Burkina Faso: Congrès extraordinaire CDP - Une rencontre pour corriger les textes

L'ex-parti majoritaire, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), tient un congrès extraordinaire le dimanche 16 juin 2019. En prélude à ce rendez-vous qui entend faire des ajustements sur les statuts et règlement intérieur de cette formation politique, son 1er vice-président, Achille Marie Joseph Tapsoba, et ses collaborateurs ont animé une conférence de presse le mardi 11 du mois courant à Ouagadougou.

La rencontre avec les journalistes, comme l'a indiqué d'entrée de jeu le principal orateur du jour, Achille Tapsoba, est annonciatrice du congrès extraordinaire du CDP le week-end prochain. Il se tiendra un an après celui ordinaire du parti, les 5 et 6 mai 2018, à l'issue duquel les militants continuent de vivre « une situation qui ne respecte pas l'esprit des textes ». Le rendez-vous de dimanche vise, selon le 1er vice-président du parti, à corriger cette situation.

Les textes du CDP, a-t-il rappelé, prévoient un Bureau politique national (BPN) de 600 membres. Après le 7e congrès, on s'est retrouvé avec un BPN de plus de 1 000 membres. Cela, a relevé M. Tapsoba, ne respecte pas les textes des statuts et règlement intérieur. Le dimanche à venir à la maison du Peuple de Ouagadougou, a souligné Achille Tapsoba, il s'agira alors de conformer les textes du parti à la réalité, étant entendu que les délibérations du congrès ordinaire de mai passé ne peuvent être remises en cause que par un autre congrès. C'est là la condition pour que les décisions de la direction politique nationale aient une valeur juridique et soient applicables à tout militant du CDP.

Le 1er vice-président du Congrès explique cette situation par le simple fait qu'au sortir de la rencontre de l'an passé, il était difficile d'avoir l'état exact du BPN, cela à cause de la vague successive de démissions actées ou non qu'a connues le parti. Des dispositions, a-t-il poursuivi, ont été arrêtées pour que tous les maires, anciens ministres, anciens députés et un certain nombre d'acteurs puissent faire partie intégrante du BPN. Avec le Bureau exécutif national (BEN), qui est passé à 130 membres, le Haut Conseil national porté à 80 éléments, le nombre de titulaires du BPN était déjà de 672. Il a été demandé à chaque province de proposer au moins trois membres pour celles autres que les chefs-lieux de région et cinq membres pour les provinces qui sont chefs-lieux de région. Cela répond à une volonté manifeste de dynamisation des structures du CDP par l'élection de nouveaux membres. L'extension du BPN à un millier de membres, toujours selon les explications d'Achille Tapsoba, tient aussi au fait qu'il fallait y accepter les hauts cadres de certains partis et formations politiques qui ont récemment adhéré à l'ex-parti majoritaire.

La tenue du congrès extraordinaire trouve là toute sa légitimité, parce que devant permettre de s'adapter à la nouvelle donne. Le congrès, confie l'adjoint immédiat du président Eddie Komboïgo, ira dans le sens de la volonté du parti d'élargir sa base et de ne surtout pas créer des frustrations parmi les militants qui se sont mobilisés pour l'organisation du 7e congrès ordinaire.

« KDO n'est pas un candidat du parti »

A en croire Achille Tapsoba, tout est fin prêt pour une bonne tenue de la rencontre. Et de marteler qu'il ne s'agit nullement d'un congrès de désignation du candidat du parti à l'élection présidentielle de 2020, mais plutôt pour toiletter les textes afin d'être en adéquation avec les délibérations.

En l'absence du président du CDP, actuellement en déplacement à l'étranger, le 1er vice-président et ses camarades ont donné l'assurance quant à la bonne santé du parti. Le parti, à leur avis, organise régulièrement les rencontres de ses instances et organes. Il est aussi présent sur le terrain politique et ses militants sont eux-mêmes bien portants. C'est donc là des preuves que le CDP vit.

Quid de la démission du BEN du député Rasmané Daniel Sawadogo, SG de la section provinciale du CDP du Sanmatenga ? Là-dessus, Achille Tapsoba est on ne peut plus formel : « Il est plus facile de mentir, mais très difficile de dire la vérité ». Ainsi perçues, les allégations de l'honorable Sawadogo pour justifier sa défection relèvent tout simplement du ridicule, selon lui.

Que dire alors de la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo (KDO) à la présidentielle de 2020 ? Des dires des conférenciers on retient seulement que le CDP n'a pas encore mis en place la procédure pour désigner son candidat officiel. A les entendre, KDO n'est pas un candidat du parti.

La décision de la Cour de cassation française de valider l'extradition vers le Burkina de François Compaoré a constitué aussi un point soulevé par les journalistes. La réponse des conférenciers sur cette question est restée invariable. Le frère du président Blaise Compaoré est un membre du Haut Conseil du CDP. Naturellement, tout ce qui le concerne interpelle aussi l'ancien parti au pouvoir. Nul n'est au-dessus de la loi, et tout le monde est justiciable, disent-ils. Dans cette affaire, qui implique au plus haut point M. Compaoré, on ne peut, à leur avis, que souhaiter une justice vraiment désincarnée.

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