nous faire la genèse de ce syndicat ?

Au début, il y avait l'Unpics (l'Union nationale des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal) dont le noyau était des anciens du Cesti (Centre d'études des sciences et techniques de l'information). C'était beaucoup plus une association qu'un syndicat en tant que tel. Et c'est par la suite qu'il nous est venu l'idée de défendre les intérêts matériels et moraux des journalistes. Il n'y avait qu'une Convention qui n'était pas appliquée d'ailleurs, et nous avons décidé de faire de sorte qu'on la renégocie. C'est alors que nous avons été reçus par Abdou Diouf qui était le président de la République à l'époque et qui avait promis de nous appuyer. C'est comme ça que c'est parti. Le premier Secrétaire général (Sg) était Abdourahmane Cissé, rappelé à Dieu il ya quelques années et moi j'ai été le troisième (Sg). C'est sous mon magistère que nous avons négocié et signé la Convention collective. C'était beaucoup plus difficile, mais nous nous sommes battus.

Maintenant, la jeune génération a pris le relais et fait des choses intéressantes. La plupart d'entre eux n'ont pas notre engagement, mais il faut admettre aussi que le contexte est différent. Mais je leur dis bravo car ils sont entrain de travailler dans un paysage médiatique ouvert. Ce qui reste, et nous, nous avions une longueur d'avance sur eux, c'est la base. Moi je constate que la base traine les pieds, elle n'appuie pas les directions. Notre chance, à l'époque, est que tous les journalistes qui arrivaient au Cesti faisaient bloc derrière nous et nous sommes arrivés à régler pas mal de problèmes. Et le président Abdou Diouf, sur ce point, a été assez ouvert. Et l'honnêteté exige qu'on lui tire le chapeau parce qu'il a permis au Synpics de s'installer, sans aucune entrave.

Nous nous sommes donc dits qu'il ne suffit pas de rester au Sénégal, le monde est ouvert et il faut faire de sorte à aider les autres confrères de la sous-région à avoir des organismes de ce genre. Et c'est dans ce contexte que le Synpics a créé l'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest (Ujao) qui a vu l'adhésion de beaucoup de camarades du Mali, de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du Burkina etc. Et c'est comme çà qu'on a réussi à mettre en place l'Ujao.

Quelles ont été les grandes batailles menées au sein du Synpics sous votre magistère ?

La première bataille fut la Convention collective parce que le journaliste pouvait aller à la retraite avec sa catégorie d'embauche, son avancement ne dépendait que du chef, et non de ses qualités ou de sa compétence. Le chef décidait si un journaliste devait quitter la catégorie 3 pour la catégorie 4 par exemple. Donc, le Synpics a apporté comme changement une Convention collective qui fixe les règles de fonctionnement de la profession. Et, une fois cette étape réussie, il s'agissait de faire en sorte que les droits du journaliste soient respectés, même si lui également doit respecter ses devoirs. Donc, nous avons mis en place un dispositif tel qu'un journaliste ne pouvait plus aller à la retraite avec sa catégorie d'embauche. C'est-à-dire qu'il devait évoluer dans son classement, tous les 2 ou 3 ans. Maintenant, s'il arrivait qu'il soit élevé à un rang plus élevé, sa rémunération changeait de fait.

En tant qu'ancien, vous retrouvez-vous dans le fonctionnement actuel du Synpics ?

Je suis de ceux qui pensent qu'il faut être assez ouvert et reconnaître que ces jeunes font beaucoup de choses. Il faut les encourager plutôt que leur jeter la pierre, car ils ont trouvé un paysage médiatique difficile. Nous, nous avons été à la tête du Synpics dans les années 80 et, aujourd'hui, on est en 2019; donc il y a eu des changements. Ce qui faisait la force du Synpics à l'époque, c'est qu'on était soudé. Que l'on appartienne à un média d'Etat ou pas, on faisait bloc et à chaque fois qu'il y avait des revendications, la direction allait de l'avant et essayait de trouver des solutions. Mais moi je vois que la solidarité, l'effort et l'engagement ont quelque part failli. Parce que, peut-être, il y en a qui prennent juste la carte de membre mais ne sont pas actifs.

