Burkina Faso: Sit-in médias publics - Le SYNATIC installe son «plateau » devant la RTB

Les rédactions de la RTB et des Editions Sidwaya sont momentanément restées vides la matinée de ce 12 juin. Les travailleurs de ces deux médias publics, mobilisés au sein du SYNATIC, observent devant la télévision nationale un sit-in de 48 h à compter de ce mercredi. Ils exigent avec insistance le passage des deux médias publics du statut d'Etablissement public de l'Etat à celui de société d'Etat.

C'était il y a cinq jours. Le 7 juin dernier, au temple de la contestation populaire, le SYNATIC appelait les travailleurs à observer deux journées de protestation sous forme de sit-in sur toute l'étendue du territoire. Le message a été suivi.

Hier matin, la devanture de la « chaîne au cœur des grands événements » a accueilli les croquants des deux médias publics, qui ont momentanément déserté les rédactions. Un dispositif acoustique crache de la musique de protestation. Sur des affiches, des messages écrits en caractères... noirs comme la colère traduisent l'état d'âme des croquants : « non à la roublardise du gouvernement », « trop c'est trop », « on n'a trooop patienté », etc. Ils réclament à cor et à cri « l'application des lois sur les médias ».

En effet, les travailleurs des médias publics, mobilisés au sein de leur structure syndicale, exigent avec insistance du gouvernement : la mutation diligente des Editions Sidwaya et de la RTB en sociétés d'Etat avec l'ensemble du personnel, la dotation de ces médias en équipements et moyens conséquents, etc. « Les travailleurs des médias publics protestent contre le traitement que le gouvernement a réservé à leur dossier en Conseil des ministres le 29 mai dernier. Après deux années d'études et de réflexion sur le dossier, nous ne comprenons pas qu'on dise encore qu'il faut approfondir les réflexions avant d'opérationnaliser le changement de statut. On veut voir le bout du tunnel. Et le gouvernement doit tenir ses engagements », clame le secrétaire général adjoint du SYNATIC, Aboubacar Sanfo.

En plus, « le gouvernement a fait traîner les études de deux ans. Maintenant qu'elles sont finies et les propositions faites, on traîne les pieds pour prendre la décision. Nous ne comprenons pas cette lenteur. C'est une roublardise pour encore gagner du temps », assène-t-il, précisant que le syndicat est déterminé à lutter jusqu'à obtenir gain de cause.

Ce mouvement d'humeur fait suite à la sortie médiatique du ministre de la Communication qui, le 5 juin dernier, expliquait pourquoi il fallait approfondir les réflexions avant d'opérationnaliser la mutation de la RTB et des Editions Sidwaya en sociétés d'Etat. Cette décision gouvernementale, rendue publique par Remis Dandjinou, a suscité l'indignation et la réprobation du syndicat qui s'est aussitôt fendu d'un communiqué pour dénoncer un « recul grave d'opérationnaliser le changement de statut ».

Soudainement, le ton est monté un peu plus d'un cran avec l'annonce du sit-in de 48 heures qui se tient de 8h à 11h.

« Acquis de l'insurrection à ne pas remettre en cause »

Concernant le passage des deux médias d'Etablissements publics de l'Etat à sociétés d'Etat, deux cabinets ont produit des études techniques. L'une de leurs recommandations est qu'en leur état actuel, les entreprises de presse publiques ne seraient pas « viables » si elles changeaient de statut. Le SG du SYNATIC, lors de la conférence de presse du 7 juin dernier, on s'en souvient, soutenait qu'il revient au gouvernement de mettre les moyens pour qu'elles soient rentables une fois le changement opérationnalisé. « C'est une loi qui a été votée et elle doit être respectée », précisait-il.

En effet, le 4 septembre 2015, le Conseil national de la Transition a adopté des lois portant respectivement régime juridique de la presse écrite et régime juridique de la radiodiffusion et télévision sonores au Burkina. Elles disposent, en leurs articles 7 et 30 : « Les entreprises de presse publiques sont des sociétés d'Etat ». La mesure a été prise dans le cadre des réformes entreprises à l'issue de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 pour améliorer le cadre juridique du secteur de la presse, des médias et les conditions de travail des acteurs de la presse publique ; d'où le sens de ce message brandi ce 12 juin : « Non à la remise en cause des acquis de l'insurrection populaire dans les médias ».

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