12 Juin 2019

Afrique: Combler le fossé - Les technologies numériques vont transformer les systèmes agroalimentaires

communiqué de presse

Rome — Le Directeur général de la FAO souligne la nécessité d'une numérisation de l'agriculture durable et inclusive profitable aux agriculteurs familiaux

L'agriculture numérique a le potentiel pour fournir des avantages économiques, sociaux et environnementaux et, si elle est soutenue de manière inclusive, elle peut contribuer aux Objectifs de développement durable, a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Les technologies de l'information et de la communication ont le potentiel de bouleverser aussi bien la manière dont nous travaillons dans l'agriculture que nos systèmes et nos habitudes alimentaires à l'avenir», a-t-il indiqué.

«L'innovation numérique est également liée aux capacités agricoles de précision émergentes, qui permettent aux agriculteurs de réduire leur utilisation d'intrants chimiques, de machines et d'eau pour irriguer les cultures», a-t-il précisé, en faisant remarquer que le changement climatique et les limites des ressources naturelles requièrent de nouvelles approches pour assurer une sécurité alimentaire et une nutrition adéquate pour tous.

Le Directeur général de la FAO a par conséquent appelé à un «abandon graduel» du recours aux techniques de la Révolution verte. «L'avenir de l'agriculture n'est pas axé vers les intrants mais plutôt vers la technologie», a-t-il souligné lors de son introduction au premier Séminaire international sur la transformation numérique de l'agriculture de la FAO.

L'année dernière, la FAO a également abrité le premier Symposium international sur l'innovation agricole au service des agriculteurs familiaux, qui a conclu que l'inclusion était une donnée essentielle si l'on veut que la technologie puisse aider à éradiquer la faim.

Pour exploiter de nouveaux outils, essentiellement liés à Internet, «il faut s'attaquer au fossé numérique qui sépare les riches des pauvres, qui sépare le monde urbain du monde rural et qui sépare également les petits exploitants agricoles des agriculteurs à plus grande échelle» a précisé le Directeur général de la FAO, en faisant remarquer que des inquiétudes concernant l'exclusion des petits agriculteurs familiaux face aux technologies de la communication émergentes avaient déjà été exprimées depuis les années 80.

Réduire le fossé numérique et recourir à une approche systémique et multi-acteurs pour garantir un écosystème numérique accessible, adaptatif et agile, auquel tous pourraient participer, est aussi la recommandation centrale de L'ère de l'interdépendance numérique, un rapport du Groupe de haut niveau sur la coopération numérique du Secrétariat général de l'ONU, rendu public en début de semaine et auquel la FAO a contribué.

Le séminaire

Plusieurs centaines de participants ont assisté à ces deux journées de séminaire international, notamment des ministres, des représentants de la société civile et du secteur privé, des organisations non gouvernementales, entre autres. Des industries de pointe dans les technologies numériques, le développement durable et l'innovation agricole s'y sont également jointes pour échanger leurs expériences et tracer des sentiers vers une transformation numérique de l'agriculture. M. Chang-Gyu Hwang, PDG de Telecom Corée, a prononcé une allocution inaugurale soulignant les nouvelles opportunités qu'offrent les réseaux mobiles 5G.

Parmi les points principaux à l'ordre du jour, on retiendra le dialogue de haut niveau sur la manière de construire la résilience et renforcer les petits exploitants agricoles ruraux en comblant le triple fossé (numérique, rural et de genre), en particulier dans les pays en développement à faible revenu. Une autre session s'est intéressée aux défis de la protection des données, à la propriété et à une utilisation éthique au moment de l'adoption et de l'application des technologies numériques en matière de développement rural, dans un monde de plus en plus connecté.

Des intervenants du secteur public et privé se sont rencontrés pour débattre des limites et des opportunités des opérateurs privés dans l'agriculture numérique, ainsi que des politiques publiques nécessaires pour garantir que les exigences d'équité et environnementales soient remplies et que ces solutions soient rendues accessibles aux petits exploitants agricoles, à des conditions adéquates.

Des groupes de discussion ont échangé plusieurs exemples de réussite d'applications numériques qui ont amélioré les capacités à s'adapter au changement climatique et à l'atténuer. Un autre exemple a été l'investissement dans des mécanismes destinés à augmenter la capacité nationale et locale par l'utilisation d'équipements novateurs permettant d'améliorer l'entrepreneuriat agricole et d'accroître l'inclusion des jeunes dans l'agriculture.

Afrique

FPHN : la coopération Sud-Sud et les statistiques au cœur des priorités africaines

New York, 17 juillet 2019 (CEA) : Intervenue hier à l’occasion Forum politique de haut niveau pour le… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: FAO

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.