Or nous, à l'époque, même si nous n'étions pas aussi nombreux, il y avait une force et les gens voulaient que les choses changent. Et c'est sur ce point que l'actuel Synpics devrait innover. Mais l'essentiel vient de ceux qui travaillent parce c'est pour eux que la Convention collective et toutes les autres dispositions comme le Code de la presse ont été prises. Donc, il leur appartient de faire le travail.

Je ne dis pas qu'ils ne le font pas, mais je ne sens pas l'engagement qu'il y avait avant. La Direction du Synpics se bat réellement, elle essaie d'innover, mais il faut qu'elle soit appuyée derrière. Et c'est ce qui faisait notre force à l'époque. Je pense être assez bien placé pour donner un Conseil de grand-frère: « Engagez-vous, il ya encore des batailles à gagner, surtout que le paysage a changé ». Nous avions à faire, pour l'essentiel, à des directions qui n'étaient pas coachées par des journalistes et maintenant c'est plus le cas. Avant, l'Etat, avec sa toute puissance, essayait aussi de réguler. L'heure est venue aujourd'hui de faire bloc autour du syndicat, parce que c'est le bureau qui dirige le syndicat. Je suis parfois navré d'entendre des considérations qui ne vont pas dans le sens de l'unité, dans la mesure où les gens qui sont à la direction du syndicat n'ont pas de vie de famille et se mettent en avant à chaque fois que les intérêts des journalistes sont menacés. Donc, il faudrait les appuyer et éviter les querelles byzantines.

D'aucuns soutiennent que le Synpics a été à l'origine de la création du Groupe Sud communication, qu'avez-vous à répondre à cela ?

C'est un peu exagéré de le penser ainsi. Beaucoup oublient que tout en créant le journal Sud Magazine, nous continuions à travailler à nos organes de presse, certains officiaient au Soleil, d'autres à l'Aps (Agence de presse sénégalaise). J'ai été chef de service au Soleil, ensuite on a eu des difficultés. Ce qui nous a poussé à créer un journal et c'est comme ça que le Groupe Sud Communication est parti. D'abord il y a eu la publication trimestrielle qui portait le nom de Sud Magazine; ensuite il y a eu Sud Hebdo qui sortait toutes les 2 semaines avant d'apparaître tous les jeudis. Puis on a évolué à Sud au Quotidien pour la couverture de la présidentielle (1993, ndlr) qui a finalement cédé la place à Sud Quotidien. Nous avons ouvert une école de journalisme et ensuite la radio Sud Fm (créée le 1er juillet 1994, ndlr) est venue en appui. Nous avions eu une télé mais, malheureusement, nous avons eu des bisbilles avec l'ancien régime qui était là à l'époque et nous avons donc préféré mettre en avant notre honneur et notre dignité. Il y a aussi Sudonline (portail sudonline.sn, ndlr) dont nous avons été les premiers à lancer ce genre de plateforme.Que ça soit le quotidien, la radio et la presse en ligne, nous avons été les pionniers. Nous ne le disons pas pour tirer la couverture à nous.

Donc on se retrouvait les fins de semaine pour décider d'un menu et c'est pour cela que c'était trimestriel. Donc arrivés à un moment où la plupart d'entre nous n'étaient plus dans un organe d'Etat, nous avions décidé d'élargir la base en mettant en place le Groupe Sud Communication. Ce n'est pas le Synpics qui est à l'origine, mais il y avait des éléments qui étaient membres du Synpics et qui, à un moment donné, ont décidé d'ouvrir le champ médiatique.

Quels conseils donneriez-vous aux membres de l'actuel bureau du Synpics et aux journalistes de la jeune génération ?

Ils sont à la tête d'un syndicat qui intervient dans un secteur très difficile, mais cela n'empêche pas d'aller de l'avant. Il faut que l'héritage que nous leur avons laissé prospère, en continuant à travailler et en y associant les anciens. Je ne connais pas un seul de notre génération qui refuse la main tendue du Synpics. D'ailleurs, ce serait un échec pour nous si, après avoir mis en place le Synpics, celui-ce s'effondre. Ce serait notre échec à nous parce que c'est nous qui étions au combat, au moment de sa mise en place.

