12 Juin 2019

Congo-Kinshasa: Le FCC recherche les 2/3 à l'Assemblée nationale

La Cour constitutionnelle est en voie de boucler les examens de recours en contestation des législatives nationales du 30 décembre 2018. Selon les premiers arrêts rendus par celle-ci, c'est l'opposition qui en paie le plus lourd tribut. En réalité, derrière les arrêts en invalidation de la Cour constitutionnelle, c'est le FCC qui consolide ses rangs en recherchant les 2/3 à la chambre basse du Parlement avec objectif entendu de modifier la Constitution.

Les premiers arrêts de la Cour constitutionnelle dans les examens en contestation des résultats des législatives nationales du 30 décembre 2018 commencent à tomber.

À la haute Cour, c'est déjà la dernière ligne droite. Pour l'instant, c'est l'opposition, particulièrement les députés de Lamuka, qui sont les plus visés.

Au regard des premiers arrêts de la Cour constitutionnelle, Lamuka a déjà perdu une trentaine de députés, remplacés on ne sait par quelle magie par ceux du FCC.

Dans l'opinion, on soupçonne derrière les arrêts de la Cour constitutionnelle, la main politique du FCC qui tient à s'assurer le contrôle total de l'Assemblée nationale.

En attendant la proclamation des résultats définitifs, la Cour entame déjà le dernier virage de ces examens de recours qui auront exceptionnellement pris plus de quatre (4) mois, alors que la loi les limite à 60 jours à compter de la proclamation des résultats provisoires par la Céni.

Interrogé par Top Congo FM, radio émettant depuis Kinshasa, Me Willy Wenga, avocat au barreau de Kinshasa/Gombe, confirme la poursuite des examens de derniers recours : « La Cour n'a pas terminé tous les contentieux. Ce n'est qu'à l'issue de tous ces arrêts qu'interviendra l'arrêt définitif proclamant les 500 élus députés nationaux ». Me Willy Wenga espère que ces arrêts, qui ne sont susceptibles d'aucun recours, seront rendus le plus tôt possible « parce qu'on est déjà au-delà du temps prévu».

Pour l'instant, c'est Lamuka, la principale plateforme de l'opposition qui a soutenu la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle, qui se trouve fondamentalement sectionné. Avec les premiers arrêts de la Haute Cour, Lamuka a déjà perdu environ 33 députés.

Un exemple frappant : 2ème meilleur élu de la circonscription électorale de Mont-Amba, à Kinshasa, soit le 4ème meilleur score dans la ville, l'élu du MLC, Raphaël Kibuka, a été invalidé à la surprise gé- nérale au profit de Mme Ingele du FCC.

L'infortuné s'en est étonné au micro de Top

Congo : « J'ai été invalidé en faveur d'une dame qui n'a obtenu que 469 voix. J'ai ob-tenu 26.200 voix ». Il pense que « le scénario que nous vivons s'apparente à un règlement des comptes pour sanctionner une catégorie de députés faisant partie d'une famille bien connue, l'Opposition ». Il en trouve d'ailleurs une raison : « Sur les 113 députés qu'avait Lamuka, 33 ont déjà été invalidés. C'est une décision qui ne fait que réduire le nombre d'opposants à l'Assemblée nationale pour que le débat soit orienté dans un seul sens ».

Le FCC consolide ses rangs

Avec ces arrêts de la Cour constitutionnelle, c'est le FCC qui se trouve réconforté dans sa majorité à l'Assemblée nationale. Désormais, le FCC règne en maître à la chambre basse du Parlement où il est pour le moment capable d'actionner tous les mécanismes, jusqu'à bloquer la marche de l'État.

« En réalité, derrière les arrêts de la Cour constitutionnelle, il y a cette main invisible du FCC. Ce n'est pas pour rien que ce sont juste les députés nationaux de l'opposition, en l'occurrence Lamuka, qui ont été visés. C'est un montage grossier mis en place pour donner au FCC l'occasion d'avoir le contrôle parfait de l'Assemblée nationale. Les arrêts de la Cour sont véritablement une négation de la démocratie pour laquelle le peuple congolais s'est battu. C'est le retour à la case départ », a indiqué au Potentiel un haut cadre de Lamuka.

Avec cette majorité confortable à l'Assemblée nationale, le FCC a donc le champ libre pour mettre en œuvre son plan politique qui, à terme, vise la révision de la Constitution pour non seulement assouplir les conditions d'élection du président de la République, mais aussi baliser la voie pour le retour à la magistrature suprême de son autorité morale, Joseph Kabila. Les 2/3 des membres recherchés depuis le démarrage de nouvelles institutions de la République par le FCC devient une réalité. Gare aux étincelles!

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