Burkina Faso: Dossier Faso Fani - « Le passif financier n'est plus une entrave à la réouverture »

Le repreneur potentiel de l'usine textile Faso Fani, Tarun Jain du Groupe Indien Jain Shawls, était à Koudougou le vendredi 7 juin 2019, accompagné de l'ancien ambassadeur du Burkina en Inde, Son Excellence Idriss Ouédraogo, et de techniciens.

Tarun Jain et son équipe, en compagnie des autorités communales dont le maire, Mocktar Maurice Zongo, après une visite du site, ont fait le point du processus de reprise ainsi que du niveau d'exécution des tâches aux chefs traditionnels de l'Association Song Naam.

C'est une batterie de techniciens burkinabè qui ont investi le site de Faso Fani : il s'agit, entre autres, d'experts environnementaux, d'architectes, de démolisseurs. Le groupe a été rejoint par le directeur général adjoint de la BCB (lire encadré 2). A l'issue de la visite, le maire, Mocktar Maurice Zongo, a exprimé sa joie de voir des investisseurs s'intéresser à sa ville, mais surtout à la réouverture de l'usine textile. "C'est un honneur pour nous de constater que les études techniques sont achevées et que nous nous acheminons tout droit vers le début des travaux. C'est un grand honneur pour la ville et la population qui attendent avec impatience la réouverture de cette usine textile", se réjouit-il. A propos du scepticisme de certains de ses concitoyens qui ne croient pas à une remise en marche de Faso Fani, l'édile de Koudougou a relevé que quand un privé investit, c'est parce qu'il sait que ça sera rentable. "Ils se sont engagés, ils ont entamé le processus et ils ont même bouclé les études, et ils sont en train de boucler la phase de mobilisation des ressources", a fait remarquer M. Zongo.

Après le site de l'usine, le repreneur et sa suite se sont rendus au palais de Naaba Saaga 1er. Il s'est entretenu avec Naaba Saaga 1er, chef d'Issouka, et les autres chefs de l'Association Song Naam. "Aux bonnets rouges" les techniciens ont fait le point du processus de reprise. Il en ressort que l'étude environnementale est achevée et qu'elle a révélé l'existence sur le site d'espèces végétales et animales à protéger. "Les techniciens vont résoudre ces problèmes avant de livrer le site aux architectes, qui vont apprêter les bâtiments pour la réception des machines. Compte tenu de la saison pluvieuse et de la présence d'espèces fauniques à protéger, il faudra attendre jusqu'en septembre pour le démarrage proprement dit des travaux de construction de l'usine", confie le repreneur Tarun Jain (lire encadré 1). "Vu que ce sont des machines de nouvelle génération qui seront installées, les experts ont estimé que la réalisation d'un audit environnemental était obligatoire", précise le P-DG de la future usine qui portera le nom de Faso Fani-JMD. JMD étant les initiales du Dieu de la prospérité. Il a été indiqué que Faso Fani-JMD rouvrira grâce à l'association de cinq groupes textiles. La première phase s'étalera sur 30 ha, avec une capacité de traitement de 50t de coton par jour.

Des informations qui ont été bien accueillies par les chefs traditionnels. Ils n'ont pas manqué de faire des remarques et des suggestions et de donner quelques orientations concernant le traitement du volet environnemental et de certaines questions sensibles. Ils ont prononcé des bénédictions afin que cette promesse présidentielle se réalise enfin.

Encadré :

Les assurances du repreneur Tarun Jain

"Nous avons bouclé la phase des études techniques, qui ont été du reste validées et soumises à nos partenaires. La phase de mobilisation des ressources se présente bien. Nous pensons la boucler d'ici un à deux mois. Je tiens à assurer au peuple burkinabè que cette nouvelle usine sera une réalité. Les experts environnementaux ont déjà fini leur part de boulot. Les nouvelles technologies qui seront utilisées nous permettront d'avoir zéro impact sur l'environnement au niveau des unités de traitement d'eau et autres. Nous démarrerons avec 1 000 emplois pour en atteindre au finish 5 000.

Encadré 2

Des éclairages sur les aspects financiers avec Hubert Léandre Kabré

Directeur général adjoint de la BCB

"Les négociations avec le repreneur sont bien avancées. Rien n'entrave le démarrage des travaux au stade actuel. En ce sens que nous avons trouvé un accord pour les anciennes créances de l'ancien propriétaire, à savoir Faso Tex. Nous nous sommes entretenus avec le repreneur, Tarun Jain, aujourd'hui et il a réaffirmé son engagement à solder les arriérés des banques qui ont financé Faso Tex. A l'heure actuelle, le passif financier ne constitue plus un blocage à l'ouverture de la nouvelle usine, car nous sommes en train de lever les blocages juridiques pour permettre au nouveau propriétaire d'intervenir sur le site qui était sur une hypothèque. Nous et les autres banquiers sommes disposés à lever le pied pour que le repreneur puisse travailler".

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