Maintenant, ce sont nos cadets, parfois même nos neveux, qui sont là et on répondra à chaque fois qu'ils nous solliciterons, moi comme d'autres qui sont le noyau dur du Synpics, même s'il yen a certains qui ont été rappelés à Dieu, parce que tout en étant des responsables de presse, nous sommes des journalistes. Mais si on ne vous dit rien, vous restez. D'ailleurs, je salue l'acte du bureau actuel qui, à son installation, m'avait envoyé un Certificat d'honneur. Ils doivent savoir que pour nous le combat n'est pas fini, parce que nous sommes des journalistes et le resterons toute la vie. S'ils nous sollicitent, on peut les appuyer tout en leur faisant savoir que le leadership, c'est vous. Nous, nous avons fait notre part dans la bataille du journalisme, maintenant c'est vous.

Nous ne sommes plus des membres actifs, certes, parce qu'ayant d'autres responsabilités, mais le cœur reste au Synpics et c'est notre bébé à nous. Il faut revoir la Convention collective, les primes de paniers, etc.

DIATOU CISSE, SEULE FEMME SECRETAIRE GENERALE DU SYNPICS : «Le Synpics semble souffrir d'une désaffection des jeunes vis-à-vis de l'engagement en général»

Septième journaliste à être portée à la tête du Synpics, de 2006 à 2012, Diatou Cissé aura été jusque-là la seule femme à diriger le syndicat de la corporation. Durant son mandat, elle a fait du renforcement du Synpics, la concertation avec les Forces de l'ordre, la sécurité et le bien-être des professionnels, l'élaboration du projet de nouveau Code de la presse, etc., son cheval de batail. Non sans regretter que le Synpics souffre de la désaffection des jeunes vis-à-vis de l'engagement en général. Entretien !

Vous êtes la seule femme à avoir été Secrétaire générale du Synpics, à ce jour. Quels sentiments cela vous inspire ?

Le sentiment d'avoir servi ma profession par la défense des intérêts matériels et moraux des journalistes et techniciens de la communication sociale mais aussi, par la défense de l'éthique et de la déontologie qui fondent la dignité du journaliste. Le sentiment renouvelé aussi que les femmes sont capables de faire preuve de leadership.

Quels sont vos acquis et les limites de votre lutte syndicale ?

Les acquis sont le renforcement du Synpics, en tant qu'organisation, par l'amélioration des procédures financières et administratives pour plus de transparence dans la gestion, le renforcement du portefeuille de partenariats,l'amélioration de la sécurité des journalistes au travers d'activités de concertations avec les Forces de l'ordre et de sécurité (port du gilet, brochure sur la sécurité des journalistes... ). Mais aussi l'élaboration d'un Programme pour la couverture des élections à l'intention de tous les journalistes, la dénonciation de la Convention Collective en y intégrant la dimension genre (protection plus accrue des reporters en situation de grossesse, meilleure prise en compte des risques liés au travail de nuit, l'impact du travail de nuit chez les femmes allaitantes, renforcement de la notoriété et de la crédibilité du Synpics, la mise en place du Conseil pour le respect des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (Cored), l'accession du Synpics à la Vice-présidence de la Fédération internationale des journalistes (Fij), etc,.

Ne pensez-vous pas que la relation entre les patrons de presse et l'Etat peut être un frein aux revendications des journalistes ?

C'est d'abord une question de rapport de force. C'est aux journalistes et techniciens de se battre aussi pour leurs droits, sous la houlette du syndicat. Le problème, c'est que certains pensent que le syndicat peut se substituer à eux dans cette lutte. C'est une erreur. La revendication part de la base. Toutefois, il reste entendu qu'il y a des obstacles : les mises en demeure de l'Inspection du travail sont souvent ignorées et lorsque vous estez en justice, vous avez l'impression que votre dossier est perdu dans le circuit, tellement l'attente est longue.

Quelle lecture faites-vous du Synpics, d'hier à aujourd'hui?

Le Synpics poursuit son petit bonhomme de chemin et reste un syndicat très respecté dans les instances du journalisme, tant au niveau sous régional, africain qu'international. Il semble souffrir cependant d'une désaffection des jeunes vis-à-vis de l'engagement en général. Les militants ardents ne sont plus nombreux. Et pourtant, au moindre problème, ceux qui n'ont jamais pris la carte viennent taper à la porte du Syndicat.

