Congo-Kinshasa: Lamuka s'en va-t-en guerre contre les arrêts de la Cour Constitutionnelle

Candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et leader de Lamuka dont il est véritablement le porte-étendard, Martin Fayulu Madidi a, au nom de tous ses pairs de la coalition, dit sa râtelée quant à l'invalidation par la Cour Constitutionnelle de leurs députés et sénateurs, au profit des élus, pour la plupart, du Front Commun pour le Congo (FCC).

Dans une déclaration faite le mercredi 12 juin 2019, cette plateforme politique rejette, avec véhémence, tous les arrêts de la Haute Cour. En même temps, elle promet des manifestations de grande envergure en signe de protestation contre ces verdicts qu'elle qualifie d'iniques. D'ores et déjà, tous les députés, cadres, militantes et militants de Lamuka vont marcher ce jeudi 13 juin jusqu'au siège officiel de la Cour constitutionnelle.

En un mot comme en mille, Lamuka considère que ces arrêts portant invalidation de ses élus nationaux consacrent l'assassinat, d'une part, de la démocratie par la Cour Constitutionnelle et, d'autre part, de l'Etat de droit par le tandem Kabila-Tshisekedi. Cela, en incriminant, par la même occasion, ce duo FCC-CACH, ligué en une coalition gouvernementale, d'avoir fait de la corruption le "salaire de juges et de magistrats".

Ainsi, pour mieux entériner son rejet auxdites décisions, cette coalition actuellement coordonnée par Moïse Katumbi suspend-elle les activités parlementaires de tous ses députés et sénateurs jusqu'à nouvel ordre, c'est-à-dire, jusqu'à ce que les leaders de cette plateforme verront clair concernant cette situation ou décideront, ensemble, de s'évertuer vers d'autres démarches. Une chose qui, d'ores et déjà, s'avère être approuvée par les regroupements et partis membres de Lamuka dont l'Alliance de Mouvements Kongo (AMK). Cette dernière a, à travers une communication le même mercredi 12 juin, appelé tous ses députés à ne plus participer aux séances plénières. Même scénario au Sénat où les élus des élus pro-Lamuka ont acquiescé favorablement à cet appel de leur hiérarchie.

Cohésion en panne

«Monocolore et monolithique». Tel serait le visage du Parlement congolais sans Lamuka d'autant qu'il ne comptera que les membres FCC-CACH que ce dernier accuse d'avoir orienté, de manière macabre et funeste, semblerait-il, les décisions de juges de la Haute Cour, afin de mettre en mauvaise posture leur plateforme qui constitue, en ce jour, l'autre hémisphère de la politique congolaise. De cette façon, soutient-il, les juges viennent manifestement de fragiliser la cohésion nationale, en violant notamment les dispositions de l'article 74 de la loi électorale. Ce qui est une bavure grave, à en croire les propos de Martin Fayulu, et ce, « après l'injustice de la CENI qui a nommé les députés de Kabila »

Bataille des rues

Pour ce faire, au-delà de surseoir à la participation aux séances plénières et à toute autre activité parlementaire, Lamuka se sacralise dans la mobilisation des masses. Ce jeudi 13 juin, une double marche est prévue, de part en part, par les cadres et affidés de cette coalition. Les députés invalidés et leurs autres collègues, les militants ainsi que les caciques dont Fayulu Madidi et Adolphe Muzito vont marcher du Palais du peuple jusqu'à la Cour Constitutionnelle.

Et, au même moment une procession des mamans-Lamuka va partir de la Gare centrale pour se terminer par un sit-in, toujours dans le même siège de cette haute juridiction du pays. Dans la même ligne droite, ces leaders projettent une autre manifestation sur toute l'étendue du territoire nationale le 30 juin, date de l'indépendance. Cela, sans oublier que le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a annoncé, dans la même marge de contestation, une marche pour le samedi 15 juin, alors que son président Jean-Pierre Bemba arrivera le 23 juin prochain à Kinshasa, après le passage de Moïse Katumbi, prévu pour le 20 juin. Et donc, des situations incertaines sont vraisemblablement imminentes.

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