Ile Maurice: Ved Bhoyroo - «Nous ne nous sentons plus en sécurité dans notre maison»

Il a subi des blessures à la jambe droite, tandis que son épouse a été blessée à l'épaule. Il s'agit là des blessures, disent Ved et Manisha Bhoyroo, de l'agression au couteau dont ils ont été victimes aux petites heures du matin, à leur domicile à Goodlands, le jeudi 6 juin.

Il était environ 3 heures du matin lorsqu'un intrus s'est introduit par effraction dans la maison des Bhoyroo. À ce moment-là, le couple, ainsi que ses trois enfants, étaient en plein sommeil. Ils soupçonnent leur agresseur d'être leur voisin de 27 ans, avec lequel le père de famille a eu des démêlés dans le passé. Ce dernier a été arrêté et placé en détention policière mais nie les faits qui lui sont reprochés jusqu'à présent. Une enquête est en cours.

Les disputes entre Ved Bhoyroo, 43 ans, et son voisin ne dateraient pas d'hier. Il y a plusieurs années, le quadragénaire, qui travaille dans le domaine de la menuiserie en aluminium, avait promis au jeune homme de lui fabriquer une fenêtre. «Je lui avais fait un prix, et pour cela, il aurait fallu qu'il attende que je réunisse le matériel nécessaire pour que le travail se fasse.» Ainsi, son client n'aurait eu à débourser de l'argent pour la main d'oeuvre. Cependant, il semblerait que ce dernier ait fini par perdre patience. «Il a dit du mal de moi à d'autres personnes et il ne voulait pas comprendre que le travail ne pouvait pas être fait immédiatement.» En décembre 2018, «il m'a menacé. Il m'a dit qu'il m'enverrait à l'hôpital mais je n'avais pas porté plainte parce que je ne l'avais pas pris au sérieux.»

Cela fait environ 15 ans que Ved Bhoyroo, 43 ans, vit à Goodlands. Mais jamais, dit-il, sa famille n'a rencontré de problèmes de la sorte. Dans la soirée du mercredi 5 juin, il est parti se coucher aux alentours de 23 heures, soit quelques minutes après ses enfants. Mais quelques heures plus tard, vers 3 heures du matin, la choquante agression devait se produire. «J'étais déjà endormi lorsque j'ai reçu de violents coups à la jambe. Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai constaté qu'un homme encagoulé se trouvait dans ma chambre ainsi que mon enfant.» Cet homme masqué lui aurait alors lancé : «Mo pou fini twa zordi.» Et c'est à ce moment-là, dit Ved Bhoyroo, que «j'ai reconnu sa voix.» De violents échanges se seraient alors ensuivis entre les deux individus sous les yeux de l'enfant de Ved Bhoyroo. «Mon fils, qui dort habituellement dans la chambre d'à-côté, était également présent», raconte-t-il. D'après Ved Bhoyroo, «cet homme avait surement voulu utiliser notre fils pour nous faire du chantage.» Il semblerait qu'après avoir fait irruption dans la maison, le malfaiteur se soit d'abord introduit dans la chambre des enfants du couple. «Il nous a raconté que cet homme l'avait pris par la main et conduit dans notre chambre. Mon enfant avait d'abord cru que c'était moi jusqu'au moment où l'agresseur m'a assené des coups de couteau à la chambre.»

Alerté par les cris de son époux, Manisha Bhoyroo, 35 ans, s'est réveillée en sursaut. «Je suis tout de suite intervenue afin de défendre mon époux. D'autant plus qu'il venait d'être amputé d'un doigt après une blessure sur son lieu de travail.» Résultat : la trentenaire devait, pour sa part, recevoir un violent coup à l'épaule gauche. Incapable de se défendre contre le couple, le malfaiteur n'aura eu d'autre choix que de prendre la fuite en passant par la même fenêtre qu'il avait forcée, au rez-de-chaussée de la maison. Dans sa fuite, il devait laisser tomber son arme tranchante. Alertés, les forces de l'ordre n'ont pas tardé à rejoindre les lieux et ont, eux-mêmes, conduit le couple à l'hôpital le plus proche.

Après avoir obtenu des soins, ces derniers se sont rendus au poste de police de Goodlands pour faire une déposition. «Je leur ai expliqué que je soupçonne mon voisin d'être l'auteur de cette agression parce que j'ai reconnu sa voix ainsi que le pullover qu'il portait.» Leur fils de 7 ans a également été entendu par les enquêteurs en présence d'officiers de la Child Development Unit. Ces derniers font un suivi du garçonnet qui est encore sous le choc depuis les faits. «Nous évitons de parler de ce qui s'est passé pour ne pas le perturber davantage. Nous sommes tous traumatisés par ce qui s'est passé. Nous ne nous sentons plus en sécurité dans notre maison», dit le père.

L'entourage de l'agresseur présumé du couple est, cependant, catégorique. «Il est impossible qu'il ait pu commettre une telle chose. Il est inadmissible qu'il ait été arrêté uniquement parce que le couple pense avoir reconnu sa voix», dit-il. Sa soeur affirme affirme que «nous l'avons vu à 4h du matin, ce jour-là, avant qu'il ne se rende au travail. S'il s'était réellement battu contre ce couple, il aurait eu des séquelles.» Convaincus de son innocence, ils espèrent que la police élucidera cette affaire au plus vite.

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