AHMADOU BAMBA KASSE, SECRETAIRE GENERAL ACTUEL DU SYNPICS : «Désormais, le Synpics sera présent dans les régions... et même dans les organes dits individuels»

Elu Secrétaire général du Synpics à l'issue de l'Assemblée générale tenue le 26 janvier 2019 au Cesti, Ahmadou Bamba Kassé a du pain sur la planche. En plus de l'effectivité du Code de la presse, la Convention collective, la Maison de la presse, la moralisation et l'assainissement de la profession, Bamba Kassé s'engage à consulter les anciens et œuvrer pour la massification du Synpics qui sera désormais présent dans les régions. Entretien !

Quels sont, aujourd'hui, les défis du Synpics ?

Les défis du Synpics d'hier sont les défis du Synpics d'aujourd'hui. Il y a le défi de la massification, celui de l'existence dans le temps, mais surtout le défi de la réalisation des revendications. Il est clair que le contexte de 2017 n'est peut-être pas celui d'avant 2019. A ce propos, on peut dire que les missions peuvent changer dans le temps, mais les défis restent les mêmes.

La mission qui nous a été assignée, c'est de faire des résultats à travers trois points.Le premier point, c'est la loi portant le Code de la presse. L'Assemblée nationale nous a «instruits» de tout faire pour que cette loi connaisse une exécution. Le deuxième point de cette Lettre de mission porte sur la Maison de la presse.On nous a demandé de tout faire pour que l'Administration de la Maison de la presse soit améliorée et que la présence des organisations des médias soit une priorité. Et en troisième lieu, il nous a été demandé de tout faire pour que le Synpics retrouve sa place, en tant qu'organisme syndical, dans les institutions de la République parce qu'il est membre de plusieurs institutions.

Pour ce qui est du premier point, c'est-à-dire la loi portant le Code de la presse, elle est votée, promulguée et publiée dans Journal officiel, mais n'est pas appliquée.

Pour quelle raison ?

Parce que pour qu'elle soit appliquée, il faut que des décrets d'applications soient pris. Ce qui n'est pas encore fait. Nous avons saisi le président de la République et il a donné des instructions à son ministre de la Communication et celui du Travail pour s'occuper de ça dans de meilleurs délais. C'était le 1er mai, on espère qu'ils respectent les instructions du Président.

Quels sont vos rapports avec les organes de presse, dans la mesure où certains patrons de presse refuseraient à leurs travailleurs de se syndiquer ?

La relation entre patrons de presse et employés est horizontale. Elle n'est pas verticale. Le Synpics et le sympathisant ou militant n'ont pas une relation hiérarchisée qui passe par un organe de presse. Tout travailleur de médias qui le souhaite, peut venir au Synpics et acheter sa carte de membre. Dès lors qu'il a sa carte, il est syndiqué. Ça, aucun patron de presse ne peut l'empêcher. C'est une liberté individuelle, consacrée par la constitution du Sénégal. Personne ne peut empêcher à un travailleur de se syndiquer, personne. Je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui un patron de presse qui interdit à ses journalistes de se syndiquer. Ce qu'il y a, c'est que les jeunes sont frileux, ils ne veulent pas se syndiquer. Moi je mets au défi quiconque de me dire que tel patron refuse que ses journalistes se syndiquent, et dès le lendemain j'irai syndiquer ces gens de force.

Qu'en est-il de la cotisation des organes de presse ?

Il n'y a pas de cotisation pour les organes, c'est au journaliste syndiqué de cotiser. Le syndiqué qui achète sa carte de membre au Synpics, donne à chaque fin du mois 500 F Cfa au Synpics national et 500 F Cfa à la section Synpics de son organe, si bien sûr il y en a. Car les sections sont constituées par les syndiqués au sein d'un organe ou d'un groupe de presse. Et pour mettre en place une section, il faut être 11 à disposer de la carte de membre du Synpics.

Que prévoit le Synpics pour améliorer les conditions de travail des journalistes ?

Nous sommes là pour faire en sorte que les conditions matérielles et morales des travailleurs des médias s'améliorent. Aujourd'hui, la première condition de travail, c'est la liberté, parce si tu n'es pas libre, tu ne peux pas être journaliste. La seconde condition qui est générale à tous, c'est un traitement salarial minimum décent. Donc ce sont les deux principaux préalables dont il faut s'occuper et tous les 2 sont liés à la loi portant Code de la presse. Donc nous allons y travailler dans les meilleurs délais.

Certains parlent de tyrannie de la Rts au niveau de la Commission d'administration (Ca) du Synpics . Qu'en est-il réellement ?

