Burkina Faso: Commerce international - Le «piège de Thucydide», une histoire qui se répète ?

Les mesures tarifaires prises par les Etats-Unis depuis 2017 ont entraîné une diminution du volume des exportations de la Chine vers les Etats-Unis, qui ont chuté de 9,7% en glissement annuel au cours des quatre premiers mois de 2019, diminuant ainsi pendant cinq mois consécutifs, selon le livre blanc, citant les données du site de l'Administration générale des douanes de la Chine.

De plus, comme la Chine doit imposer des droits de douane comme contre-mesure face aux hausses tarifaires imposées par les Etats-Unis, les exportations des Etats-Unis vers la Chine ont chuté pendant huit mois consécutifs.

Pour l'un des conseillers économique de la présidence chinoise, M. Yifan Ding, interrogé par le journal le monde diplomatique, l'agressivité américaine rappelle « l'offensive lancée dans les années 1980 par l'administration Reagan contre le Japon, qui était alors la deuxième économie du monde ». D'aucuns pensent plutôt que cette guerre ressemble trait pour trait « au piège de Thucydide », expression lancée par Graham Allison, tirée de l'ouvrage « La guerre du Péloponnèse » écrit au Ve siècle avant notre ère par l'Athénien Thucydide. Cette expression est employée de nos jours pour décrire la situation dans laquelle se trouve une puissance longtemps dominante, face à l'émergence d'une nouvelle puissance rivale. La puissance longtemps dominante dans notre cas est bien entendu les Etats-Unis d'Amérique, et la puissance rivale montante, la Chine.

Le livre blanc souligne que l'incertitude engendrée par les frictions économiques et commerciales entre les Etats-Unis et la Chine a rendu les entreprises des deux pays plus hésitantes à investir. Les investissements de la Chine aux Etats-Unis continuent de baisser et le taux de croissance des investissements américains en Chine a également ralenti.

Aussi, les investissements directs des entreprises chinoises aux Etats-Unis se sont élevés à 5,79 milliards de dollars en 2018, soit une baisse de 10% sur un an, indique le livre blanc, citant les données du ministère du Commerce chinois.

En 2018, les investissements américains en Chine se sont élevés à 2,69 milliards de dollars, en hausse de seulement 1,5% par rapport à l'année précédente, contre une hausse de 11% en 2017.

Les américains pensent que cette guerre est gagnée d'avance. Pour exemple, pour le conseiller économique en chef de la Maison Blanche, M. Lawrence Kudlow, « cela ne fait aucun doute : Pékin finira par céder aux injonctions du président des Etats-Unis. Selon lui, l'économie chinoise serait au bord de l'explosion ». « Le commerce de détail et les investisseurs s'effondrent », a-t-il prétendu lors d'une discussion de cabinet filmée par des journalistes américains avec l'accord de Trump, rapporte le journal le monde diplomatique en octobre 2018. Or aucune donnée ne confirme ces allégations. Les importations chinoises ont continué à grimper, de 27,3% entre juillet 2017 et juillet 2018, ce qui suppose une activité soutenue. Quant aux exportations, elles poursuivent leur ascension moins vite, mais au rythme respectable de 12,2% en un an.

A la différence du Japon des années 1980, « nous avons un marché de 1,4 milliard d'habitants que M. Trump et ses conseillers auront du mal à détruire », souligne un économiste chinois, repris par le monde diplomatique.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Fasozine

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.