11 Juin 2019

Congo-Brazzaville: Accès à l'eau potable - L'installation des forages relancée à Pointe-Noire

Le Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics (BCBTP) a réamorcé, le 8 juin à Pointe-Noire, les travaux de forages à Tchimani, dans le sixième arronssement Ngoyo, et à Loussala, dans le troisième arrondissement Tié-Tié, dans le cadre du Projet eau, électricité et développement urbain (Peedu).

L'objectif est de desservir en eau potable les quartiers périphériques de la ville. « Le but était d'obtenir d'abord de l'eau et les premières opérations ont été concluantes. L'entreprise qui nous a précédés n'était pas équipée pour la distribution. Nous allons poursuivre les travaux, en équipant le forage d'une pompe, et en connectant le réseau du forage au réseau de La Congolaise des eaux (LCDE) qui existe, ce qui permettra la distribution », a expliqué Jean Richard Ngambie, directeur du laboratoire au BCBTP.

«Nous avons récupéré les travaux réalisés depuis 2014 (...). La première opération consiste à voir si le puits est récupérable. Dès que nous réaliserons cette phase, si l'eau qui a été trouvée donne un bon débit pour alimenter la population, nous passerons ensuite à l'équipement », a-t-il affirmé, avant de tabler sur le respect des délais prescrits dans le contrat.

Exécutés en 2014 par une autre société, les deux projets financés par le Banque mondiale ont été mis à l'arrêt pour cause de « problèmes techniques » favorisés par les saisons de pluie, selon Farel Mouyangou, chargé de mission sauvegarde, environnemental et social du Peedu. « Quand on a commencé les travaux, il s'est posé quelques soucis techniques qu'on a pas pu maîtriser. Nous n'avions pas la technologie appropriée pour corriger ces difficultés. Raison pour laquelle nous avons fait appel au BCBTP qui a une technologie avérée pour les études géotechniques. A présent, les travaux pourront reprendre sans problème. Tout est fin prêt pour que le projet arrive, cette fois, à son terme », a-t-il assuré.

Sur le premier site, situé dans l'enceinte de l'école Tchimani, il sera question de refaire le forage. Les études de faisabilité étant déjà réalisées, le maître d'ouvrage sera chargé de poser l'arsenal pour sécuriser l'eau et la distribuer au niveau du quartier, pour une durée des travaux estimée à quatre mois. Une fois le projet à terme, comme l'a indiqué Jean Richard Ngambie, « la LCDE prendra le relais pour étendre le réseau. Cela revient à cette société de limiter la distribution en fonction des capacités du forage ».

Au marché de Loussala -deuxième site-, le forage a été réalisé sur 150m de profondeur et équipé de PVC de diamètre 300. « On estime avoir un débit de 100 m3/heure. Ce forage pourra donc bien alimenter le quartier Loussala. Ce projet a été initialement conçu pour augmenter le débit de production de la LCDE. C'est tout un réseau. Ce n'est pas seulement la connexion, nous allons le diagnostiquer pour voir si le forage est encore en bon état », a laissé entendre Deustin Makaya Goma, géologue au BCBTP.

Une œuvre salvatrice

Le quartier Tchimani est en constante pénurie. Ce projet, qui n'a cessé de faire couler l'encre et la salive après son interruption, a redémarré en présence d'une population comblée de joie, mais exprimant toutefois son pessimisme au regard du non respect des délais du précédent contrat.

« L'initiative est bonne. Tous nous attendions la reprise des travaux. Le problème d'eau dans notre quartier est récurrent. Il arrive que nous passions des journées entières sans eau. Celle que nous consommons ici provient du forage de Mpaka, c'est pourquoi nous avons des difficultés. Si ce projet arrive à son terme, cela va satisfaire tout le monde. Je pense que la suite sera favorable », s'est réjoui le chef par intérim du quartier Tchimani, David Goma, qui garde son optimisme face à l'aboutissement de ce projet.

A Loussala, la population rongée par la quasi inexistence du réseau d'adduction d'eau est obligée depuis toujours de se livrer à une corvée quotidienne pour s'approvisionner en eau, à prix d'or, grâce à quelques forages existant dans le quartier.

Venue assister à la relance des travaux, Merval, une habitante du quartier, a fait part de sa peine avant de vaquer à ses occupations. « Je suis très contente. Nous sommes en train de souffrir depuis que nous habitons le quartier. Ce matin, avant de me rendre au travail, j'ai tiré un pousse-pousse pour transporter de l'eau. Nous sommes impatients de voir l'aboutissement de ce projet. L'achat de l'eau nous coûte. Il nous faut en moyenne 150 F CFA pour l'achat et le transport d'un bidon. C'est coûteux. Quand le forage sera fonctionnel, nous pourrons nous connecter au réseau et avoir de l'eau en permanence dans nos parcelles. Je suis dans ce quartier depuis 1997. Cela fait plus de vingt ans que je souffre », a-t-elle confié.

Congo-Brazzaville

Au pays, les épreuves du baccalauréat ont commencé

74 216 candidats de différentes séries, répartis dans près de 200 centres ont… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2019 Les Dépêches de Brazzaville. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.