C'est la réalité des chiffres et non une tyrannie. La Rts est la plus grande section du Synpics, avec plus de 200 membres répartis en 2 sections (Radio et Télé). Donc, c'est normal qu'ils aient plus de voix au niveau de la Ca. Maintenant, le problème qui se pose est que beaucoup d'organes n'ont pas réactualisé leurs nombres. Dans un délai très court, nous allons procéder à la vente des nouvelles cartes du Synpics, ce qui permettra à ceux qui ne sont pas dans des sections de disposer de leur carte et d'être sous le joug et la protection du Synpics et que ceux qui ont des sections puissent se compter au niveau de leur section. Ce qui marquera le nouveau point de départ du Synpics qui sera désormais présent dans les régions, les départements, les rédactions et même dans les organes dits individuels.

Pensez-vous qu'il y a une baisse dans la lutte syndicale ?

Ça, c'est au plan global et ce n'est même pas une diminution mais plutôt une évolution des formes de luttes. Si on regarde l'échiquier sénégalais, la lutte syndicale a gagné du terrain. Nous sommes l'un des rares syndicats qui met sur le même pied d'égalité la défense des intérêts moraux et éthiques et celle des intérêts matériels. La lutte syndicale a évolué et je salue en ce sens tous les ainés, parce que lorsqu'on est venu dans ce métier on a trouvé des personnes engagées avec des valeurs chevillées au corps. Des gens qui ont fait face à toutes sortes de pression pour porter haut le flambeau. On vient à peine de faire notre passation de service et il est prévu d'aller voir les anciens du Synpics comme Abdoulaye Ndiaga Sylla, Babacar Touré, Mame Less Camara, etc., Tous ces gens-là qui ont fait le Synpics.

SYNPICS : DE LA CREATION A NOS JOURS : Mandats et missions des différents Secrétaires généraux

De sa création à nos jours, neuf (09) Secrétaires généraux se sont succédé à la tête du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication sociale du Sénégal (Synpics). Le mandat était alors de deux ans renouvelables avant d'être portés actuellement à 3 ans.

Il s'agit de : Abdourahmane Cissé élu Secrétaire général en 1984 pour un mandat de 3 mois. Il était chargé durant ce trimestre de tout mettre en œuvre pour avoir le récépissé de reconnaissance du Synpics qui venait d'être créé sur les cendres de l'Unpics ; ce qui est fait. Mais il sera par la suite nommé directeur de la Communication, ce qui a précipité son départ et son remplacement par Mamadou Diop (1984-1987), rappelle Abdou Aziz Bathily, professeur de Photojournalisme au Cesti (à la retraite). Ensuite viendra Abdoulaye Ndiaga Sylla (1987 à 1991). Il a piloté la Convention collective qui a été adoptée le 27 décembre 1990 et est entrée en vigueur le 30 janvier 1991, précise M. Bathily. M. Sylla cédera le fauteuil de Secrétaire général, à l'issue du congrès de 1991, à Ass Mademba Ndiaye (1991-1994) à qui il a été assigné la mission de travailler pour l'application effective de cette Convention collective qui venait d'entrer en vigueur, explique notre interlocuteur, témoin de ces étapes de la lutte syndicale dans le secteur des médias.

Puis ce sera autour de Mame Less Camara de prendre le témoin pour deux mandants (1994-1996 et 1996 à septembre 1997). Cependant, il n'a pas terminé son deuxième mandat puisqu'il a été porté, entre temps, à la tête de la radio Walfadrji. C'est feu Alpha Abdallah Sall qui achèvera le mandat de Mame Less Camara, avant que la corporation lui renouvelle sa confiance, lors d'un congrès après l'alternance de 2000, jusqu'en 2006.

Diatou Cissé, la seule femme jusque-là à diriger le Synpics, a fait deux mandats (2006-2012). Elle est suivie d'Ibrahima Khaliloulah Ndiaye qui a eu droit à un mandat prolongé, à cause de la négociation du nouveau Code de la presse, y compris la Convention collective et la Carte nationale de presse (2012-2019) et d'Ahmadou Bamba Kassé, actuel Secrétaire général du Synpics (depuis l'assemblée générale du 26 janvier 2019 organisée à l'ENDSS).

Sénégal

Polémique suite au rapport de l'UE à propos des parrainages

Le peuple sénégalais est « souverain », rappelle le ministre de l'Intérieur à la… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2019 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.