Burkina Faso: Lutte contre l'excision - Le bilan de la stratégie 2016-2020 présenté

Le Secrétariat Permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (SP/CNLPE) a organisé un déjeuner de presse, le vendredi 7 juin 2019 à Ouagadougou. Les échanges ont porté sur l'état de mise en œuvre du plan stratégique national pour l'élimination des mutilations génitales féminines au Burkina Faso.

Le gouvernement burkinabè entend réduire de 20 % le taux de prévalence des Mutilations génitales féminines (MGF) au Burkina Faso d'ici à l'horizon 2020. Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (SP/CNLPE) a organisé, à cet effet, un déjeuner de presse, le vendredi 7 juin 2019 à Ouagadougou pour présenter aux journalistes, l'état de mise en œuvre du plan stratégique national de promotion de l'élimination des MGF. La stratégie de promotion de l'élimination des MGF (2016-2020), selon le chef de département des études, de la planification, du suivi-évaluation et de la prospection, Albert Sawadogo, comporte plusieurs axes stratégiques. Il s'agit, a-t-il cité, de renforcer les mesures de prévention répondant aux besoins des populations exposées aux MGF, l'accès à la prise en charge médicale et psychosociale des victimes des séquelles des MGF, assurer la protection et la promotion des droits des femmes et des filles dans le contexte des MGF spécifiquement dans les provinces à prévalence élevée, accroître le dispositif de gestion et de coordination du plan stratégique national d'élimination des MGF et enfin renforcer le dispositif de suivi-évaluation. Le ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo, a confié, pour sa part, qu'à travers l'enquête multisectorielle de 2015, des avancées positives dans la lutte contre la pratique de l'excision ont été constatées avec une baisse de la prévalence de 11,3 % pour la tranche d'âge de 0 à 14 ans et 67,6% pour la tranche d'âge de 15 à 49 ans.

"Des progrès ont été enregistrés. Mais nous pensons pouvoir faire mieux d'où la nécessité d'une stratégie nationale pour voir comment arriver à une réduction d'ici à 2020 et éventuellement à zéro MGF d'ici à 2030", a-t-elle souligné. La 18e édition de la journée nationale de la lutte contre la pratique de l'excision a été commémorée sur le thème : "Traduire les décisions politiques en actions à la base pour accélérer l'élimination des mutilations génitales féminines en 2030 : défis et perspectives", a par ailleurs rappelé Mme Ilboudo.

Pour la bonne marche du programme

A son avis, le Burkina Faso est un leader de la lutte contre la pratique de l'excision et a un environnement politique propice en la matière. Pour elle, une coordination des actions est nécessaire pour un véritable impact sur le terrain. Mme Ilboudo a invité les Burkinabè, notamment les acteurs politiques, administratifs, leaders religieux et coutumiers, à s'investir "pleinement et activement" dans la lutte contre la pratique de l'excision. Quant au ministre de la Santé, Léonie Claudine Lougué, elle a rappelé que la stratégie de santé communautaire qui est en opérationnalisation a permis de recruter, avec l'appui de certains partenaires, deux agents de santé à base communautaire dans tous les villages. A l'entendre, ceux-ci ont reçu des lots de médicaments qu'ils peuvent délivrer aux populations. Cette initiative, a-t-elle expliqué, permettra d'éviter que les patients soient conduits dans les hôpitaux avec des maladies déjà graves. «Dans le cadre de l'intégration des activités du CNLPE, ces agents de santé à base communautaire pourront être formés dans le but d'accompagner le ministère chargé de la lutte contre ces pratiques néfastes en participant à sensibiliser, à rechercher les femmes et filles victimes de ce phénomène leur prise en charge», a soutenu Mme Lougué.

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