Burkina Faso: Conférence internationale du travail - Le Premier ministre plaide pour le monde paysan

A la tribune de la 108e Conférence internationale du travail à Genève, consacrée au travail décent pour demain, le Premier ministre burkinabè, Christophe Dabiré, est intervenu, le mercredi 12 juin 2019. Il a appelé les dirigeants de la planète à redonner un contenu approprié au travail décent.

«Nous devons redonner un contenu approprié au travail décent et remettre la dignité humaine au cœur de notre paradigme de développement». C'est le message fort que le Premier ministre burkinabè, Christophe Dabiré, a livré, hier mercredi 12 juin 2019 à Genève, aux 6000 participants de la 108e Conférence internationale du travail. (CIT). Ceux-ci discutent du 10 au 21 juin 2019 de la question du travail décent face aux injustices et aux mutations technologiques et environnementales.

Les participants se préoccupent, entre autres, de l'inégalité des salaires liée au genre, de la violence et du harcèlement sexuel au travail, du manque de couverture sociale, de la déshumanisation du travail, de l'intolérance envers les minorités sexuelles.

Pour le chef du gouvernement burkinabè, s'interroger sur l'avenir du travail, revient à se préoccuper de l'avenir de l'humanité.

M. Dabiré a aussi fait remarquer que les travailleurs des pays nantis, concentrés dans les secteurs secondaires et tertiaires de l'économie, jouissent de «droits mieux protégés». Il dit constater également que des efforts sont faits pour les agents des secteurs des nouvelles technologies.

Pendant ce temps, a-t-il relevé, ceux des secteurs primaires en Afrique sont à peine considérés comme des travailleurs.

«Il est impératif, au nom de la justice sociale, d'élargir les champs du travail décent à toutes les formes d'activités humai-nes qui contribuent à la vie individuelle et collective de manière directe ou indirecte», a-t-il plaidé.

Préoccupé par l'insécurité au Burkina, le Premier ministre a demandé un soutien renforcé de la communauté internationale à la lutte contre le terrorisme. Estimant que son pays a engrangé des résultats positifs dans la lutte antiterroriste à travers le Programme d'urgence pour le Sahel burkinabè (PUS-BF), M. Dabiré a expliqué que les autres régions menacées seront aussi prises en compte.

«Les résultats obtenus grâce à ce programme sont encourageants et seront encore plus éclatants si des partenaires, soucieux de paix, de fraternité et d'amitié entre les peuples, manifestaient leur générosité à notre égard», a insisté le chef du gouvernement.

Plus de place pour l'Afrique

Il a aussi appelé l'organisation internationale du travail (OIT) a plaidé pour l'intégration, dans les politiques publiques, de mesures prenant en compte toutes les formes de travail, formel ou informel, visible et invisible. «C'est à cette condition que le dialogue social revêtira tout son sens démocratique et inclusif, afin de ne laisser personne au bord du chemin», a-t-il déclaré. Le Premier ministre a, par ailleurs, jugé de la nécessité d'accorder plus de place aux pays d'Afrique au sein du Conseil d'administration de l'OIT, voulue par les chefs d'États africains.

Le Burkina Faso se sent d'autant plus légitime à revendiquer une grande représentativité africaine à l'OIT qu'il est en phase avec les principes et les objectifs de l'institution tripartite, à son avis. «J'en veux pour preuve, la ratification par notre pays de 44 conventions de l'OIT, dont huit conventions fondamentales et quatre prioritaires », a rappelé le chef du gouvernement.

Il a, en outre, présenté les efforts de son pays en faveur du dialogue social et du travail décent, citant notamment l'institution de la rencontre annuelle gouvernement/syndicats en 2008, celle avec le patronat en 2017 et la création, dans la même année, du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS). Le président de la commission de l'UA, Moussa Fakir Mahamat, a salué les actions entreprises par le Burkina pour le dialogue social et a insisté sur la nécessité d'ouvrir le conseil d'administration de l'OIT aux africains.

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