12 Juin 2019

Burkina Faso: Massacres à Sobane - IBK sur un champ d'horreur

Qui a bien pu commettre cette infamie ?

Serait-ce l'œuvre diabolique d'un de ces groupuscules terroristes qui ont mis le Mali, depuis, sous leur coupe ou faut-il y voir l'abominable fait d'armes d'une de ces milices dites parfois d'autodéfense qui ont petit à petit comblé le vide sécuritaire laissé par un Etat défaillant tout en se criminalisant ?

Quarante-huit heures après les massacres de Sobane, au centre du Mali, jusque-là non revendiqués, cette question reste sans réponse.

Même interrogation qui confine à la polémique indécente sur le nombre de victimes.

Pour le gouverneur de la région, il n'y aurait eu « que » 35 morts, alors que des élus locaux maintiennent le chiffre de 95 et des dizaines de disparus.

Qu'importe, au demeurant, la différence entre ces décomptes macabres. Pour un village qui comptait quelque trois cents habitants, c'est une véritable hécatombe et c'est dans une cité fantôme, aux cases brûlées, d'où émane encore l'odeur pestilentielle des restes de corps de femmes, d'enfants, de vieillards et d'animaux, que le Premier ministre malien, Boubou Cissé, s'est rendu hier, un peu en éclaireur avant l'arrivée du président Ibrahim Boubacar Keïta qui doit y aller en principe aujourd'hui mercredi 12 juin.

Il faut dire que le locataire du palais de Koulouba a tout de suite pris la mesure de l'ampleur du drame puisqu'il a écourté son séjour en Suisse, où il participait aux festivités commémoratives du centenaire de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Et il n'a pas eu de mots assez justes et forts pour décrire la situation lorsqu'il a affirmé que c'est la survie de la nation qui est en jeu.

Hélas, Monsieur le président, c'est bien de cela qu'il s'agit effectivement. Mais on peut s'étonner que ce soit seulement maintenant qu'il s'en rende compte. Tant on assiste depuis sept longues années à un délitement progressif de l'Etat et à un effritement continu du tissu social sous l'effet conjugué, d'abord, de la rébellion touareg, du terrorisme salafiste, ensuite, et, enfin pour ne rien arranger, de la violence intercommunautaire qui a fini par désaxer le centre du Mali.

Dans cette guerre asymétrique et sans frontière, c'est d'ailleurs ce à quoi on assiste, peu ou prou, au Burkina Faso.

Le tout n'est pas de reconnaître dans un éclair de lucidité que c'est la survie de la nation qui est en cause. Encore faut-il se donner les moyens de la sauver.

Or force est de constater que l'Etat semble désarmé face au péril.

Le président IBK a montré son impuissance à enrayer le cycle de la violence malgré la présence de Barkhane et de la MINUSMA.

Lui et son nouveau Premier ministre vont aller dans le village martyr de Sobane où le dispositif sécuritaire a été renforcé sans que l'on sache si c'est pour protéger les rescapés ou si c'est à cause de la présence des deux têtes de l'exécutif.

Burkina Faso

Mémorial Thomas Sankara - Jerry John Rawlings regrette que la statue ait été bâclée

Le comité du mémorial international Thomas Sankara dit être sorti rassuré des échanges… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: L'Observateur Paalga

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.