13 Juin 2019

Afrique: Construire un avenir meilleur une brique à la fois

communiqué de presse

L'industrie de la brique et de l'argile emploie environ 10 millions de personnes en Inde. L'industrie brûle également environ 35 à 40 millions de tonnes de charbon par an, émettant du dioxyde de carbone et du soufre, contribuant à la pollution de l'air.

Selon le Central Pollution Control Board de l'Inde, l'Inde produit plus de 25 000 tonnes de déchets plastiques par jour, dont une grande partie se retrouvent dans des décharges. En fin de compte, 40% de ces déchets se retrouvent dans les rivières et les systèmes de drainage, les océans, les sols et les écosystèmes fragiles. Une partie est ingérée par les animaux, causant des dommages environnementaux.

Abhishek Banerjee, un innovateur âgé de 22 ans et finaliste régional 2018 des Champions de la Terre pour la région Asie-Pacifique, est sur le point de changer la donne.

« Je pense que tous les pays devraient interdire totalement l'utilisation de matières plastiques à usage unique et que la fabrication de plastique devrait être strictement réglementée », a-t-il déclaré.

« La plupart des gens ont tendance à oublier qu'il y a encore énormément de plastique dans les océans et qu'il se répand partout dans le pays. Nous avons le choix entre nous débrouiller avec ces déchets plastiques ou mettre au point de nouvelles technologies pour les recycler. »

Alors qu'il visitait un four à briques du Bengale occidental à l'occasion d'une sortie scolaire, les risques et les mauvaises conditions de travail des travailleurs de l'industrie de la brique et de la terre cuite lui ont montré un aspect différent de l'entreprise.

« La menace la plus importante qui pèse sur les travailleurs des fours est l'exposition à la poussière de brique. Parmi les risques quotidiens auxquels les travailleurs des fours sont exposés figurent la technologie obsolète des fours, qui génère des niveaux élevés d'émissions toxiques, de longues heures de travail pouvant conduire à une surexposition aux produits toxiques, et des équipements de protection individuelle et des informations insuffisantes », affirme Abhishek Banerjee.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 800 personnes meurent toutes les heures de la pollution atmosphérique. Animé par le désir de lutter contre la pollution atmosphérique et plastique au Bengale occidental, en Inde, Abhishek Banerjee s'est associé à ses camarades de l'ingénierie de la construction de l'Université de Jadavpur, d'Agnimitra Sengupta, d'Ankan Podder et d'Utsav Bhattacharyya. En 2017, ils ont fondé l'entreprise sociale Qube.

Afin de supprimer les déchets plastiques de l'environnement et les transformer en outils utiles, le produit principal de Qube est Plastiqube, une brique de construction entièrement constituée de déchets plastiques. Leur conception repose sur l'utilisation de bouteilles d'eau en plastique, de sacs en polyéthylène et de récipients en plastique jetés au rebut.

L'équipe collabore avec les ramasseurs de déchets pour collecter les débris de plastique depuis les poubelles et des décharges de la région, après quoi le plastique est nettoyé, déchiqueté et comprimé en briques.

« Le plastiqube est une alternative écologique aux briques en terre cuite brûlées. Nos briques sont également légères, nous les vendons à un coût réduit et elles offrent une bonne isolation sonore », explique-t-il.

« La demande en énergie pour fabriquer le plastiqube est environ 70% inférieure à celle des briques traditionnelles, ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. C'est également moins énergivore que de recycler le plastique sous d'autres formes. »

La vision d'Abhishek Banerjee est d'augementer la production commerciale de Plastiqube. Cependant, comme dans toute entreprise, il doit relever plusieurs défis.

« Le principal défi a été l'acceptation des briques pour la construction à grande échelle. En outre, la résistance au feu des briques en plastique est faible par rapport aux briques traditionnelles en argile cuite », explique Abhishek Banerjee.

Il a néanmoins reçu du soutien de la part d'entreprises disposées à changer. « Nous développons encore notre produit pour améliorer la résistance thermique », note Abhishek Banerjee, ajoutant que le Plastiqube est maintenant soutenu et approuvé par l'Université de Jadavpur et le ministère des micro, petites et moyennes entreprises du gouvernement de l'Inde.

« La récente incitation du gouvernement indien à interdire les plastiques à usage unique d'ici à 2020 témoigne de la volonté croissante de s'attaquer à la pollution par les plastiques par une action législative », a-t-il déclaré. « Nous avons l'intention de montrer que les jeunes ont un rôle essentiel à jouer dans la résolution des problèmes environnementaux. Ensemble, nous pouvons galvaniser les efforts grâce à des entreprises sociales comme la nôtre », ajoute-t-il.

« Mon message aux jeunes qui souhaitent créer une entreprise sociale est qu'il faut travailler dur et faire preuve de patience. Vous serez étonné de constater qu'il y a tant de gens comme vous. Un coup de main est juste à votre portée », conseille-t-il.

« Je pense que tout le monde a un rôle à jouer, pas seulement les entrepreneurs et les décideurs gouvernementaux. Ensemble, nous pouvons inventer de petits moyens de créer un impact important et un avenir plus durable. Il faut apporter nos propres sacs à l'épicerie, nos couverts au bureau et une bouteille d'eau réutilisable avant que ces changements ne deviennent une habitude plus saine pour protéger notre planète. »

Tessa Goverse, coordinatrice du programme sur les produits chimiques, les déchets et la qualité de l'air d'ONU Environnement, a déclaré : « Plastiqube montre l'énorme pouvoir que possèdent les jeunes pour œuvrer en faveur d'une planète sans pollution. Nous devons ménager un espace pour une telle créativité et une telle pensée innovante, et promouvoir des partenariats inclusifs pouvant conduire à l'élaboration de solutions durables, en tenant compte du cycle de vie complet des nouveaux produits et de leurs alternatives en termes d'impacts sociaux et environnementaux. »

Elle ajoute que, tout en encourageant de telles idées innovantes, des mesures doivent être prises pour réduire la pollution atmosphérique, l'utilisation des ressources et le plastique, et les gérer de manière à ne pas aboutir à une nouvelle source de pollution généralisée à des étapes ultérieures du processus.

Le Prix des Jeunes Champions de la Terre est rendu possible grâce à Covestro. Les finalistes régionaux de la compétition de cette année ont été sélectionnés ici et les gagnants seront annoncés en septembre. Restez à l'écoute. Les candidatures pour 2020 ouvriront en janvier.

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