8 Juin 2019

Cote d'Ivoire: Conflit foncier à vitré 1 - La cour suprême a déjà tranché en faveur du roi de Moossou

Suite à l'article écrit dans le journal « Le Temps » en sa parution du jeudi 23 Mai 2019 qui consacre une page sur le litige foncier qui oppose le Royaume de Moossou au village de Vitré 1, il convient ici de faire quelques précisions nécessaires à l'éclatement de la vérité.

On peut user de subterfuges, s'adonner à des randonnées démonstratives les plus abjectes mais on ne peut jamais falsifier l'histoire. Ici, il s'agit de terre. Terre qui établit une jonction mystique entre les mânes et les vivants. La chefferie de Vitré 1 et toutes les chefferies ingrates et récalcitrantes le savent. Pourquoi alors pour des intérêts purement matérialistes des individus garants de traditions s'érigent en transgresseurs patentés de celles-ci ? Revenons sur le peuple Ehotilé. Il s'agit d'un peuple frère qui vivait à l'époque sur des îles. Il a été menacé de disparition par la montée incessante des eaux. Pour survivre, ils ont bénéficié de la magnanimité du peuple Abouré avec à sa tête le Royaume de Moossou. C'est ainsi que ces frères Ehotilé ont été installés sur les terres des Abourés Ehé en 1966. D'où l'érection du village Vitré 1. C'est donc par pure hospitalité que les Ehotilé de Vitré 1 se trouvent sur les terres des Abourés Ehé.

C'est donc à juste titre que pour l'extension du village de Vitré 1 en proie à la pression démographique, Monsieur Dirogo Henri, le Président de la Commission Foncière et Domaniale dudit village s'est adressé fort logiquement à M. N'Guessan Bruno, chef de famille à Moossou afin de solliciter son accord en la matière dans un courrier en date du 28/02/2013 (P1). Ça c'est la règle qui veut que pour étendre les bornes de son village, il faut s'adresser à ceux qui vous ont accueillis à savoir les propriétaires terriens de Vitré 1 qui sont autre que le Royaume de Moossou. Vu l'extension de la ville d'Abidjan, le Roi de Moossou, chef de terre de Grand Bassam, a sollicité et obtenu du Ministère de la Construction un lotissement dénommé Cité des Anges situé à Vitré 1. Ce lotissement qui a été approuvé le 08 juillet 2015 va curieusement faire l'objet de contestation par la chefferie de Vitré 1 avec à sa tête Djaman Gino.

Ils ont tout naturellement été déboutés par la Direction des Affaires Judiciaires et de Contentieux saisie à cet effet par courrier en date du 17 Mai 2018 (P2). Pour inormation, il faut souligner que le Royaume de Moossou, propriétaire terrien, a installé tous ceux qui les ont sollicités. On y trouve des nationaux, mais aussi des frères de la sous-région en quête de parcelle pour une exploitation agricole. Aussi, compte tenu de la pression foncière et du projet du nouvel Abidjan qui intègre la localité de Grand Bassam, la plupart de ces plantations ont fait l'objet de lotissement de la part du Royaume de Moossou. Une fois la parcelle approuvée, le Roi de Moossou, chef de terre et gestionnaire du patrimoine du Royaume, procède à un partage qui ne tient compte ni de la nationalité ni de l'ethnie. C'est ainsi que sur l'entièreté d'une parcelle lotie, le Royaume a 30%, les planteurs reçoivent 30%, l'opérateur du lotissement 30% et les 10% restant sont réservés pour l'aménagement du site. C'est ainsi que des Maliens, des Guinéens, des Burkinabés, des Togolais, des Béninois et autres sont devenus des propriétaires terriens sur les terres du Royaume de Moossou.

C'est cela la générosité du peuple Abouré Ehé qu'on veut aujourd'hui fouler aux pieds. Il est important que notre justice s'imprègne de ces réalités sociales et historiques afin de rendre des verdicts justes et dénués de toute frustration à l'égard d'un peuple qui a juste choisi d'accueillir sur son sol des frères et sœurs d'origine diverses en quête d'hospitalité. Estce là une mauvaise action pour que quelques individus en perte de repère historique et coutumière s'autoproclament propriétaires terriens et s'opposent à l'autorité multiséculaire du Roi de Moossou à qui ils doivent respect et déférence ? Le collectif des cadres de Vitré 1 l'ont si bien compris qu'ils se sont désolidarisés en attirant l'attention successivement du Roi de Moossou et du Sous-préfet de Grand-Bassam sur les attitudes pour le moins asociales et déviationnistes du chef Djaman Gino par deux courriers en date du 25 avril 2018 et une autre du 13 mars 2018 et cela en guise d'information et d'avertissement.

Tous ces courriers dénoncent l'attitude de M. Djaman Gino. De toute évidence et face à la gravité de ses dérives, le collectif des cadres de Vitré 1 va saisir Mme le Sous-préfet pour exiger la révocation pure et simple de ce chef dans un courrier en date du 23 mars 2018. C'est cet homme impopulaire qui va entrainer le Roi de Moossou devant les tribunaux en vue de l'exproprier définitivement de ses terres. La réaction des institutions de la République a été cinglante. La Cour suprême qui intervient en dernier recours va reconnaitre la propriété du Roi de Moossou sur les terres de Vitré 1. L'arrêt n° 578/18 du 5 juin 2018 le stipule clairement. Cet arrêt est suivi d'une réquisition de la force publique qui va bientôt se déployer sur le site.

Force est donnée au droit et non au droit à la force et Monsieur Djaman Gino va l'apprendre à ses dépens. Très bientôt, ce sera le cas d'autres chefs autoproclamés de Modeste et de Petit Paris pour lesquels nous allons faire le grand déballage et mettre fin à la comédie de mauvais goût qui commence à exacerber plus d'un. Je ne saurais terminer mon propos sans adresser au nom du Roi de Moossou, nos sincères remerciements à Monsieur le Ministre de la Construction Koné Nabagné qui comme son prédécesseur Claude Isaac Dé abat un travail titanesque pour l'émergence de la vérité et pour le bonheur des usagers. Que tous les services stratégiques du Ministère de la Construction, à savoir la Direction Générale de l'Urbanisme et du Foncier, la Direction des Affaires Judiciaires et du Contentieux, la Direction de la Topographie et de la Cartographie reçoivent ici toute la gratitude de sa Majesté le Roi Kanga Assoumou, Roi de GrandBassam. Nous profitons de cette adresse pour interpeller les services du cadastre de Grand Bassam a plus de professionnalisme et à cesser de se substituer au Ministère de la Construction, seul organe habilité à la création de titre de propriété conformément aux règles et lois en vigueur dans notre pays.

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