8 Juin 2019

Cote d'Ivoire: Crise au Burida - A'salfo soumet un projet de réformes au ministre Banndam

I l y a un peu plus d'un mois, il nous en avait fait la confidence. L'information éclate maintenant au grand jour. Leader charismatique du groupe Magic System, Salif Traoré, dit A'salfo, a décidé, avec un groupe d'artistes, de s'impliquer franchement dans la résolution de la crise qui mine le Bureau ivoirien du droit d'auteur (Burida).

Ainsi, ils ont d'abord formé un collectif des artistes du comité de réflexion sur les droits d'auteurs en Côte d'Ivoire, puis ébauché des pistes de solution pour ramener le calme dans la «maison» des artistes. Jeudi dernier, ce collectif, conduit par A'salfo, est allé remettre au ministre de la Culture et de la Francophonie, un projet de réformes du Burida. C'était à son cabinet, perché au 22ème étage de la Tour E, cité administrative au Plateau. «Les réflexions sont une solution à ces crises à répétition au Burida», a dit A'salfo. Pour lui, si cette structure essuie aujourd'hui de vives critiques de certains artistes, c'est parce que des textes, qui la régissent, sont devenus «vétustes» et «inopérants» face aux défis actuels du numérique. «Nous ne sommes pas d'accord sur certaines manières de mener la barque», a martelé A'salfo, avant de tempérer : «On a voulu plus évoluer dans la proposition (par la réflexion) que dans l'opposition».

A ses yeux, le problème fondamental porte sur l'organisation des droits d'auteurs, depuis le recouvrement jusqu'à la distribution. Car, a-t-il fait savoir, l'organisation actuelle ne peut pas permettre à cette instance de mieux organiser les droits d'auteurs. «Ce n'est pas dans la belligérance qu'on peut changer cela», a insisté le chanteur, en suggérant la réorganisation de la «copie privée» des œuvres artistiques ; la mise en place de la mutuelle de la santé ; l'amélioration de la gestion des droits d'exécution publique et du droit voisin. Sans oublier la prise en compte des droits numériques, lesquels devraient permettre de taxer la copie de certaines œuvres artistiques via le téléchargement. Toute chose qui devrait densifier l'assiette de perception des droits d'auteur du Burida. «Tout n'est pas parfait au Burida», a reconnu le ministre Bandaman, notant que «cette maison revient de loin» et occupe aujourd'hui la quatrième place en Afrique après celle de l'Afrique du Sud, de l'Algérie et du Maroc. Et pour conforter ses assertions, il a livré quelques chiffres qui témoignent des progrès substantiels du Burida.

Selon le ministre, le Burida était «endetté et en faillite» en 2011 avant son arrivée, citant un audit, et «devait plus de 5 milliards F CFA dont 4,35 milliards FCFA de droits d'auteur aux artistes». Le résultat d'une gestion faite par les artistes eux-mêmes de 2000 à 2010. Et le ministre de la Culture et de la Francophonie de révéler : «De 2011 à 2018, le Burida est passé de 600 millions de FCFA de recettes dont la moitié reversée aux artistes, à 3,5 milliards FCFA de recettes à ce jour dont plus du milliard reversé aux artistes. Le Burida est également passé à moins de 50 artistes bénéficiant des droits d'auteurs à plus de 200 artistes sur plus de 8000 sociétaires aujourd'hui dont le Conseil d'administration est composé de 70% d'artistes». Enfin, le ministre a réitéré la tenue, cette année, de l'Assemblée générale devant consacrer le renouvellement des instances du Burida. Mais avant, il y aura des journées de concertation qui répertorieront toutes les propositions des artistes, y compris celles des mécontents.

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