Algérie: CNUCED - Les IDE dans le monde baissent pour la troisième année consécutive

New York — Les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) se sont repliés de 13 % en 2018 à 1.300 milliards de dollars, contre 1.500 milliards en 2017, cumulant la troisième baisse annuelle consécutive, selon le nouveau rapport de la CNUCED sur les IDE dans le monde, publié mercredi.

La contraction s'explique largement par le fait que les entreprises multinationales des Etats-Unis ont rapatrié leurs profits de l'étranger afin de tirer parti des réformes fiscales que l'administration américaine avait adoptées en 2017 précisément dans ce but.

Les pays développés ont été les plus touchés par les mesures américaines, puisque les entrées d'IDE y ont diminué d'un quart pour s'établir à 557 milliards de dollars, retombant au niveau enregistré en 2004.

"Les IDE restent bloqués aux faibles niveaux d'après-crise. Cela n'augure rien de bon quant à l'engagement pris par la communauté internationale de s'attaquer aux problèmes mondiaux qu'il est urgent de régler, comme la grande misère et la crise climatique ", s'alarme le secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi, cité dans le rapport.

Les tensions géopolitiques et commerciales risquent de continuer de peser sur les IDE en 2019 et les années suivantes, prévient-il.

Cependant, la baisse des IDE dus aux réformes fiscales aux Etats-Unis observée au cours des deux premiers trimestres a été atténuée par l'intensification des transactions au second semestre de 2018.

La valeur des fusions-acquisitions internationales a augmenté de 18 %, car les entreprises multinationales des Etats-Unis ont utilisé les liquidités dont elles disposaient dans leurs filiales étrangères, explique la CNUCED.

En 2018, les flux à destination des pays en développement ont bien résisté (+2 %). Ils ont ainsi représenté plus de la moitié (54 %) des flux mondiaux, contre 46 % en 2017 et à peine plus d'un tiers avant la crise financière.

La moitié des 20 premiers pays d'accueil sont des pays en développement et des pays en transition.

Malgré la baisse des IDE, les Etats-Unis sont restés les plus grands bénéficiaires de ces flux avec 252 milliards de dollars captés en 2018, suivis par la Chine (139 mds de dollars) , Hong Kong (Chine) (116 mds de dollars) et Singapour (78 mds de dollars).

Le Japon s'est hissé, quant à lui, au rang de premier investisseur extérieur avec 143 mds de dollars investis à l'étranger, suivi par la Chine et la France.

Ayant massivement rapatrié leurs revenus d'investissements, les Etats-Unis ne figurent pas dans la liste des 20 premiers investisseurs.

Pour 2019, l'organisation onusienne anticipe une légère reprise. Les flux d'IDE vers les pays développés devraient repartir à la hausse lorsque les effets des réformes fiscales américaines se seront estompés.

Mais la hausse pourrait s'avérer assez modeste et être contenue par d'autres facteurs, comme les risques géopolitiques, l'aggravation des tensions commerciales et l'adoption de politiques plus protectionnistes à l'échelle mondiale, anticipe le rapport.

A plus long terme, la tendance révèle aussi que l'investissement direct étranger progresse moins rapidement que les modes de production internationale sans participation au capital, comme en témoignent les taux de croissance relatifs des redevances, des droits de licence et du commerce des services.

Selon le rapport, le classement des 100 premières entreprises multinationales pour 2018 met en lumière la baisse du nombre d'entreprises multinationales industrielles, dont certaines sont sorties de la liste.

Les entreprises multinationales qui occupent les 100 premiers rangs financent plus d'un tiers des activités de recherche-développement des entreprises au niveau mondial. Les investissements internationaux de création de capacités sont d'un montant considérable et en hausse.

De nouvelles données sur le réseau mondial des relations bilatérales directes et indirectes des IDE indiquent que les centres régionaux d'investissement jouent un rôle important dans le commerce intrarégional, souligne la CNUCED.

Néanmoins, une grande partie des investissements entre pays en développement (Sud-Sud) est détenue par les entreprises multinationales des pays développés.

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